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Resto: pourquoi l'addition ne baissera pas?

Suite à l'accord obtenu sur le budget 2010-2011, la TVA dans l'Horeca va bel et bien être abaissée. Non pas à 6% comme spéculé par le passé mais à 12%. But de la manœuvre, relancer l'emploi! Mais peut-on espérer aussi une baisse des prix en tant que client?

Depuis le début de cette semaine, une inconnue est désormais connue. En effet, le comité ministériel restreint a entériné une série de mesures qui vont peu ou prou affecter votre pouvoir d'achat dans les années à venir, pour boucler les exercices budgétaires 2010 et 2011; une de ces mesures a été l’abaissement de la TVA à 12% dans l’Horeca.

Se refaire une santé

Que vont faire les restaurateurs belges de cette bouffée d'air frais? "Il faut que le secteur se refasse une santé financière", a fait valoir Charles Jeandrain, président de la section restaurateurs de la fédération Horeca Wallonie. Si le taux de TVA diminue, cela permettra aux restaurateurs de remettre leur trésorerie à flots. "Cela permettra aussi d'augmenter dans une certaine mesure l'embauche et les investissements poursuit-il. Les contrôles de l'Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) étant de plus en plus durs, le secteur a besoin d'argent frais pour s'équiper".

Le restaurant coûtera-t-il moins cher?

Il est logique et légitime de se poser la question: pourrons-nous, en tant que client, bénéficier de cette diminution de la TVA ? En d’autres termes, l’adition sera-t-elle plus «light»?

Malheureusement non… Un espoir qui vient de disparaître avec les déclarations de Didier Reynders, Ministre des Finances, dans un entretien au journal l'Echo, ce jeudi matin :  "Qu'il n'y ait pas de malentendu sur le sujet: les prix dans l'Horeca ne baisseront pas. Le secteur était prêt à prendre des engagements avec une baisse de 6%. Nous optons pour 12%, les marges seront donc pour l'emploi et les investissements. Et de préciser que « Le secteur est prêt à garantir jusqu'à la création de 18.000 emplois".

De plus, le ministre des Finances précise qu’il voudrait organiser un contrôle trimestriel de l'évolution de l'emploi dans ce secteur. "Si au bout d'un an la moitié des emplois promis sont créés, on pourra dire que le système est très rentable et descendre la TVA à 6%".

Alors si cette première baisse de 12% tient ses promesses et stimule l’engagement de personnel, on peut dès lors espérer (à nouveau!) que la prochaine diminution (de 12 à 6%) se répercute alors sur les prix à la carte…

5,5% en France, mais resto moins cher pour autant?

Le gouvernement français a tenté à nouveau cette semaine de mettre la pression sur les restaurateurs pour qu'ils respectent les engagements pris en échange de la TVA à taux réduit, prévenant que dans le cas contraire, il en tirerait "les conséquences".

Pour rappel, en contrepartie de l'abaissement de la TVA de 19,6 à 5,5% dans la restauration (sauf les alcools), les syndicats professionnels s'étaient engagés (entre autres) à baisser les prix (-11,8% sur une sélection de produits, soit une baisse globale de 3%). Or, au vu des chiffres publiés par l'Insee, il semblerait que, globalement, les prix n'avaient pas baissé dans la restauration en septembre, alors que dans le même temps les prix à la consommation ont baissé de 0,2%. "Un restaurateur sur deux qui a baissé ses prix, ce n'est pas suffisant. Il faut aller plus loin" et "plus vite", a expliqué M. Novelli, le secrétaire d'Etat au Commerce. Le gouvernement a déjà rappelé à l'ordre à plusieurs reprises les restaurateurs, en rappelant que la baisse de la TVA était réversible, mais sans succès. 

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