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Comment obtenir l'augmentation que vous méritez?

Même si les augmentations salariales se trouvent sous pression, il reste des moyens pour voir sa rémunération augmenter.
Même après une excellente évaluation, il est tout à fait possible que vous n’obteniez pas d’augmentation ou alors une augmentation symbolique, parce que le budget de l’employeur est limité." ©shutterstock

Celui qui travaille à temps plein dans le secteur privé a droit à un revenu mensuel minimum garanti. Si vous avez 18 ans, ce montant est de 1.562 euros bruts. Après retenue des cotisations sociales et des impôts et pour autant qu’on y ajoute un bonus salarial, il vous reste 1.374 euros nets en mains.

Sans doute aimeriez-vous qu’après quelques années, votre fiche de paie affiche un montant plus élevé. Pour être un peu plus à l’aise ou pour réaliser des rêves d’avenir, comme l’achat d’une maison. Mais aussi parce que vous estimez mériter une augmentation pour les efforts que vous fournissez jour après jour pour votre employeur. Quelles pistes s’ouvrent dès lors à vous?

L’indexation automatique

En Belgique, pas besoin de se mettre à genoux pour décrocher une (petite) augmentation salariale. Grâce à l’indexation automatique des salaires, votre rémunération suit en effet l’augmentation générale du coût de la vie. D’un point de vue technique, on adapte les salaires à l’indice santé. Celui-ci est calculé sur la base de l’évolution des prix des biens et services (à l’exception de produits comme l’alcool, le tabac et les carburants).

1.562 euros
C’est le revenu mensuel minimum garanti brut d’un travailleur à temps plein dans le secteur privé en Belgique. En net, il en reste 1.374 euros.

La fréquence avec laquelle votre rémunération est indexée dépend du secteur dans lequel vous travaillez. Dans certains secteurs, l’indexation des rémunérations a lieu tous les mois, dans d’autres, c’est tous les 3 mois (construction), tous les 6 mois (nettoyage) ou une fois par an (le cas le plus fréquent).

Le système belge d’indexation automatique des salaires est unique en Europe. Pour les syndicats, il s’agit d’un acquis social crucial auquel – jusqu’il y a peu – on ne pouvait pas toucher. En 2015, le gouvernement Michel a en effet décrété un saut d’index de 2%, histoire de s’attaquer au handicap salarial de la Belgique par rapport aux pays voisins. Un saut d’index a pour effet de marquer une pause dans l’adaptation des rémunérations à l’augmentation du coût de la vie. Le récent saut d’index a donc réduit le pouvoir d’achat des travailleurs. "Il ne s’agit pas juste d’une perte de 2%, précise Veerle Verleyen, secrétaire générale adjointe du syndicat chrétien flamand LBC-NVK. Les travailleurs gagneront aussi moins dans le futur. Car le montant de base sur lequel les indexations à venir seront calculées est plus faible. Le saut d’index a donc des conséquences sur le reste de la carrière."

Les employeurs, de leur côté, ne sont pas très friands de l’indexation automatique des salaires. Selon Bart Buysse, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), cela conduit, avec les augmentations barémiques, à une augmentation linéaire des coûts salariaux, sans qu’il n’y ait en contrepartie une augmentation de la productivité.

L’augmentation barémique

Une autre façon de voir votre salaire augmenter sans que vous ne deviez rien faire est l’augmentation barémique. "Par secteur ou par entreprise, il existe des barèmes qui déterminent combien vous devez au minimum gagner à un moment pour une fonction déterminée", explique Veerle Verleyen.

Ainsi, votre rémunération peut augmenter parce que vous avez un certain nombre d’années d’ancienneté. Ou parce que vous occupez aujourd’hui une fonction plus élevée. Depuis 2009, l’âge n’est cependant plus un critère pour fixer une rémunération minimum.

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Les augmentations barémiques sont accordées automatiquement si vous répondez aux conditions convenues dans votre secteur ou votre entreprise. "Une entreprise peut toujours utiliser son propre système de rémunération, à condition toutefois qu’il soit plus favorable que ce qui a été convenu dans le secteur où elle opère", ajoute Veerle Verleyen.

