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Comment résistez-vous à la crise bancaire?

L'année dernière, les banques ont du faire face à de nombreux coups durs. Et leurs clients aussi. Comment ont-ils réagi à la crise bancaire? Et comment pouvez-vous changer de banque?

(mon argent) - Il y a un peu plus d'un an, la crise bancaire envoyait une onde de choc dans le paysage bancaire dont les répliques sont encore dans toutes les mémoires. L'impensable s'était produit: au bord du gouffre, les grandes banques n'ont dû leur salut qu'à l'intervention des pouvoirs publics. Les organismes financiers de plus petite envergure n'ont pas non plus échappé à la crise: souvenons-nous notamment de Kaupthing, qui n'a pas survécu à une année financière 2008 décidément dramatique.

Il ne faut dès lors pas s’étonner si les banques n’inspirent plus confiance. Sur une échelle de 1  à 10, la confiance du Belge moyen dans son banquier fluctue désormais autour de 6,5 pour les banques en général. Et elle ne dépasse pas 5 lorsqu’on  se concentre sur les banques en ligne, alors qu’avec une moyenne de 4, le Belge se montre plutôt méfiant face aux marchés financiers et aux pouvoirs publics.

La confiance dans le secteur financier a donc été ébranlée. Pourtant, les Belges ne se sont pas massivement détournés des grandes banques, malgré l’avalanche de critiques dont elles ont fait l’objet dans les articles consacrés aux aides d’État. Quelque 75 % des Belges présentent toujours une des quatre grandes banques traditionnelles comme leur banque principale. Ce rôle revient à un organisme financier de taille inférieure chez 26 % des personnes interrogées, alors que les banques en ligne ne sont citées que par 1 % des Belges. Leur position sur le marché du crédit hypothécaire n’est sans doute pas étrangère à la fidélité des clients à l’égard des grandes banques. « Ceux qui recherchent un emprunt pour une habitation se trouvent à un moment charnière de leur vie. Dans cette position, on n’accepte pas la proposition de son banquier les yeux fermés : on compare les offres de différents organismes. Mais après cette tournée exploratoire, de nombreuses personnes reviennent à leur banquier en lui demandant de faire mieux que la concurrence. Et ce dernier accède généralement à cette demande », explique Hans Mariën, porte-parole de la Deutsche Bank. « Les emprunts hypothécaires sont l’un des principaux outils de fidélisation des clients. »

Répartir son épargne entre plusieurs banques

La crise bancaire n’a-t-elle donc eu aucun impact sur le comportement des clients ? Si, bien entendu. Lorsque la crise bancaire a éclaté, la protection de l’épargne est devenue une préoccupation majeure. De nombreux clients ont alors cherché leur salut auprès d’une autre institution bancaire. « Pendant la crise bancaire, nous avons nous aussi reçu des clients potentiels désireux de quitter leur grande banque uniquement par peur. À l’époque, nous avons insisté sur le fait que ce n’était pas une bonne raison pour changer de banque. De toute manière, les avoirs d’épargne placés auprès d’une banque belge sont garantis à concurrence de 100.000 euros, et sur ce plan, il n’y a aucune différence entre les quatre grandes banques belges et les organismes de moindre envergure », note H. Mariën. « Que les clients se soient lancés à la recherche d’une nouvelle banque ne signifie d’ailleurs pas qu’ils ont dit adieu à leur ancienne banque. Souvent, il s’agissait surtout de mieux répartir leur épargne sur plusieurs organismes financiers. »

Les « petites » banques semblent en tout cas avoir légèrement profité de cette volonté de diversifier les avoirs. Avant la crise, 57% des comptes ouverts l’étaient auprès d’une grande banque. Les petites banques représentaient 38 % des nouveaux comptes, et les banques en ligne, 5 %. Depuis la crise, la situation est très différente. Exactement la moitié des nouveaux comptes sont ouverts auprès d’une grande banque (-7 %). Les bandes de moindre envergure prennent à leur compte 47 % des ouvertures de comptes (+19 %) et, plus étonnant, la part des banques en ligne a baissé à 3 %.

Effet Kaupthing

Les banques en ligne ont dû donc elles aussi vu le nombre de nouveaux clients se réduire après la crise. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par la déroute de Kaupthing. La banque d’origine islandaise qui se profilait essentiellement par des taux d’intérêt élevés sur les comptes d’épargne a connu de sérieux problèmes durant la crise. Et il est possible que ses déboires aient marqué de nombreux épargnants et accru leur méfiance par rapport aux organismes en ligne les plus agressifs. « Aujourd’hui, de nombreux épargnants ne se contentent plus de comparer les taux d’intérêt proposés. De plus, les Belges restent assez réticents face aux banques exclusivement en ligne. Ils ont souvent besoin de conseils et aiment avoir quelqu’un à qui parler de leur situation financière. Ils veulent un endroit où se rendre en cas de problème, un point de repère. Autant de petits détails qu’ils ne trouvent pas auprès des banques exclusivement en ligne. », dit Mariën.

Plus facile de changer de banque

Par le passé, ce n’était pas toujours une sinécure de changer de banque. La situation s’était un peu améliorée depuis 2004, avec la possibilité de télécharger un dossier de changement de banque sur le site Web de la Febelfin, la Fédération du secteur financier. Celui-ci comprenait plusieurs listes, dont la liste des personnes et des organismes qui effectuaient les paiements sur votre ancien compte, des domiciliations existantes, des cartes de paiement existantes, des fonctions de paiement… Une fois ces données complétées, vous remettiez le dossier à votre futur ex-banquier, qui pouvait alors organiser le transfert du compte à la nouvelle banque. Ensuite, vous receviez un nouveau numéro de compte que vous deviez communiquer à l’ancien banquier.

À partir du 1er novembre, cette procédure sera supprimée. Désormais, le client ne devra plus intervenir lui-même s’il souhaite changer de banque. De plus, les banques assureront gratuitement le transfert des domiciliations, des virements avec date mémo et des ordres permanents, ainsi que – si le client le demande – la liquidation de l’ancien compte.

Dans la pratique, l’ancienne banque aura sept jours à compter de la demande de la nouvelle banque pour lui communiquer les ordres de virement permanents et les domiciliations. La nouvelle banque aura alors sept jours pour les activer. De cette façon, les ordres de paiement pourront se poursuivre sans interruption. Ensuite, la nouvelle banque informera les créanciers du nouveau numéro de compte. Pour le consommateur, toute la procédure sera gratuite. Le changement de banque devrait ainsi être finalisé dans les 18 jours bancaires. À partir du 1er octobre 2010, ce délai devrait même être réduit à 8 jours.

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