Des prêts aussi pour les petites copropriétés

©EPA

Cette plateforme de financement collaboratif lance, en collaboration avec EasySyndic, une solution sur mesure pour le financement de gros travaux. Quid des banques?

Mise en conformité de l’ascenseur, rénovation de la façade, nouvelle isolation du toit: il arrive que certains travaux entraînent des coûts difficilement supportables pour les petites copropriétés. "Le risque est alors réel de rentrer dans un cercle vicieux", selon Miguel Lamarche, le fondateur d’EasySyndic, un syndic dédié aux petites copropriétés et qui gère plus de 800 immeubles en Belgique. Des travaux nécessaires non effectués, reportés ou suspendus, des solutions provisoires qui se prolongent indéfiniment, des propriétaires qui doivent avancer des fonds pour les autres, la lente dégradation de l’immeuble, des tensions entre les différents propriétaires, etc."

Or, selon Mozzeno et EasySyndic, il serait difficile pour les petites copropriétés (celles de moins de 8 lots et qui représentent 90% des immeubles en copropriété) de trouver des solutions efficaces de financement. Ce qui n’est pas le cas des grands immeubles. "Ils trouvent généralement des solutions auprès des banques en raison du nombre de propriétaires et du montant élevé du financement demandé", selon Xavier Laoureux, le cofondateur de Mozzeno.

C’est pourquoi ces deux organisations ont décidé de lancer une formule de financement adaptée spécifiquement aux besoins des petites copropriétés. Le taux débiteur commence à 4,99%. La décision d’octroi est principalement basée sur les 2 derniers bilans de la copropriété et la confirmation de l’absence de défaut de paiement d’un des copropriétaires.

Réaction des banques

Bien que rien ne s’oppose à l’octroi d’un crédit par une banque à une petite copropriété sur le plan juridique, cette opération se heurte à maintes objections d’ordre pratique pour des institutions comme BNP Paribas Fortis et Axa. Dans les grandes lignes, celles-ci buttent sur le manque de fonds propres, un problème de sûreté et le manque de solidarité (les copropriétaires ne doivent répondre qu’à raison de leur part dans la copropriété).

"Du coup, nous finançons bien chacun des propriétaires à titre individuel pour leur partie, selon les explications de Valéry Halloy, le porte-parole de BNP Paribas Fortis. Ce qui s’avère plus simple." Il souligne que la solution présentée par Mozzeno et EasySyndic a le mérite d’exister "même si le taux est relativement élevé. Mais je suppose qu’il l’est en raison des objections soulignées ci-dessus."

Même son de cloche du côté d'ING. "Il y a quelques années, une analyse approfondie a été faite sur la faisabilité de ce projet (le crédit aux petites copropriétés, ndlr), mais il a été décidé de ne pas l’implémenter", selon ING. "Le taux débiteur proposé par Mozzeno semble assez élevé, mais plutôt correct si on prend en compte la complexité et le risque potentiel."

Ceci dit, d’autres banques offrent bien une solution de financement aux petites copropriétés. C’est notamment le cas de KBC (pour des montants à partir de 50.000 euros) et de Belfius. Dans ce cadre-là, elles exigent toutes les deux la souscription d’une assurance particulière qui couvre les éventuels défauts de paiement des copropriétaires.

"De fait!", réagit Xavier Laoureux, "Mais les solutions proposées par ces banques visent uniquement des prêts de plus de 30.000 euros. La solution proposée par Easysyndic et Mozzeno reste donc bien une réelle innovation qui répond à un vrai besoin car 60% des petites copropriétés n'ont pas constitué de fonds de réserve (celui-ci ne sera obligatoire que à partir de l'année prochaine). Dès lors, il est très difficile pour les propriétaires de sortir les sommes nécessaires (même 5.000 euros) lorsque des frais doivent être exposés par la copropriété."

©Mozzeno

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content