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Pas d'économies, pas de maison!

©BELGA

Attendre trois ans de plus, économiser 75.000 euros, et ne pas emprunter sur plus de 25 ans: c’est la nouvelle réalité de ceux qui souhaitent acquérir leur premier logement.

" La brique que les Belges ont dans ventre pèse de plus en plus lourd " estime John Romain d’Immotheker, le spécialiste en immobilier, sur base des données de 5.000 clients. Ceux qui ne disposent pas d’un bas de laine suffisant sont souvent obligés de mettre leur projet au frigo. Un ménage à deux revenus ayant acquis son premier logement l’an dernier, a dû investir en moyenne 75.000 euros de fonds propres dans son projet, soit 6.000 euros de plus qu’en 2011, et même 16.000 euros de plus qu’en 2007. Plus de 25% du prix d’achat, des rénovations éventuelles et des droits d’enregistrement sont financés avec l’épargne de l’acheteur. Les personnes isolées sont encore plus mal loties: elles doivent seules pouvoir sortir 88.000 euros de leur tirelire, soit 30% de plus que l’an dernier, et sont obligées de financer plus de 40% de leur logement sur leurs propres deniers.

La plupart du temps, les candidats acheteurs n’ont pas le choix. "Les banques font plus attention lorsqu’il s’agit d’accorder un crédit hypothécaire. Ces dernières années, il n’était pas exceptionnel qu’une banque accepte de financer 100% ou plus de la valeur d’achat. Mais dans ce cas, les risques sont plus importants, et actuellement, les banques essaient de les éviter. Un apport personnel d’au moins 20% redevient progressivement la règle." explique John Van Gompel, économiste de KBC spécialisé en immobilier.

Les banques découragent les emprunts de plus de 25 ans.
John Romain,
Directeur d'Immotheker

Cette attitude prudente a aussi un impact sur la durée des emprunts hypothécaires. Pour la première fois depuis 2007, les prêts à 30 ans ne font plus partie des produits les plus populaires. D’après les données d’Immotheker, les emprunts sur 25 ans sont devenus la norme. "C’est aussi une façon pour les banques d’essayer d’éviter que des prêts soient accordés à des gens qui ne peuvent pas se les permettre" poursuit Van Gompel. "Il n’y a pas que les banques qui découragent les emprunts de très longue durée. Les emprunteurs un peu plus âgés souhaitent aussi avoir fini de payer leur maison avant leur départ à la retraite." fait remarquer Romain.

Par ailleurs, malgré la baisse des taux et l’augmentation de l’apport personnel, les montants empruntés continuent à augmenter. En 2012, les candidats acheteurs ont en moyenne emprunté 185.000 euros, soit 11.000 euros de plus qu’un an plus tôt. C’est surtout pour les ménages à deux revenus que le montant augmente le plus: ils empruntent désormais en moyenne 15% de plus qu’en 2007. Pour les personnes seules, l’augmentation ne dépasse pas 5%, mais elles ont entretemps atteint le montant maximum autorisé.

 

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