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Existe-t-il encore des refuges pour votre argent?

Les investisseurs n'ont d'autre choix que d'assister, passifs, au repli du rendement de leurs investissements. Les soubresauts des marchés boursiers les incitent à partir en quête d'alternatives plus sûres. Mais existent-elles vraiment?
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(Mon Argent) – Depuis plusieurs semaines, les marchés financiers prennent une raclée après l’autre. Le Bel20 ne cesse de dévisser depuis 11 jours, et il en va de même pour de nombreux marchés boursiers. La crise européenne de l’endettement - qui se propage à la manière d’un feu de forêt – et les craintes d’une récession forment un cocktail explosif.

"Que faire de mon épargne": telle est la question que se posent épargnants et investisseurs. Etienne de Callataÿ, économiste en chef de la Banque Degroof, n’a pas de réponse rassurante: "Actuellement, aucun investissement n’est sûr. Ni l’or, ni l’immobilier, ni les matières premières et les obligations (publiques) ne sont sûres. Les actifs tels que l’or et le franc suisse peuvent encore être qualifiés d’actifs de bon père de famille après leur forte hausse. L’or et la devise suisse sont dès lors moins sûrs aujourd’hui qu’il y a encore un ou deux ans."

Établir une liste de valeurs refuge est possible. Mais chacune de ces classes d’actifs a son revers.

1. Liquidités

Les liquidités sont évidemment une possibilité. La plus sûre à tout le moins. Car les particuliers qui parquent de l’argent sur un compte épargne ou à terme sont au moins assurés qu’ils ne perdent pas cet argent. Cela dit, leur rendement net est négatif car le taux d’inflation est supérieur aux taux sur l’épargne. Même le taux du livret d’épargne offrant le taux total le plus intéressant (2,75%) demeure bien en-deçà du niveau de l’inflation (3,75%). Votre rendement net est donc négatif : l’épargne croît moins rapidement que n’augmente le coût de la vie. Les comptes à terme et autres bons de caisse ne sont pas mieux lotis : même à une échéance de dix ans, ils ne battent pas l’inflation. Par ailleurs, dans les circonstances économiques actuelles, les longues durées sont à éviter.

2. Or

Le métal précieux se porte extraordinairement bien en période de pessimisme généralisé. " Contrairement à l’argent papier, l’or conserve sa valeur ", entend-on ça et là. Le prix de l’or le confirme d’ailleurs : au cours des dix dernières années (pour les marchés boursiers, une décennie perdue), le cours de l’or a été multiplié par six. Depuis début juillet, il a encore progressé de 11%. Cela dit, personne ne peut prédire le niveau du plafond de l’or. Les investisseurs savent par ailleurs qu’il n’est jamais conseillé d’acheter des actifs à des cours record. " S’il existe une seule classe d’actifs volatile, c’est bien l’or ", affirme Paul De Grauwe, économiste à la KULeuven. Il peut augmenter aussi rapidement qu’il ne chute. Mais quand ? Telle est la question. De plus, l’or est aujourd’hui plus que jamais sensible à la spéculation. Les trackers permettent désormais à n’importe quel investisseur de miser sur l’évolution du cours de l’or, ce qui accroît la volatilité de cet actif. Le vrai test s’imposera lors d’une forte correction du prix de l’or. Si les spéculateurs jettent massivement l’éponge, cela peut avoir des répercussions énormes sur le prix de l’or. 

3. Immobilier

L’immobilier offre également refuge en période incertaine. Mais est-ce encore le cas aujourd’hui ? N’est-ce pas précisément une crise immobilière qui a abouti, aux États-Unis, à la crise financière internationale ? Les prix de l’immobilier ne peuvent pas s’orienter indéfiniment à la hausse, comme beaucoup le pensent. En revanche, le marché immobilier belge (contrairement à celui de nombreux autres pays) n’a pas connu de véritable crise, tout au plus un ralentissement. Mais le mouvement haussier peut-il durer encore des décennies ? Non, affirment des institutions internationales telles que l’OCDE et le FMI, qui considèrent notre pays comme l’un des marchés immobiliers les plus survalorisés au monde. Notre Banque Nationale en est arrivée à la même conclusion. Pour l’heure, pas de krach en vue pour autant, en raison notamment du faible endettement des ménages et du nombre limité de mauvais payeurs parmi les détenteurs de crédits hypothécaires.

4. Le franc suisse

Depuis le début de l’an dernier, le franc suisse a connu un parcours sans faute ou presque. Au début de ce mois, la devise affichait une hausse de près de 30% par rapport à l’euro. Suffisamment pour éveiller l’intérêt des investisseurs en quête de valeurs refuge. La Suisse a acquis la réputation d’une économie fiable, stable et robuste. Mais un tel parcours a également ses inconvénients, à plus forte raison lorsque les investisseurs se jettent sur sa devise pour échapper à la réduction de valeur de leur patrimoine. Pour éviter une flambée de leur devise, la Banque Centrale suisse est intervenue en abaissant son taux à 0% et en mettant en circulation 50 milliards de francs suisses supplémentaires.

5. Obligations liées à l’inflation

Dès lors que le taux d’inflation augmente, de nombreux investisseurs envisagent l’achat d’obligations liées à l’inflation, dont le principal est indexé en fonction de l’inflation et le taux calculé à des moments fixes sur la base du principal indexé. Lorsque l’inflation augmente, le taux suit le même mouvement, de sorte que ces emprunts constituent une couverture efficace contre l’inflation. Les coupons de ces obligations sont relativement bas : 1,6% est plus la règle que l’exception (même si ce coupon est complété de l’inflation). Attention: lorsque l’inflation se transforme en déflation, le prix de l’obligation baisse aussi. La plupart des obligations liées à l’inflation ne peuvent cependant pas baisser sous les 100% du prix d’émission initial.

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