Les employeurs voudraient toutefois se dégager de l’augmentation barémique, car elle rend les travailleurs plus âgés automatiquement plus chers. Xavier Baeten, expert en rémunérations à la Vlerick Business School, a calculé que là où un employé de 25 ans gagne 1 euro, celui de 55 ans obtient 1,62 euro pour la même fonction.

Avec un modèle de rémunération moins basé sur l’ancienneté, les employeurs pourraient sérieusement économiser sur les coûts salariaux. Les plus de 55 ans ne seraient par ailleurs plus hors de prix sur le marché du travail. Les employeurs préconisent donc un modèle où la rémunération fixe serait plafonnée à partir d’un certain âge et qui accorderait plus d’espace à la rémunération variable.

Mais ce point de vue laisse les syndicats circonspects. "Dans ce débat, les employeurs oublient de mentionner que les rémunérations n’augmentent plus, dans beaucoup de secteurs, une fois atteint le seuil de 23 années d’expérience en moyenne et que l’augmentation des barèmes sectoriels est un minimum absolu pour récompenser les compétences acquises", répond Veerle Verleyen.

La norme salariale

La norme salariale fixe le niveau d’augmentation des coûts salariaux dans le secteur privé. Elle est établie tous les 2 ans par les partenaires sociaux, c’est-à-dire les représentants des employeurs et des travailleurs. Cette marge maximale de hausse des salaires sert de point de départ pour les négociations salariales dans les différents secteurs et entreprises.

Dans un petit pays comme la Belgique, avec une économie ouverte, fort dépendante des exportations vers la France, les Pays-Bas et l’Allemagne, la norme salariale a toute sont importance. Si nos coûts salariaux progressent trop vite par rapport aux pays voisins, cela aura un impact négatif sur l’emploi.

Nouveau en octobre!

Grâce à l’accord sur la norme salariale conclu entre les partenaires sociaux, quelque 400.000 employés (qui ressortissent de la commission paritaire n°200) peuvent compter sur une augmentation salariale de 1,1% au 1er octobre 2017. Cette augmentation ne porte pas seulement sur le revenu minimum, mais aussi sur les rémunérations effectives de tous ces employés.

Concrètement, il a été convenu que les coûts salariaux ne pourraient pas augmenter cette année et l’année prochaine de plus de 1,1% par rapport à la période 2015-2016. Ce taux de 1,1% s’ajoute à l’indexation et aux augmentations barémiques, d’office garanties.

Dans le calcul de l’évolution maximum du coût salarial, plusieurs formes de rémunération ne sont cependant pas prises en compte. C’est le cas des participations bénéficiaires et du bonus qu’un employeur accorde ou non à ses travailleurs parce qu’ils ont atteint un objectif prédéfini et qu’on appelle le bonus non récurrent lié aux résultats.

Les syndicats voient de préférence cette marge d’augmentation accordée sous la forme d’une hausse de la rémunération brute. "Ce qui est important, c’est de sauvegarder la sécurité sociale", selon Veerle Verleyen. Mais les négociations peuvent aussi aboutir à l’octroi d’avantages extralégaux, qui contribuent moins au financement de la sécurité sociale.

L’augmentation individuelle

Rien ne vous empêche de demander une augmentation individuelle de votre rémunération, par exemple parce que vous vous êtes toujours donné à fond dans votre travail ou après une évaluation positive. Mais vous êtes dans ce cas soumis au bon vouloir de votre employeur. "Ce type d’augmentation n’est ni automatique, ni garantie, ni transparente, précise Veerle Verleyen. Même après une excellente évaluation, il est tout à fait possible que vous n’obteniez pas d’augmentation ou alors une augmentation symbolique, parce que le budget de l’employeur est limité."

Autre possibilité: vous entrez en ligne de compte pour un bonus, parce que vous affichez une excellente prestation. Mais attention: ce n’est pas parce que vous touchez un bonus cette année que vous pouvez compter dessus l’année suivante. Ce type de supplément n’est pas une augmentation de rémunération structurelle.

Selon Bart Buysse, les employeurs ont de toute façon intérêt à appliquer un système de rémunération qui soit reconnu par les travailleurs comme honnête et correct et qui ne soit donc pas arbitraire.

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