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Comment épargner après sa pension?

La problématique des taux bas persistants entraîne toute une série de nouveaux défis. La situation budgétaire de la Belgique ne permettra pas de folies en matière de pension légale dans les années à venir...
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©Netto - Mon Argent

Du côté du deuxième pilier de pensions (assurance groupe), le système se transforme progressivement d’une formule à prestations définies (où le bénéfice final dépendra de votre dernier salaire) vers un système à cotisations définies (où le résultat qu’obtient le retraité dépend de la performance financière du portefeuille). Les futurs pensionnés doivent donc de plus en plus prendre la main pour conserver un niveau de vie décent à l’âge de la pension.

En Belgique, les pensionnés préfèrent toucher leur épargne-pension (troisième pilier) sous forme de capital plutôt qu’en rente viagère. Avec cette somme, le particulier est supposé disposer d’un complément significatif à sa pension légale pour s’assurer le maintien d’un certain train de vie. Dans la pratique, le gestionnaire de ce type de produit aura tendance à faire diminuer progressivement les facteurs de risque de sorte qu’à l’échéance il ne reste plus que du cash dans le portefeuille. Il n’est donc pas rare que la sortie en capital des plans de pension manque son objectif de fournir un complément à la pension. En outre, même si le client agit de manière raisonnable et qu’il souhaite réinvestir, il devra racheter essentiellement des obligations, dans un contexte où les taux sont très bas.

"Il faudrait aujourd’hui prendre exemple sur le cas des Pays-Bas, où la sortie est obligatoire en rente, souligne Xavier Timmermans , stratégiste chez BNP Paribas Fortis Private Banking. En outre, la proportion investie en actions n’est pas progressivement réduite en faveur du cash, mais en faveur d’obligations, un peu à l’image des produits de type "life cycle". Ceci permet de transformer le capital retraite en rente sans avoir à prendre trop de risques sur les taux d’intérêts".

Fonds "life cycle" et "Income"

Alors qu’ils constituent une solution de choix pour la planification des pensions aux Etats-Unis, les fonds "life cycle" ont jusqu’ici connu peu de succès en Europe et en Belgique. Aux Etats-Unis, il aura fallu une crise financière majeure (l’effondrement de la bulle technologique) pour que ces solutions deviennent une méthode de choix. Les produits "life cycle" sont devenus l’option par défaut lorsqu’un particulier débute un plan de pension, ce qui explique leur succès. Pour rappel, ce type de fonds mixte va faire évoluer automatiquement la proportion investie en actions et en obligations en fonction de sa date d’échéance. De sorte qu’à l’âge de la pension, le client récupérera un portefeuille où l’exposition aux actions est très faible, et le portefeuille obligataire prépondérant.

Qu’il s’agisse d’in­ves­tis­se­ments, de suc­ces­sion, d’im­mo­bi­lier ou de vos im­pôts, cliquez ici pour consulter nos comptes-rendus des débats et retrouvez les conseils d’ex­perts fi­nan­ciers.

À l’heure actuelle, une personne qui arrive à l’âge de la pension dispose souvent d’une espérance de vie de vingt ans. Un couple de retraités devrait, en moyenne, voir un de ses membres atteindre l’âge de 90 ans. Dans le même temps, la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne a agi comme une taxe opaque sur les investisseurs, avec des taux maintenus artificiellement bas. Dès lors, de plus en plus de spécialistes estiment qu’il est devenu nécessaire de conserver une partie de son portefeuille en actifs risqués une fois atteint l’âge de la pension. Pour y arriver, il existe de nombreuses formules mises en place au niveau du secteur financier.

Les fonds mixtes flexibles ont été les grands gagnants de l’industrie des fonds après la crise de 2008, grâce à leur capacité à avoir défendu le capital des investisseurs. Aujourd’hui, les flux se dirigent principalement vers les fonds qui permettent de dégager un revenu régulier sur un horizon relativement long et dans lesquels il y a suffisamment de moteurs de croissance: les obligations d’entreprises, l’immobilier coté ou les actions à dividende élevé. Contrairement aux fonds mixtes (traditionnellement investis à 50% sur les actions et à 50% sur les obligations), un fonds "Income" aura d’avantage pour objectif de viser une stabilité des revenus dans le temps.

"Le Japon affiche une avance de dix ans en termes d’évolution démographique. Les particuliers japonais achètent aujourd’hui essentiellement des fonds qui distribuent des coupons sur base mensuelle, avec des taux de distribution supérieurs à ce qu’il est possible d’obtenir dans le marché."
Xavier Timmermans
BNP Paribas fortis private banking

"Ce qui ne veut pas dire qu’en moyenne, le dividende payé par un fonds classique soit mauvais, mais il n’y a pas la volonté de lisser explicitement la distribution des revenus, souligne Xavier Timmermans. Le produit que nous proposons dans ce domaine a pour objectif de payer un dividende de 4% par an. Si le marché est mauvais, le fonds distribuera malgré tout 4%, le rendement attendu sur quatre à cinq ans étant supposé reconstituer le capital. Le Japon affiche une avance de dix ans en termes d’évolution démographique, et les particuliers japonais achètent aujourd’hui essentiellement des fonds qui distribuent des coupons sur base mensuelle, avec des taux de distribution qui sont supérieurs à ce qu’il est possible d’obtenir dans le marché. Ils acceptent implicitement de manger une partie de leur capital à mesure qu’ils vieillissent, quitte à laisser nettement moins que prévu à leurs héritiers. En Belgique, il n’existe pas encore à proprement parler de vrais fonds de décumul".

Immobilier

Une autre diversification à considérer est un investissement dans de belles valeurs immobilières cotées en Bourse. Les SIR (sociétés immobilières réglementées) belges restent très attractives avec des dividendes compris entre 3 et 6%, et qui sont soutenables pour les prochains exercices. En outre, la volatilité de ces titres est généralement moins élevée que celle du marché dans son ensemble, à condition de rester à l’écart des trois grandes (Cofinimmo, Befimmo, WDP) qui ont d’avantage tendance à suivre les mouvements de l’indice. Cette bonne performance des valeurs immobilières s’est également confirmée dans les autres pays européens, avec un indice sectoriel qui a doublé durant les quatre dernières années.

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