Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Profiter à Bruxelles de l'effet Trump

À la nouvelle de l’élection de Donald Trump comme 45e président des Etats-Unis, Wall Street a fait des bonds. À Bruxelles aussi, certaines valeurs sont "Trump-minded".
©Sarah Vanbelle

Il y a des histoires censées décourager, voire déprimer les investisseurs sur les marchés financiers. D’autres sont de nature à les enthousiasmer. Celle qui s’est mise récemment sur orbite de l’autre côté de l’Atlantique a plutôt l’heur de les satisfaire. D’autant qu’elle a créé la surprise: l’élection du républicain Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Ses premiers mots, relativement rassurants, prononcés quelques heures après les résultats du scrutin ont fait souffler un vent optimiste inattendu sur les marchés boursiers.

Guide Actions

  • Comment profiter du climat économique et de l'effet Trump?
  • Zoom sur 60 actions belges

Le Guide Actions est paru le 14/1. Cliquez ici pour le lire au format PDF.

Les actions qui ont bénéficié de ce nouvel élan sont tout naturellement celles cotées à Wall Street. Et pour cause, les promesses du nouveau président élu de renforcer l’activité économique aux Etats-Unis toucheront principalement les entreprises actives sur le continent Nord-américain. Résultat: l’indice Dow Jones s’est adjugé un gain de 7,5% en quatre semaines à peine!

Durant sa campagne électorale, Donald Trump a milité pour moins de régulation, moins d’impôts pour les particuliers et les entreprises, ainsi que pour une politique d’investissements dans des travaux d’infrastructure, en prévoyant d’y consacrer un budget de 100 milliards de dollars par an pendant 10 années.

Du coup, les actions de sociétés qualifiées de cycliques, comme Free-McRoran (cuivre), Nucor (sidérurgie), Caterpillar (engins de chantiers), celles du secteur financier, et on en passe, comptent parmi les valeurs qui ont récemment le plus brillé, au détriment de celles dites défensives. Une action est dite défensive lorsque les résultats de la société résistent relativement bien aux variations des cycles économiques.

1. Miser sur les actions cycliques

Sur les marchés européens, les investisseurs n’ont pas été insensibles au sursaut d’enthousiasme de la Bourse de New York. Même si leur engouement n’a pas été aussi vigoureux que celui observé Outre-Atlantique. Il reste que des actions dites cycliques, telles qu’ArcelorMittal, Bouygues et Rio Tinto, ou encore des valeurs pétrolières et bancaires ont retrouvé des couleurs. Parallèlement, les valeurs défensives, que l’on appréciait jusqu’alors pour leur rendement sur dividende élevé, ont été plutôt délaissées. Ce mouvement de rotation des valeurs défensives vers les actions cycliques a favorisé des indices comme le CAC 40 de la Bourse de Paris et le DAX 30 de Francfort: l’indice parisien a gagné 4,5% au cours des quatre semaines suivant l’échéance électorale américaine et celui de la place allemande 4,1%.

Market Live

De la clôture de Tokyo à celle des Bourses européennes, les infos du marché, minute par minute en cliquant ici. Suivez nous aussi sur Twitter: @MarketLive_BE

À Bruxelles, la Bourse est plutôt restée en retrait de ce mouvement haussier. Le Bel 20 a limité ses gains à 0,7% dans le mois qui a suivi l’élection de Donald Trump. Et pour cause, l’indice est essentiellement composé de valeurs défensives, celles qui n’ont suscité que peu d’intérêt auprès des investisseurs ces dernières semaines, à l’instar de Bpost (-8,7%), Engie (-11,2%) et Ahold Delhaize (-8%), tandis qu’il renferme peu de sociétés cycliques. En outre, à peine 7 sociétés de l’indice exercent des activités commerciales aux Etats-Unis. Colruyt, Bpost, Proximus, Telenet, Elia, AvH, Cofinimmo et KBC sont autant d’entreprises qui réalisent quasi exclusivement leurs affaires en Europe.

