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Dans les recoins d'Euronext, ces trésors cachés

Du fait de l’explosion inattendue de son cours, Sapec a été une des actions au sommet en 2016. C’est que, dans les recoins d’Euronext Brussels se terrent encore quelques trésors cachés. Notamment du côté des plus petites entreprises. Mais celui qui veut partir à la pêche doit d’abord effectuer un travail en profondeur.
Une des "valeurs sûres" parmi les small caps, c’est Ter Beke. Le producteur de charcuterie fine et de plats de pâtes préparés clôture une excellente année boursière avec une progression de cours de quelque 40%. ©BELGA

Voilà des années que le holding Sapec , surtout actif dans la péninsule ibérique, mène une existence sans histoires en Bourse de Bruxelles. Le management a toujours tenu une communication correcte, mais peu loquace, et dans l’éventail de ses activités, il y en a toujours eu une qui décevait pour une raison ou une autre. Tout cela s’est traduit par un cours relativement amorphe. Jusqu’à la fin du mois d’octobre 2016, lorsque des communiqués ont révélé l’intérêt de plusieurs parties pour la branche agricole du groupe, centrée sur les engrais et les moyens de protection des plantes et qui est devenue de loin le plus gros département du holding. Une bonne semaine plus tard, Agro Business était vendue pour un multiple de la valeur de marché de Sapec à ce moment. Résultat: le cours de l’action a plus que doublé.

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Rares sont ceux pourtant qui avaient senti le vent venir. Du coup, on peut se demander s’il existe d’autres entreprises parmi les (très) petites capitalisations – les "small caps" et "micro caps" – de la cote bruxelloise qui pourraient créer la surprise sur la base de valeur cachée, d’un turn-around ou d’une croissance, d’une valorisation intéressante ou d’un bon rendement sur dividende. Le conseiller en placements Gert De Mesure, qui est aussi analyste pour la Fédération flamande des investisseurs (VFB), tempère d’emblée les attentes. "Les plus petites valeurs ont connu une année 2016 particulièrement bonne. Le meilleur s’est probablement déjà exprimé. Mais la soupe pourrait encore être bonne cette année. Ce n’est pas parce que le marché est cher qu’il ne peut plus s’apprécier." D’autant que des surprises comme Sapec sont toujours possibles.

1. Rechercher un bon management

À quoi un investisseur doit-il principalement faire attention lorsqu’il envisage d’investir dans des petites entreprises? "En premier lieu, au bon management", insiste d’emblée Bart Goemaere du magazine TuyauxBourse. "Si le management n’agit pas 100% correctement ou avec pour objectif de tenir le bon cap, on va droit vers de sérieux accidents." Ensuite, un investisseur potentiel doit se pencher sur les chiffres: les résultats, le bilan, la valorisation… "On doit savoir si on n’achète pas une baudruche ou si les chiffres ne sont pas que du vent", commente l’analyste.

Pour avoir une idée précise d’une small cap ou micro cap, l’investisseur doit donc effectuer une analyse en profondeur. Voilà qui est dit, mais pas toujours simple à faire, parce les informations disponibles sont souvent plus limitées et parce que ces petites entreprises sont aussi généralement moins suivies par les analystes. Ceci ne doit cependant pas constituer un obstacle pour y entrer, estime Geert Smet, de L’Investisseur. "Cela crée même des opportunités pour les investisseurs actifs qui vont fouiner dans les rapports annuels, se rendent aux assemblées générales, voire contactent l’entreprise pour obtenir des éclaircissements."

2. Jouer la carte de la faible visibilité

Aux yeux de Geert Smet, le principal risque lié à l’investissement en small caps ou micro caps est la liquidité du titre. Ces valeurs sont beaucoup moins négociées que les grandes. "Pour y entrer, cela va encore, mais pour en sortir…" et si le vent tourne, cela peut poser des problèmes. Cela a été le cas pour Hamon , une entreprise qui a connu de graves problèmes l’an dernier. Chez ce fabricant wallon de systèmes d’épuration des gaz de combustion, on attend aujourd’hui un renforcement du bilan et une meilleure disposition des entreprises d’utilité publique à faire des investissements.

La faible liquidité peut pourtant aussi avoir un bon côté. "Cela crée des opportunités", indique Geert Smet. Le cours des plus petites valeurs réagit souvent avec retard à des informations, de sorte que cela donne à l’investisseur attentif de l’espace pour y entrer. C’est d’ailleurs vrai d’une manière plus générale: si les Bourses sont sur une courbe ascendante, ce genre de valeurs y participe souvent avec un certain retard. À l’inverse, on ne verra leur cours baisser que plus tard dans un mouvement baissier. Cette tendance s’explique par le fait que ce sont surtout les particuliers qui investissent dans les small caps. Ils visent le long terme et ne suivent pas l’évolution du cours au jour le jour.

