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"Les programmes des partis politiques ont été écrits dans un monde virtuel"

Dans les années qui viennent, la politique fédérale sera placée sous le signe des économies. La question qui se pose est de savoir si les partis politiques ont, dans leur arsenal, de quoi faire face aux défis. "Dans les programmes des partis politiques, on constate surtout des promesses en grand nombre et sans traduction budgétaire", se plaint le professeur Marc De Vos.

(mon argent) – Le défi auquel notre pays fait face n’est pas mince: économiser 22 milliards pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2015. Et ensuite, il faudra maintenir les économies pour assurer la pérennité des pensions et de la sécurité sociale. "Nous devons tout faire en même temps: économiser à un niveau jamais vu, conclure un New Deal pour un nouveau pacte social et installer un meilleur moteur pour la croissance. Cela ne s’est jamais fait, mais c’est indispensable", affirme le professeur Marc De Vos du think-thank Itinera Institute.

Décelez-vous dans la campagne électorale actuelle l’énergie suffisante pour relever ces défis?

"Cela s’est un peu amélioré la semaine dernière, avec l’accent mis sur les économies. Mais l’exercice reste vague et surtout, improvisé. Dans les programmes des partis politiques, on constate surtout des promesses en grand nombre et sans traduction budgétaire. Pour autant qu’ils existent, ils ne résistent pas au premier examen. Sans vouloir mettre tous les partis dans le même sac, la plupart des programmes donnent l’impression d’avoir été écrits dans un monde virtuel. Et en Wallonie, c’est plus grave encore qu’en Flandre. Mais ce que je regrette surtout, c’est la longue liste de vœux pieux, sans que l’on en sache où se situent précisément les points de rupture: que veut-on absolument atteindre ou éviter et sur quoi engage-t-on son avenir politique?"

Faites le test!

Il arrive qu'en période de campagne électorale, les débats se focalisent trop sur l’un ou l’autre sujet et manquent de références concrètes. C’est la raison pour laquelle nous avons posé 11 questions précises aux partis en lice: la loi Renault doit-elle être supprimée? Faut-il relever le taux de TVA sur les biens de luxe? Faut-il relever le précompte sur toutes les formes de placements mobiliers? En faisant le test ici, vous pourrez vérifier si les propositions des partis sont en adéquation avec vos idées.

Presque tous les partis soulignent qu’il n’est pas question d’augmenter les impôts. Est-ce tenable quand on voit les économies qui nous attendent?

"Le défi est tel que tous les tabous devront tomber. Je constate que pratiquement tous les partis proposent d’augmenter les allocations sociales, mais ne disent rien du financement. J’espère surtout qu’on s’en tiendra à un pur exercice de fiscalité et qu’on n’aboutira pas, pour la énième fois, à un régime particulier qui ne fera que rendre les choses plus complexes et moins ciblées encore. Ce qui fait défaut, c’est une approche plus large de la fiscalité, qui doit notamment veiller à décourager plus efficacement la fraude fiscale. La charge d’impôts doit elle aussi être surveillée, ne fût-ce qu’en raison du contexte international. L’impôt de crise ne peut pas devenir une taxation permanente."

N’est-il pas inquiétant qu’en Wallonie, la campagne électorale ait à peine évoqué la thématique des économies?

"Les économies ont été moins présentes en Wallonie, c’est sûr, mais elles prennent une place croissante dans les médias ces derniers jours. Difficile de faire la part des choses entre le "négationnisme" et la tactique pour séduire l’électeur avec de bonnes nouvelles, pour faire le nécessaire par la suite. L’aspect culturel joue également: regardez avec quelle froideur et quel réalisme ces questions sont abordées aux Pays-Bas et en Allemagne. Par rapport à eux, les Flamands sont des Wallons. Nous avons peut-être tendance à d’abord nier les problèmes, à les reporter ensuite et, enfin, à les résoudre à moitié par des compromis créatifs. Espérons que nous n’irons pas dans ce sens là après le 13 juin. Les économies sont d’ailleurs incontournables. Elles sont le minimum minimorum si l’on veut pérenniser la sécurité sociale."

Samedi 12/06, gratuit avec L'Echo

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