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Réformes socio-économiques: à quelle sauce sera-t-on mangé?

Les dominos sont en train de tomber. Les perspectives s'assombrissent. La Belgique subit désormais très concrètement l'impact de la crise. Les mesures socio-économiques qui sont sur la table des négociateurs n'en seront que plus douloureuses.

En préambule au débat de fond sur notre avenir socio-économique qui se tiendra lors du salon 'Finance Avenue' ce samedi 22 octobre, l’économiste Philippe Defeyt prévient: il faudra lever des tabous pour arrêter de gaspiller les fonds publics. Jusqu’il y a peu, la crise bancaire et économique qui sévit depuis 2008 n’avait pas encore eu d’effets majeurs dans notre pays.  Certes, on parle de moyennes. Mais le fossé s’est légèrement réduit ces dernières années entre ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (14,6%) et ceux qui ont les revenus les plus élevés. Par ailleurs, les revenus disponibles moyens réels n’ont régressé que de 0,2% en 2010, après des hausses, certes modestes, de 1,6% et 2,1% respectivement en 2008 et 2009, d’après les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB).

Et demain? Si les statistiques de la BNB font miroiter une légère hausse des revenus disponibles en 2011 et 2012, de nombreuses voix se sont déjà élevées pour la mettre en doute. Avec l’aggravation de la crise bancaire, elle-même due à une crise de la zone euro, les dominos sont en train de tomber.

Perspectives économiques trompeuses?

Depuis le début octobre, les budgets concoctés par les entreprises pour 2012 tablent souvent sur une baisse du chiffre d’affaires. Ce n’est pas étonnant: les perspectives de croissance s’effritent progressivement. Si elles restent encore positives pour la Belgique et pour l’Europe, des périodes de récession sont de plus en plus redoutées en 2012. "Je constate, depuis quelques temps, un écart grandissant entre la situation sur le terrain et ces statistiques fédérales encore favorables", indique Philippe Defeyt, président de CPAS (à Namur) et  président de l’Institut pour un Développement Durable. "Pourtant, les indicateurs de précarité se multiplient, surtout du côté des femmes seules avec enfants. Et plus globalement de tous ceux qui n’ont pas les compétences, les atouts et les relations pour profiter – dans le bons sens du terme - de notre société. Je le dis souvent en forme de boutade, mais dans notre société, il faut être riche pour divorcer! Les personnes séparées souffrent aussi beaucoup", poursuit l’économiste.

L’hypocrisie de fait

Un gouvernement est en passe d’être formé. Et avec lui, un  lot de réformes socio-économiques qu’on nous promet importantes. La note DiRupo avait donné le ton sur les nouvelles recettes fiscales mais finalement très peu d’informations sur les réformes attendues relatives aux pensions et au marché du travail.

"Globalement, on réclame un marché de l’emploi plus flexible, mais de quelle flexibilité parle-t-on? Sur le terrain, on constate tous les jours que les discours officiels des syndicats et des employeurs sont bafoués par leurs pratiques. Les employeurs critiquent les congés thématiques mais ils sont bien contents d’avoir des personnes en 3/5è ou en 4/5è dans leurs entreprises pour éviter de licencier. Les syndicats ne veulent pas favoriser les pensions complémentaires au détriment des pensions légales, mais c’est l’une de leur priorité dans les négociations", estime Philippe Defeyt. "Je pense très sincèrement qu’un équilibre peut être trouvé entre la hauteur des indemnités de licenciement, les revenus des personnes licenciées et les allocations de chômage. C’est en combinant au mieux ces trois facteurs qu’on dynamisera le marché du travail", explique l’économiste.

Lever des tabous

Ces derniers temps, les économistes y vont de leurs recommandations pour sortir le pays de l’ornière et assainir les finances publiques. Avec le sauvetage de Dexia, le déficit s’inscrit à 98% du Produit Intérieur Brut (PIB).

Les pensions sont un thème de prédilection. Pour Philippe Defeyt aussi. "Je n’ai rien contre le fait de favoriser le système de capitalisation, le système de répartition ayant montré ses limites. Mais je mettrais l’accent sur deux points. Le premier concerne la possibilité très peu connue d’utiliser le cadre de l’ONSS pour verser une partie des cotisations sociales dans le cadre du second pilier. Le second concerne l’accès à la propriété qui reste le meilleur moyen de s’assurer une retraite confortable. Or, les jeunes ont de moins en moins la possibilité d’accéder à la propriété. Il ne paraîtrait pas idiot de consacrer les avantages fiscaux initialement dédiés à l’épargne-pension (3è pilier) à l’accession à la propriété", poursuit Philippe Defeyt.

L’économiste n’a rien contre la levée des tabous… "Il me semblerait judicieux qu’on les lève plus souvent. Je souhaiterais que la Banque Nationale et le Bureau du Plan fassent mieux leur travail en évaluant les politiques qui sont menées chez nous. Etait-il utile de gaspiller autant d’argent public pour abaisser la TVA dans l’Horeca et favoriser les emplois WIN-WIN, alors que le secteur n’a pas respecté ses engagements en matière d’emplois? Fallait-il autant favoriser les voitures écologiques ou les panneaux photovoltaïques?"

Sa­me­di 22/10 dans Mon ar­gent, gra­tuit avec L'Echo:

Où votre ar­gent est-il en­core en sé­cu­ri­té?

Les ré­ponses aux ques­tions qui vous pré­oc­cupent le plus

Faut-il faire une croix sur les ac­tions? La bulle de l'or éclate-t-elle? Où votre ar­gent est-il mieux va­lo­ri­sé? Les pe­tites banques sont-elles plus fiables? Faut-il en­core in­ves­tir dans l'im­mo­bi­lier?

Par ailleurs:
Évé­ne­ment na­tio­nal: Fi­nance Ave­nue
+ les conseils de nos ex­perts

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