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4 Belges sur 10 n'ont pas assez pour survivre

On vante depuis des mois la formidable capacité du Belge à mobiliser son épargne pour faire face à la crise mais la thèse a du plomb dans l'aile. Voici pourquoi.

(mon argent) - Depuis le début de l’année, c’est la même rengaine qu’on assène. Le Belge épargne plus. Pourquoi ? A cause de la crise. Les lendemains qui déchantent incitent les Belges à plus grande prudence. A épargner par précaution. La preuve, a priori irréfutable le taux d’épargne des Belges qui atteignait 13,2% à la fin 2008, devrait grimper à près de 16% à la fin 2009, d’après la Banque nationale. Ce n’est pas tout: depuis la fin 2008, le compte d’épargne voit ses encours gonfler de manière significative. Les quelque 18 millions de comptes en Belgique abritent environ 180 milliards d’euros. Conclusion logique: le Belge épargne plus. Pourtant, d’après les résultats de notre enquête "Le Belge et son Argent", représentative de la population belge, quelques nuances doivent être apportées.

Le paradoxe

D’abord, 4 Belges sur 10 affirment qu’ils peuvent épargner moins de 100 euros par mois. Pire: 62% des 2.012 personnes sondées estiment que leur capacité d’épargne a diminué… Ce n’est pas tout: d’après les résultats de l’enquête, les Belges détiennent en moyenne une réserve financière de 5 mois pour faire face à des imprévus tels une perte de revenus ou un décès. Environ 1 Belge sur 5 a même moins d’un mois de salaire devant lui pour survivre. C’est vraiment trop peu, et cela conforte la thèse selon laquelle la capacité d’épargne d’une partie non négligeable de la population a été touchée par la crise. On admet généralement que la réserve financière (sous formes de liquidités) directement mobilisable doit se monter à au moins 6 mois. On est loin du compte. Plusieurs explications à ce paradoxe. 

Les raisons du paradoxe

  1. La dispersion de l’épargne. En gros, une partie restreinte de la population, plutôt nantie et qui n’a pas ou peu souffert de la crise, détient une part de plus en plus importante des dépôts. Surtout que les ventes d’actifs plus risqués qu’ils avaient davantage en main avant que la crise n’éclate ont été relogés dans des produits hautement sécurisés tels que le livret. "La composition de l’épargne est effectivement répartie de manière peu uniforme entre les revenus plus faibles et plus élevés. Cette différence a un poids non négligeable", confirme Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ING.

  2. Les flux financiers ont profité au livret d’épargne, ce qui conforte la perception que l’épargne a grimpé. En réalité, la vente des fonds, d’actions et autres titres plus risqués s’est faite ces 12 derniers mois, au profit du compte d’épargne. En d’autres termes, le compte d’épargne n’a pas toujours attiré de l’argent frais.

  3. La définition du taux d’épargne. On a coutume de penser que ce qui n’est pas dépensé est épargné, mais une série de facteurs peuvent influencer la capacité d’épargne. Les dépenses lourdes de rénovation et les remboursements de dettes (hypothécaires) sont une forme d’épargne, officiellement. Mais ces formes d’investissement ne sont pas prises en compte par monsieur tout le monde à l’heure de jauger leur capacité d’épargner.

La dispersion de l’épargne. En gros, une partie restreinte de la population, plutôt nantie et qui n’a pas ou peu souffert de la crise, détient une part de plus en plus importante des dépôts. Surtout que les ventes d’actifs plus risqués qu’ils avaient davantage en main avant que la crise n’éclate ont été relogés dans des produits hautement sécurisés tels que le livret. "La composition de l’épargne est effectivement répartie de manière peu uniforme entre les revenus plus faibles et plus élevés. Cette différence a un poids non négligeable", confirme Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ING.

Les flux financiers ont profité au livret d’épargne, ce qui conforte la perception que l’épargne a grimpé. En réalité, la vente des fonds, d’actions et autres titres plus risqués s’est faite ces 12 derniers mois, au profit du compte d’épargne. En d’autres termes, le compte d’épargne n’a pas toujours attiré de l’argent frais.

La définition du taux d’épargne. On a coutume de penser que ce qui n’est pas dépensé est épargné, mais une série de facteurs peuvent influencer la capacité d’épargne. Les dépenses lourdes de rénovation et les remboursements de dettes (hypothécaires) sont une forme d’épargne, officiellement. Mais ces formes d’investissement ne sont pas prises en compte par monsieur tout le monde à l’heure de jauger leur capacité d’épargner.

Samedi 31/10 dans Mon argent, le magazine gratuit de L'Echo

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