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Couples et argent font bon ménage

La vie d’un couple est rythmée par de petits et grands projets. Tout cela a un coût. Au jour le jour, il faut payer des factures, épargner, rembourser l’emprunt hypothécaire, payer les études et frais de crèche des enfants, l’assurance auto, l’acompte pour les vacances… Comment les couples s’organisent-ils?
©© GraphicaArtis/Corbis

L’Echo a voulu savoir comment les couples Belges s’organisent sur le plan financier. Au quotidien et pour l’avenir. Épargnent-ils ensemble? Ont-ils opté pour des contributions proportionnelles aux revenus? L’argent est-il un sujet qui fâche? Le comportement financier des Belges est-il différent, selon qu’ils soient mariés ou cohabitant? Voici les grandes conclusions de ce sondage exclusif.

Un mariage de plus en plus balisé

40% des couples mariés ont une épargne et un patrimoine commun, uniquement (sans épargne ni patrimoine personnel). Pour le partage des frais du ménage, c’est l’improvisation qui prime (45%). Dans 19% des cas, un conjoint règle tout, car l’autre n’a pas de revenus. Pour le reste, un couple marié sur cinq est adepte du principe du 50/50 et 16% seulement a opté pour une contribution proportionnelle aux revenus. Mais saviez-vous que 58% des couples mariés ont un compte courant commun, et pas de comptes personnels? Jacques Marquet, sociologue spécialiste du couple et de la famille à l’UCL, n’est pas étonné. "On retrouve dans ces chiffres une tendance historique. À l’origine, le mariage était une institution pérenne, dont l’objectif était la durée. On ne faisait donc pas les comptes au jour le jour, vu que l’on restait ensemble toute sa vie. Les couples mariés étaient dans une logique de mise en commun des avoirs, vu que les comptes se feraient au moment du décès", explique-t-il.

"En revanche, la cohabitation a quelque chose de temporaire, de révisable, qui implique que les comptes doivent être équilibrés à tout moment", poursuit-il. Et les résultats du sondage le confirment clairement. Ainsi, les cohabitants (légaux et de fait) sont 64% à avoir chacun leur compte d’épargne, sans épargne commune. Ils répartissent moins fréquemment les frais au cas par cas (23%). C’est le 50/50 qui prime, dans 44% des cas! On sent bien le besoin que les choses soient très claires, que personne ne se sente lésé d’avoir participé davantage aux frais du ménage en cas de séparation… D’ailleurs, 47% des cohabitants ne font pas "compte commun" avec leur conjoint.

Mais à côté de ces tendances très marquées, on observe dans le même temps que les couples mariés veulent de plus en plus ressembler à des cohabitants, et vice versa. Par exemple, 28% des couples mariés ont signé un contrat de mariage avec séparation des biens. Et 23% ont une épargne uniquement personnelle. "Ce qui signifie bien qu’ils intègrent la fragilité du couple, même s’ils sont mariés", explique Jacques Marquet. De leur côté, les cohabitants, eux, cherchent à institutionnaliser leur relation. Ils sont ainsi 37% à avoir pris des dispositions mutuelles pour protéger le conjoint en cas de décès ou de séparation. Les deux modèles tendent donc à se rapprocher.

Savoir à qui on a affaire…

Non, ce n’est pas "anti-romantique" de connaître la valeur du patrimoine financier de son conjoint ou son salaire net. Et heureusement! Car les Belges sont relativement calés en la matière. Seul un sur cinq ne connaît ni le montant de l’épargne, ni celui du patrimoine financier de son conjoint, et seuls 5% n’ont aucune idée du montant du salaire de leur partenaire. "La composante économique a toujours été présente dans les unions", explique Jacques Marquet. À l’époque où le mariage dominait, la séparation des biens prévalait. Chaque famille voulait connaître avec précisions les implications financières d’une union. "Et actuellement, le fait que l’on se mette souvent ensemble sans cadre institué implique de parler des choses financières dès le début", poursuit-il. 52% des Belges ont ainsi évoqué des questions d’argent dès le début de leur relation.

Système équitable?

Si évoquer des questions relatives à l’organisation financière dans un couple est devenu un passage obligé, c’est dû au fait que les couples sont de plus en plus "biactifs" (les deux travaillent). C’est ainsi qu’arrive la question importante de savoir qui va payer quoi dans les frais du ménage, même si dans 37% des couples, le "cas par cas" reste la règle. Outre les couples dans lesquels un seul conjoint paie tout (14%), dans tous les autres, on "compte". Répartissons-les en deux groupes: ceux qui divisent tout par deux (58%) et ceux qui fixent les contributions selon les possibilités de chaque conjoint (42%). Le premier système est donc moins "équitable" que le second. Mais Jacques Marquet indique qu’il existe un troisième système dans lequel celui qui gagne le plus contribue plus que ce qu’il ne devrait. Ceci afin de gommer petit à petit les inégalités entre les conjoints et de permettre à celui qui gagne moins de se créer par exemple une petite épargne… "Le mode de répartition choisi renvoie à des conceptions différentes de l’homme", conclut-il.

Conflits sans conséquences

Quoi qu’il en soit, l’impression générale qui ressort de ce sondage est assez rassurante. L’argent ne crée pas particulièrement de conflits au sein des couples. 84% des personnes interrogées estiment avoir la même vision que leur partenaire de ce que sont des dépenses superflues ou essentielles. Ils sont autant à affirmer que leur couple n’a jamais été mis en péril à cause de questions d’argent, même si 42% reconnaissent avoir parfois des conflits à ce sujet. Enfin, seules 4% des femmes estiment que leur partenaire est radin et 5% des hommes qualifient leur femme de "panier percé". Bye bye les clichés!

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