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Faut-il investir dans les obligations liées à l'inflation?

Le mois de mars a été fructueux pour les emprunts d'Etat US liés à l'inflation. Le taux d'inflation est il est vrai très bas. Est-il encore intéressant d'investir dans ces obligations? Faut-il craindre la déflation?
Inflation, déflation,
désinflation ... quelle
est la différence?

(mon argent) - Les obligations sont généralement considérées comme des investissements sûrs. A la condition cependant qu'elles soient émises en euro et que l'émetteur remplisse toutes ses obligations. En l'occurrence, il s'agit de tous les versements de coupons et du remboursement de la somme principale à l'échéance. Les détenteurs d'obligations connaissent en principe avec précision le montant qu'ils perçoivent sous la forme d'intérêts chaque année et le montant qui leur sera remboursé à l'échéance.

Cependant, les détenteurs d'obligations "classiques" pourraient bien être in fine moins riches à l'échéance que lors de l'émission. Imaginez que vous achetez une obligation pour le montant nominal de 10.000 euros. Elle a une durée de dix ans et offre un coupon de 4%. Si l'inflation s'élève au cours de la période considérée à 1%, l'investissement est intéressant. Le revenu réel ressort alors à 3%. En revanche, si l'inflation s'accélère au cours de la même période, à 5%, les investisseurs devront se contenter d'un taux d'intérêt réel négatif de 1%.

L'inflation comme fil rouge

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Le phénomène de dévaluation permanente de l'argent - par définition, l'inflation - apparaît et réapparaît sans cesse au fil de l'histoire économique. Naturellement, les périodes de haute et de basse inflation alternent. Ainsi les prix à la consommation (indicateur souvent utilisé pour jauger l'inflation) aux Etats-Unis ont-ils progressé en moyenne d'un peu plus de 3% sur une base annuelle au cours des 85 dernières années. Mais ce chiffre occulte des situations extrêmes. Les prix à la consommation ont par exemple chuté de plus de 10% en 1932 mais ont bondi de plus de 18% en 1946. Au cours des années suivantes, les hausses de prix ont été bien plus limitées. Dans les années 70, lors des deux crises pétrolières, c'est l'hyperinflation qui a dominé.

Le Belge ne s'intéresse pas à l'inflation. Et pourquoi s'y intéresserait-il d'ailleurs? Le Bureau Fédéral du Plan prévoit pour cette année cinq mois successifs d'inflation négative. L'inflation annuelle moyenne s'élèverait en 2009 à un demi-pourcent, soit un niveau dangereusement proche de l'inflation négative ou déflation. A titre de comparaison, l'an dernier, l'inflation s'élevait encore, sur une base annuelle, à plus de 4,5%.

Différences?

Contrairement à l'emprunt classique, l'obligation liée à l'inflation ne permet pas de connaître au préalable les "cash-flows" précis. En effet, lors de la plupart des émissions, les paiements d'intérêts comme le remboursement du capital nominal sont indexés sur la base de l'inflation. Conséquence: le taux d'intérêt facial est inférieur à celui d'un emprunt «ordinaire». En échange de cette rémunération théoriquement moins généreuse, l'investisseur a la certitude de recevoir un intérêt supérieur à l'inflation en termes réels. Les emprunts indexés se distinguent donc des obligations d'Etat ordinaires par le fait qu'outre un taux réel (coupon), ils versent aussi l'inflation réelle.

Les obligations liées à l'inflation permettent par ailleurs de deviner les attentes du marché en matière d'inflation. Il suffit pour cela de déduire le taux réel des obligations indexées du taux nominal sur les obligations d'Etat classiques. Le résultat est l'inflation attendue (break-even).

Quand la formule est-elle intéressante?

La plupart des émetteurs de ces emprunts sont des Etats auxquels ils procurent un certain nombre d'avantages. D'abord, ils réalisent une économie sur la prime de risque liée à l'inflation exigée sur les obligations classiques. Ensuite, ils peuvent réguler plus efficacement leur économie en faisant fluctuer les paiements d'intérêts en fonction de l'inflation. Pour l'Etat, l'émission de ce type d'emprunts est surtout intéressante lorsque l'inflation est déjà élevée et s'il y a des raisons de croire qu'elle baissera au cours de la période à venir. Dans ce contexte, l'Etat fait une "bonne affaire". Le coupon de l'obligation indexée sera inférieur (car il ne rémunère que le taux d'intérêt réel) à celui d'un emprunt conventionnel.

Les investisseurs particuliers, en revanche, ne sont pas favorisés par ce contexte. En période d'inflation négative en effet, le coupon est revu à la baisse. Heureusement, la plupart des obligations liées à l'inflation ont un "floor" (plancher); le coupon ne peut donc jamais être négatif. Même si la somme principale est toujours remboursée au pair (à 100%). En tant qu'investisseur particulier, vous feriez donc mieux d'acheter ce type d'obligations le plus vite possible après son émission. L'achat d'une obligation contenant déjà pas mal d'inflation passée revient en effet à prendre des risques inutiles (à moins bien sûr d'être convaincu que l'inflation ne peut qu'augmenter au cours de la période résiduelle). Idéalement, on achète ce type d'obligations lors de périodes de faible inflation. On ne paye alors pas de prime pour la protection contre l'inflation.

Profitez-en!

Si vous êtes à la recherche d'obligations liées à l'inflation, vous vous êtes peut-être déjà tourné vers les fonds. La plupart des grandes banques proposent en effet généralement au moins un fonds obligataire lié à l'inflation. Vous avez ainsi notamment le choix entre le Fortis L Fund Bond Inflation Linked euro (à capitalisation ou distribution), l'ING L Renta Fund Euro Inflation Linked (capitalisation) et le KBC Bonds Inflation Linked (à capitalisation ou distribution).

Si vous préférez les lignes individuelles, sachez que ce segment de marché est largement accessible aux particuliers. Les obligations françaises liées à l'inflation sont facilement disponibles. Pensons à l'emprunt d'Etat français lié à l'inflation offrant un coupon de 2,5% et arrivant à échéance le 25 juillet 2013. De même, l'obligation liée à l'inflation offrant un coupon de 1,6% (échéance le 25 juillet 2015) est assez populaire.

Investir dans l'inflation

Une baisse des prix à la consommation est prévue entre juin et octobre. Mais les analystes conseillent d'anticiper d'ores et déjà une hausse des prix. Investir dans l'inflation durant la déflation, donc. Mais pourquoi et comment? Découvrez le en lisant notre article. Les obligations ne sont pas la seule option d'investissement.

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