2. Miser sur les actions financières

Si la Bourse de Bruxelles renferme peu de sociétés susceptibles de profiter directement des retombées de la politique économique envisagée par Donald Trump, elle n’en reste pas totalement imperméable pour autant aux effets de l’élection de l’homme d’affaires.

Le secteur financier, qui a mené les hausses dans le Bel 20 dans les semaines qui ont suivi l’élection, constitue un des exemples les plus frappants. Il doit ses belles performances à la remontée des taux obligataires, nourrie par l’idée que les ambitions de Trump sur le plan budgétaire sont inflationnistes et provoqueront une remontée des taux d’intérêt. Déjà à la mi-décembre, la Banque centrale américaine a procédé à un relèvement de son principal taux directeur.

On savait depuis quelque temps que les taux d’intérêt nuls, voire négatifs, mettaient les affaires des banquiers sous pression. La hausse des taux initiée aux Etats-Unis, et qui a entraîné dans la foulée une remontée des rendements obligataires en Europe, leur donne donc du souffle. Le taux de la dette belge à 10 ans sur le marché secondaire est ainsi passé de 0,43% à 0,66%. Cela a permis à l’action Ageas de regagner en quelques semaines 12,5% après l’élection de Trump, ING 5,1% et KBC 5%.

3. Miser sur les entreprises traitant en dollar

La hausse du dollar face à la plupart des principales devises du monde, en particulier l’euro (+ 5,6%), constitue un autre facteur positif pour certaines sociétés. Elle favorise en l’occurrence les affaires des entreprises actives à l’exportation ou qui traitent en dollar. L’effet ne sera toutefois pas perceptible dans l’immédiat. Ceci explique en partie que le caractère défensif d’une action comme AB InBev l’ait initialement emporté sur le fait que le brasseur réalise 35% de ses affaires aux Etats-Unis (avant le rachat de SABMiller). L’action avait ainsi perdu jusqu’à 10% avant de reprendre par la suite un peu de hauteur. Ahold Delhaize , qui effectue 60% de ses ventes Outre-Atlantique, s’est également retrouvée dans cette configuration.

Conseil

Pour Bekaert (qui réalise 16% de ses ventes aux Etats-Unis) et Umicore (13%), la nouvelle situation Outre-Atlantique est favorable. Toutes deux devraient par ailleurs bénéficier de la hausse des prix des matières premières.

©MEDIAFIN

Hormis l’effet dollar, AB InBev et Ahold Delhaize finiront à terme par profiter de l’environnement économique appelé à s’améliorer davantage au pays de l’Oncle Sam et qui devrait accroître la confiance des consommateurs américains. De par ses liens étroits avec la société biotech américaine Gilead et dans une moindre mesure avec AbbVie, Galapagos comptera également parmi les bénéficiaires de l’ère Trump. Tout comme le groupe pharmaceutique UCB , dont 37% des ventes sont réalisées sur le continent nord-américain. Encore que cela dépendra de ce que décidera in fine Donald Trump en matière de prix des médicaments.

Même espoir pour Solvay , qui effectue dans ce pays un peu plus de 8% de ses affaires, notamment dans le secteur du pétrole de schiste, qui remonte la pente au fur et à mesure que les prix du baril de pétrole grimpent. Mais aussi dans le secteur de l’aérospatiale, pour lequel le groupe belge assure une partie des besoins en matériaux composites depuis son rachat de Cytec fin 2015. Lors d’une réunion d’analystes organisée le jour même de l’élection présidentielle, le CEO de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu, avait indiqué que le point d’inflexion en matière d’offre de ces matériaux pour ce secteur apparaîtra dans la 2e moitié de 2017. En dehors du Bel 20, des sociétés comme IBA (37% des ventes), Barco (35,6%), EVS (26,1%) ou encore Melexis comptent parmi celles très présentes sur le continent nord-américain.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés