Voyager en surveillant son empreinte écologique

Il est difficile de se passer de l’avion pour atteindre certaines destinations. Dans ce cas, Jonas Moerman, de l’asbl Écoconso, conseille de proscrire l’utilisation de l’avion pour des voyages de moins de 15 jours. Il encourage aussi les voyageurs à participer à la compensation carbone. ©Beekman, Martijn/Hollandse Hoogt

Le tourisme durable est une démarche qui consiste à voyager en limitant son impact sur l’environnement, tout en mettant l’accent sur les populations locales. Mode d’emploi.

Bien décidé à limiter votre consommation d’énergie (et votre empreinte carbone par la même occasion), vous avez rénové votre habitation, installé des panneaux solaires, baissé la température et acheté un véhicule électrique! Grâce à l’argent finalement économisé, vous vous offrez pour une fois un voyage lointain! "Or, prendre l’avion, c’est annuler en une fois les efforts de toute une année pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES)", selon Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l’UCL. De fait, le transport aérien est l’une des activités humaines les plus chargées en émissions de GES!

15
jours
L’asbl Ecoconso conseille de proscrire l’avion pour des voyages de moins de deux semaines.

Transports

Dans la mesure du possible, il vaut donc mieux favoriser les déplacements en covoiturage (Eurostop.be, Karzoo.be, BlaBlacar.be), en bus ou en train (le moyen de transport au plus faible impact environnemental). Pour les petits budgets, pensez notamment à Ouigo.fr, la plateforme dédiée au TGV low cost en France. Sinon, comparez le prix des voyages en bus, train ou covoiturage dans toute l’Europe via Tictactrip.eu.

Guide Consommation Durable 2018

Des conseils pour économiser de l'énergie et de l'argent en polluant moins

Le 'Guide Consommation durable' est paru le 21/4. Cliquez ici pour le lire au format PDF.

Malheureusement, il est difficile de se passer de l’avion pour atteindre certaines destinations. Dans ce cas, Jonas Moerman, de l’asbl Écoconso, conseille de proscrire l’utilisation de l’avion pour des voyages de moins de 15 jours. "Le tourisme durable consiste à prendre le temps de profiter de chaque instant sur place, tout en adoptant le mode de vie des locaux, et certainement pas de voir absolument tout ce qu’il y a à voir, sans même prendre le temps de s’acclimater, explique l’expert. Partir loin pour retrouver toutes ses habitudes de consommation, ce n’est pas du tout respectueux du mode de vie local."

Il encourage aussi les voyageurs à participer à la compensation carbone. Par exemple, un vol aller/retour Bruxelles-New York a le même effet sur l’environnement que si chaque passager émettait 2.942 kg de CO2. Pour compenser ce carbone, rendez-vous sur des sites comme Greentripper.org ou encore Goodplanet.org. Ceux-ci calculent votre compensation (dans notre exemple environ 68 euros) et récoltent la somme en question, qui servira ensuite à financer des projets destinés à la réduction des émissions de carbone à la source, le plus souvent dans les pays en voie de développement.

Hébergement

Peu importe où vous allez dans le monde, si vous comptez loger à l’hôtel, certains labels peuvent vous aider à faire des choix plus durables. Les plus connus sont l’Ecolabel Européen, la Clé verte, Ecogîtes, Gîtes Panda et Green Globe.

Jonas Moerman évoque également le filtre Ecoleaders de TripAdvisor. Ce programme rassemble une large gamme d’hôtels et de chambres d’hôtes écologiques pour tous les budgets. "Tous s’engagent à respecter l’environnement et à protéger la nature, notamment en pratiquant le recyclage, en cuisinant avec des produits locaux et bio ou en proposant des stations de recharge pour les voitures électriques", d’après TripAdvisor. Mais selon l’expert d’Écoconso, il n’y a pas de vérification interne comme dans le cas des vrais labels.

Voyages alternatifs

L’expert d’Écoconso insiste sur le fait que certains sites touristiques sont aujourd’hui en péril à cause du tourisme de masse. "Heureusement, de plus en plus d’agences de voyage et d’organismes proposent des voyages différents."

C’est le cas d’Altervoyages.org, une plateforme belge qui regroupe une quinzaine d’associations proposant des voyages équitables et durables dans le monde. L’asbl Écoconso souligne également que des répertoires comme Voyageons-autrement.com ou Voyagespourlaplanete.com rassemblent un tas d’adresses d’établissements qui adoptent une démarche environnementale et respectent l’un ou l’autre label.

Exemple

Un écoresort situé sur une plage déserte en Thaïlande (75 à 115 euros la nuit en fonction du type de villa et de la saison). Selon sa description, il existe depuis 14 ans et a été maintes fois reconnu comme l’un des meilleurs exemples d’écotourisme en Thaïlande. "Le seul mot d’ordre: adopter le minimalisme, se fondre dans le paysage, ne faire qu’un avec la nature en laissant entrer le vent. Nourriture fraîche et soignée, plongée, kayak en mer, observation d’oiseaux, yoga, massages thaïlandais et visites aux différentes communautés locales vous permettront de profiter de votre séjour."

Et Jonas Moerman de conclure que pour toute activité, il y a toujours moyen de trouver une alternative plus écologique. C’est notamment le cas avec la plongée, qui voit émerger de plus en plus de centres écoresponsables.

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