Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

L'assurance-vie individuelle continue à fondre en Belgique

L’année dernière, le Belge a consacré 2.435 euros à ses assurances, soit 377 euros de moins qu’en 2012. Il faut dire que les encaissements en assurance-vie individuelle ont chuté de 33,1%.
©Shutterstock

L’étude Sigma sur l’assurance dans le monde en 2013 publiée par le réassureur Swiss Re , observe que la croissance des primes s’est nettement ralentie en raison du repli des primes en assurance vie (0,7% après 2,13% en 2001), principalement dans les pays avancés. La croissance des primes " non vie " s’est, elle,  tassée à 2,3% après 2,7% en 2012, sous l’effet d’une décélération de la croissance dans les marchés avancés et émergents.

Assurance-vie

Si Swiss Re a constaté un retour à la croissance des primes " vie " en Europe de l’Ouest, après trois années de repli, la Belgique va à contre-courant : 1.464 euros par habitant l’an dernier, contre 1.881 euros en 2012. " La branche assurance-vie individuelle, la plus importante, a dévissé. Les encaissements ont chuté de 33,1%, à 11 milliards d’euros, contre 16 milliards un an plus tôt ", explique Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia. Les " coupables " sont connus : ces produits sont corrélés à des obligations de référence dont le taux est ridiculement bas, et la taxe qui a été portée de 1,1 à 2% le 1er janvier 2014. Ce sont surtout les contrats à plus court terme (8 ans et 1 jour) qui ont pris la claque. Les produits de pension à long terme, et les assurances groupes – qui ont certes connu " une petite année " avec 5 milliards de primes (+2,5%)-  résistent.

La croissance des primes vie devrait reprendre dans les marchés avancés et s’améliorer dans les marchés émergents, compte tenu du raffermissement de l’économie et des marchés du travail, note toutefois le réassureur

Stabilité dans le  non vie

Au plan mondial, si la croissance des primes non vie a un peu ralenti, elle est restée très vigoureuse dans les pays émergents et solide ailleurs à l’exception de l’Europe centrale et de l’Est. " Lorsque les gens s’enrichissent, ils  acquièrent davantage de biens physiques qu’il faut protéger ", rappelle l’étude. En Europe de l’Ouest (-0,3%), la baisse des primes s’explique par l’apathie de l’environnement économique.

En Belgique, l’évolution est peu significative : 40 euros de moins par habitant  (à 971 euros, contre 931 euros en 2012), et on peut parler de relative stabilité depuis 5 ans (863 euros en 2009). "Dans notre pays, il y a une longue tradition d’évolution de l’encaissement des primes supérieure à l’inflation", précise le porte-parole du secteur des assurances.
La branche auto, la plus importante avec 3,5 milliards d’euros de primes " évolue lentement ces dernières années, sous le double effet de la baisse du nombre de sinistres et de l’augmentation de leur coût (réparation). Les polices ont en outre été adaptées au nouveau tableau indiciel pour l’établissement des préjudices corporels. Résultat, des encaissements de primes en hausse modeste de 0,9%", précise Wauthier Robyns.
L’assurance incendie a enregistré une hausse de 5%, à 2,5 milliards d’euros, dans la foulée de l’adaptation de l’indice ABEX des prix de la construction et du relèvement des primes depuis les calamités de 2010 ", ajoute-t-il.
L’assurance maladie a enregistré " une hausse plus modeste que d’ordinaire (+1,6%), de 1,4 milliard d’euros. Le marché est désormais quasiment saturé et il n’y a pas eu d’emballement des frais de traitement".
Enfin, lorsque la conjoncture est peu gaillarde et l’activité réduite, la branche accident du travail s’en ressent. Elle n’a enregistré qu’une très faible hausse des encaissements, à 1,1 milliard d’euros.

Rentabilité en rade…

De façon générale, les rendements, bien qu’en légère amélioration, restent faibles. Les taux d’intérêts végètent au plancher depuis 2008, et la tendance à la hausse engagée cette année, principalement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, devrait monter en puissance d’ici 2017.  Le rendement moyen du portefeuille d’obligations d’un assureur vie type baissera donc encore pendant deux ou trois ans car seuls 10% du portefeuille est réinvesti chaque année, et les obligations émises il y a dix ans ont un coupon plus élevé que celles émises actuellement, indique l’étude Swiss Re…
Les assureurs entrevoient toutefois des créneaux d’avenir porteurs dans les thématiques liées au vieillissement, notamment des produits spécifiques en assurance maladie, et le développement de l’assurance dépendance. " Dans notre mémorandum, nous suggérons par exemple d’étudier la possibilité, en fin de carrière, de faire glisser une partie de l’assurance groupe sur une case ‘dépendance’ ", rappelle Wauthier Robyns.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés