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Un bon investisseur est un activiste paresseux

Quoi que le président élu Donald Trump nous réserve dans sa première année, ne pressez surtout pas sur le bouton d’achat ou de vente sans réfléchir. Faites d’abord le tour du champ de bataille, de préférence avec une bonne calculette à la main.

Au moment d’écrire ces lignes, l’indice Bel 20 tourne autour des 3.600 points. D’aucuns se souviendront de cet été fou de 1998, après l’introduction en Bourse de Kinepolis, qui avait connu un succès mirobolant. À l’époque, c’était comme si tous les Belges découvraient la Bourse. Cet engouement a fait culminer le Bel 20 en juillet 1998 pour la première fois… à 3.600 points.

3.600 points
Actuellement, le Bel 20 se situe aux alentours de 3.600 points. Soit le même niveau que lors de l’été fou de… 1998, il y a donc 18 ans et 5 mois. Entre-temps, le baromètre de la Bourse de Bruxelles a flirté avec les 5.000 points, mais il a aussi plongé deux fois en direction des 1.000 points.

Eh oui, 18 ans et 5 mois plus tard, on y est toujours. Ou, plus précisément, on y est revenu.

Car entre-temps, le baromètre de la Bourse de Bruxelles a flirté avec les 5.000 points… mais il a aussi plongé deux fois en direction des 1.000 points.

Quelles leçons faut-il dès lors en tirer?

1. Ayez les reins solides

Les études ont beau démontrer que les actions constituent le meilleur des placements, le long terme doit parfois être considéré comme du très long terme. En outre, ces études oublient trop souvent que l’homme reste rarement impassible lorsque le marché connaît des rallyes.

L’année boursière 2017 s’annonce particulièrement volatile et pleine d’incertitudes, tant sur le plan financier que politique.

Même si les actions ont droit de cité dans tout portefeuille à long terme, mieux vaut tout de même être préparé à affronter les sommets et les creux des marchés financiers. Ce sera d’autant plus vrai en 2017, qui s’annonce particulièrement volatile et pleine d’incertitudes, tant sur le plan financier que politique.

2. Ne vous braquez pas sur les cours

Celui qui n’a d’yeux que pour les cours qui montent risque de passer à côté d’une donnée essentielle: une partie importante du rendement annuel peut aussi venir du dividende. Même quand son action fait du surplace pendant des années, une entreprise peut procurer un rendement régulier, bien plus rondelet que la plupart des livrets d’épargne, comptes à terme ou obligations.

Même quand son action fait du surplace pendant des années, une entreprise peut procurer un rendement régulier bien plus élevé que la plupart des livrets d’épargne, comptes à terme ou obligations.

Reprenons notre exemple du Bel 20. À première vue, il n’a rien rapporté depuis la mi-1998. L’indice de return net, qui tient compte aussi des dividendes distribués par les valeurs qui composent le Bel 20, a néanmoins grimpé de plus de 70%, de 4.460 à 7.200 points. Soit un rendement annuel net de 2,7% depuis 1998. Ce n’est pas le Pérou certes, mais la preuve que même lorsqu’un investisseur n’est pas un as du timing, il peut réaliser une performance tout à fait honorable s’il sait se montrer suffisamment patient.

En fait, l’investisseur qui cherche la tranquillité doit devenir un peu "rétro". Ce n’est qu’après la guerre de 1940 en effet qu’on s’est, parfois exagérément, focalisé sur les mouvements en dents de scie d’un graphique de cours. Dans les années 20, la nouvelle tant attendue, ce n’était pas la publication des résultats de General Motors, par exemple, mais bien l’annonce de son dividende.

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Au cours des dix premières années d’existence de la cote bruxelloise, les entreprises distribuaient à titre de dividende un pourcentage fixe de leur prix d’introduction – généralement 1.000 francs belges – au point que les investisseurs considéraient les actions comme des obligations à haut rendement. À titre d’exemple, HAL, un holding néerlandais appartenant à une famille du secteur maritime, distribuait chaque année 4% de son cours de Bourse comme dividende. Et cela fait des décennies que les holdings belges Ackermans & Van Haaren , GBL et Sofina augmentent leur dividende au compte-gouttes d’année en année.

3. Investissez dans des entreprises

Celui qui reste scotché au Bel 20 passe, lui aussi, à côté de bon nombre d’opportunités. La Bourse de Bruxelles possède bien plus de trésors que les seules multinationales qui font partie de notre indice phare. Elle comporte ainsi des perles qui valent bien plus que ce qu’elles ne cotent. La preuve? Sapec . L’an dernier, ce petit holding industriel a vendu son principal département pour un prix qui était un multiple de son cours de début 2016. Et ce n’est probablement pas la seule petite perle cachée dans les recoins de la cote. Pour les dénicher, il faut bien sûr prendre sa calculette et éplucher les comptes annuels, comme vous pourrez le lire plus loin dans ce guide.

En outre, les petits d’aujourd’hui peuvent devenir les grands de demain. Le groupe de construction et de dragage CFE , par exemple, végétait parmi les titres oubliés en 1998. Seuls des petits investisseurs curieux ont repéré qu’avec sa filiale de dragage DEME, l’entrepreneur cachait une perle de grand format. Et alors que le Bel 20 faisait du surplace, ses actionnaires ont vu le cours de leurs titres multiplié par 14 et ont touché un dividende net de plus de 10% du cours auquel ils étaient entrés.

Un bon investisseur est celui qui sait attendre patiemment sa chance, qui passe à l’attaque et qui reste fidèle à son placement. Pour toujours, ou du moins aussi longtemps que le modèle de l’entreprise reste intact.

Celui qui n’investit pas directement dans des entreprises perd aussi tout le plaisir que peuvent procurer les placements en actions. Trop souvent, on oublie qu’en achetant une action – si petite soit-elle – on devient copropriétaire. Et quoi de plus excitant que de rechercher une entreprise dynamique sous-évaluée au moyen de sa calculette, d’une visite d’entreprise ou d’un rapport annuel et de voir tout à coup cette pépite rapporter gros? Un bon investisseur en actions est donc un "activiste": quelqu’un qui ne suit pas un indice comme un mouton, mais qui va fouiner dans les recoins de la Bourse – même les plus poussiéreux – pour dénicher de bonnes affaires.

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Attention: il ne faut pas confondre "activiste" et hyperactif. L’activiste n’est pas celui qui achète et qui vend à tour de bras. Warren Buffett, dont le succès en la matière n’est plus à démontrer, ne jure que par le "paresseux actif": un bon investisseur est celui qui sait attendre patiemment sa chance, qui passe à l’attaque et qui reste fidèle à son placement. Pour toujours, ou du moins aussi longtemps que le modèle de l’entreprise reste intact.

Le plus important, c’est de ne pas pousser sur les boutons d’achat ou de vente chaque fois que les marchés réagissent à une annonce de Mario Draghi, un tweet de Donald Trump ou un indicateur économique qui rend la hausse des taux américains plus ou moins probable. Posez-vous chaque fois la question: "Cet événement change-t-il quelque chose de fondamental à mon entreprise?" Vous verrez que, dans la plupart des cas, la réponse est non.

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