3. Opter pour des valeurs sûres

Mais de quelles entreprises parle-t-on exactement? Certains noms reviennent sans cesse. Il s’agit de small caps au nom connu, bien gérées et aux performances stables, même s’il peut y avoir un contretemps dans un département ou une région. Il existe plusieurs façons de définir une small cap, mais nous mettons la limite à une capitalisation boursière de 300 millions d’euros maximum. Les entreprises de moins de 50 millions d’euros de capitalisation constituent la catégorie des micro caps et celles de moins de 10 millions d’euros, les nano caps.

©MEDIAFIN

Une des "valeurs sûres" parmi les small caps, c’est Ter Beke . Le producteur de charcuterie fine et de plats de pâtes préparés clôture une excellente année boursière avec une progression de cours de quelque 40%. Cela entraîne aussi un rapport cours/bénéfice élevé de 23,5 (cours de la mi-décembre sur le bénéfice net de 2015). Le rendement sur dividende est de 1,8% net, un des meilleurs parmi les small caps. Et, cerise sur le gâteau, c’est une valeur de croissance. "Ils choisissent des produits de marque et une taille qui leur permet de passer à l’étape suivante", observe Geert Smet.

Jensen-Group , Miko et Floridienne sont immanquablement citées elles aussi. Jensen-Goup est un des leaders mondiaux de lessiveuses industrielles, actif au niveau international et possédant une large gamme de produits. La société est chiche en matière de dividende, préférant réinvestir ses bénéfices dans le développement de nouveaux produits et l’élargissement de son réseau de production et de commercialisation. L’année 2015 a été excellente avec un chiffre d’affaires en progression de 20%. Si cette croissance s’est poursuivie en 2016, celle du bénéfice en revanche n’a pas suivi. Le rapport cours/bénéfice est de 15,3.

Une autre entreprise familiale qui vaut le détour selon les analystes est Miko , qui a deux fers au feu: le service du café et les emballages plastiques. "Le mix idéal, selon Geert Smet. Quand il fait froid, ils vendent du café. Et en été, ils vendent leurs boîtes en plastique en réponse à la forte demande de crème glacée."  La valorisation a cependant bien grimpé, avec un rapport cours/bénéfice de 17,4.

Chez Floridienne , dont la valorisation est assez élevée (rapport cours/bénéfice de 21,7), c’est Biobest qui attire l’attention. Cette filiale, qui s’adonne à la lutte biologique et à la pollinisation par les bourdons, prend peu à peu autant de valeur que tout le groupe Floridienne lui-même, selon Geert Smet. Grâce à une acquisition, Biobest est désormais active en Afrique également.

4. Se laisser tenter par une micro cap ou une nano cap

L’année boursière du fabricant d’engrais Rosier n’a pas été terrible, suite à des résultats décevants. Des prix bas pour les plantes et la viande ont amené les agriculteurs à rester prudents. La valorisation de l’action est faible (rapport cours/bénéfice de 8,2) et Rosier a tout d’un candidat à la reprise. Le groupe autrichien Borealis, son actionnaire de référence avec près de 78% du capital en mains, a essayé de faire sortir Rosier de la Bourse en 2013, mais sans succès. "Il n’en restera sûrement pas là", s’attend Geert Smet.

Bart Goemaere pointe Zenitel parmi les micro caps, en raison de sa faible valorisation (rapport cours/bénéfice de 5,1). Zenitel est active dans les systèmes de communication sécurisés, utilisés notamment dans la navigation et le secteur pétrolier offshore. "Une entreprise chic, avec une bonne technologie, qui croît lentement mais sûrement. Tôt ou tard, elle sera mise en vente."

Et que penser de Fountain ? Le fournisseur wallon de boissons chaudes aux PME a connu une période houleuse à cause des plans trop ambitieux de l’ancien CEO. Mais le président, Eugeen Beckers, a repris les choses en main et depuis, la rentabilité s’est nettement améliorée. "Le chiffre d’affaires continue à baisser, observe Frank De Mol, de L’Investisseur. La croissance ne parvient pas encore à compenser la perte de clients moins rentables. Mais si les ventes reprennent, l’action pourrait valoir le détour."  

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