Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

La dette des ménages belges dépasse leurs revenus

Ce n’était jamais arrivé auparavant: la dette des ménages dépasse pour la première fois leur revenu annuel net. Quelque 80% de cette dette est relative à des crédits hypothécaires.

Pour la première fois dans notre histoire, les dettes des ménages belges dépassent le total de leurs revenus annuels après impôts. Suite à l’augmentation des crédits hypothécaires, le niveau d’endettement est passé à 100,6% à la fin septembre 2015. La Belgique s’éloigne ainsi davantage de la moyenne de la zone euro, où l’endettement des ménages est en baisse constante et se situe en-dessous du niveau belge.

©Mediafin

L’augmentation du prix des habitations et la baisse des taux d’intérêt – qui permet d’emprunter davantage – ont fait monter le volume des crédits hypothécaires à 194,6 milliards d’euros, ce qui représente plus de 80% des dettes des ménages. Cette augmentation a fait retentir la sonnette d’alarme. "Le niveau n’est pas alarmant, mais l’évolution est inquiétante. Les chiffres commencent à démentir notre réputation de gros épargnants", explique l’économiste Geert Noels, d’Econopolis.

Vers une bulle immobilière?

Les taux bas poussent les ménages à s’endetter en vue de l’achat d’un logement.

Cette hausse pourrait à terme provoquer l’émergence d’une bulle sur le marché immobilier, préviennent plusieurs experts. L’immobilier bénéficie actuellement d’un coup de pouce supplémentaire suite à son statut de solution d’investissement alternative dans l’environnement de taux bas que nous connaissons. D’après les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB), les emprunts destinés à financer ces investissements immobiliers ont augmenté de 3,2% au cours des neuf premiers mois de 2015. Luc Coene, ancien gouverneur de la Banque nationale, souligne le danger des bulles immobilières: elles pourraient en effet causer des problèmes auprès des banques qui inscrivent ces crédits à leur bilan. Coene plaide pour que les banques belges mettent un frein à la croissance de ces crédits.

D’après la BNB, la situation financière des ménages "reste malgré tout solide" grâce à l’importance du patrimoine financier des Belges. Mais la répartition inégale de ce patrimoine – qui est surtout détenu par les ménages sans crédit hypothécaire en cours – est responsable de l’existence de "foyers de risques" sur le marché hypothécaire. La part des nouveaux crédits avec un niveau de risque élevé reste importante. Il s’agit par exemple de ménages qui dépensent une grande partie de leurs revenus en remboursements, ce qui les fragilise en cas de problème. C’est pourquoi la Banque nationale a demandé aux banques de se constituer un matelas de capital supplémentaire pour couvrir ces prêts hypothécaires, même si le pourcentage de défauts de paiement reste malgré tout très bas.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés