Une personne sur trois achète une auto à crédit

©Thomas De Boever

Le nombre de crédits auto ne cesse d’augmenter. L’an dernier, 192.000 nouvelles voitures ont été financées grâce à un prêt.

Avec les taux inférieurs à 1%, emprunter pour acheter une voiture n’a jamais été aussi avantageux. Ces conditions favorables poussent de plus d’automobilistes à se tourner vers le crédit auto. Les chiffres de l’Union Professionnelle du Crédit révèlent que l’an dernier, 192.000 voitures ont été achetées via un prêt à tempérament.

Il est également possible d’emprunter pour acheter une voiture d’occasion, mais les conditions sont moins favorables si le véhicule a plus de deux ou trois ans. L’an dernier, 107.000 voitures d’occasion ont été achetées à crédit. Comme en témoignent ces chiffres, les crédits auto ont clairement le vent en poupe: depuis 2013, on enregistre une hausse de 14%, et pour les voitures d’occasion, elle est proche de 13%.

Le nombre de crédits n’est pas le seul à augmenter: les montants empruntés suivent la même voie. Par exemple, BNP Paribas Fortis a accordé des crédits auto se montant en moyenne à 17.971 euros par dossier en 2017, contre 15.233 euros en 2015. Le montant emprunté est indirectement proportionnel à l’âge de la voiture. Chez ING par exemple, les crédits souscrits pour l’achat d’un nouveau véhicule se montaient en moyenne à 19.159 euros, et 17.492 euros pour une voiture de seconde main de moins de deux ans, et à 9.871 euros pour les autres voitures d’occasion. D’après une enquête de Wikifin.be réalisée dans le cadre de la Semaine de l’Argent, les remboursements se montent en moyenne à 463 euros par mois (crédits auto + moto).

Avec les taux bas, un emprunt peut se révéler intéressant, même pour ceux qui peuvent payer leur voiture cash. L’enquête de Wikifin.be indique également que davantage de ménages à hauts revenus (soit plus de 3.000 euros par mois) empruntent pour financer leur voiture (44%) que de ménages à faibles revenus (25%). Ces crédits permettent aux emprunteurs de conserver un matelas financier pour des dépenses imprévues, sans oublier qu’il est possible de déduire fiscalement une partie des intérêts payés (lire plus bas) et d’obtenir un rendement plus élevé en investissant son argent. En moyenne, 37% des Belges ont (déjà) souscrit un crédit auto, contre 49% pour l’achat d’une habitation, le seul emprunt plus populaire que le crédit auto.

©Mediafin

Deux canaux

Il est bien entendu possible de s’adresser à son banquier pour obtenir un financement, mais d’autres canaux sont également possibles. "La plupart des constructeurs automobiles proposent des services de financement qui font d’ailleurs partie de leurs arguments commerciaux. Ils appliquent généralement des taux d’intérêts inférieurs à ceux des banques", explique Philippe Decrock de Traxio la fédération du secteur automobile et des secteurs connexes (anciennement Federauto). Certains concessionnaires proposent même des crédits à 0%. Parmi les institutions financières classiques, la meilleure offre est aujourd’hui celle de la banque de niche Beobank, avec un taux historiquement bas de 0,65%. Mais attention, le taux n’est pas tout.

"Un crédit (presque) gratuit offert par une marque automobile signifie souvent que vous devez sacrifier tout ou partie de la réduction de prix généralement accordée sur le prix de vente de votre nouvelle voiture. Par ailleurs, le vendeur sera moins généreux avec les options gratuites ou reprendra votre ancien véhicule à des conditions moins avantageuses. Dans un scénario idéal, il vaut mieux négocier d’abord le prix du véhicule et les éventuelles options gratuites avant de commencer à comparer les taux des différents crédits", conseille Philippe Decrock.

Les crédits auto présentent un pourcentage de défauts de paiement parmi les plus bas des crédits à la consommation. En cas de défaut de paiement, la voiture peut être confisquée par le créancier. Ceux qui ne veulent courir aucun risque peuvent lier à leur crédit une assurance solde restant dû qui pourra les protéger en cas de décès, maladie grave, incapacité de travail et/ou perte d’emploi.

Option : le crédit auto classique

La grande majorité des crédits auto sont des prêts à tempérament, qui sont proposés à la fois par les institutions financières et les constructeurs. Cette formule implique généralement que vous remboursiez tous les mois le même montant pendant une période prédéterminée. "Les crédits auto proposés par les garagistes et les constructeurs sont généralement de plus courte durée que les crédits bancaires. La durée maximale d’un prêt à 0% est de 60 mois", indique Philippe Decrock, de Traxio (ex-Federauto). De nombreuses banques proposent des crédits pouvant aller jusqu’à 120 mois. Il y a néanmoins certaines restrictions légales: par exemple, les montants jusqu’à 10.000 euros doivent impérativement être remboursés en 48 mois maximum. Les taux dépendent de plusieurs facteurs: >

  • Véhicule neuf ou d’occasion

Les voitures neuves bénéficient des meilleurs taux. Dans certaines banques, les voitures de moins de 2 ou 3 ans sont considérées comme des véhicules neufs. Il est plus cher d’emprunter pour acheter une voiture d’occasion, car leur durée de vie est plus courte. Par exemple, Belfius applique un taux de 0,85% pour une voiture neuve et de 3,90% pour une voiture de 3 ans ou plus.

  • Véhicules moins polluants

Certaines banques proposent des taux préférentiels pour les voitures "écologiques", comme les hybrides ou les voitures à essence ou diesel dont les émissions de CO2 sont limitées.

  • Plus de 100%

La plupart des banques vous autorisent à emprunter plus de 100% (souvent jusqu’à 120%) de la facture d’achat, ce qui permet de couvrir les premiers frais liés à la voiture, comme la taxe de mise en circulation et l’assurance.

  • Acompte

Il est souvent possible d’emprunter la totalité du prix d’achat auprès d’un concessionnaire, à condition de payer un acompte.

Option 2: Financement avec valeur résiduelle

Cette formule de crédit auto vous permet de ne rembourser qu’une partie du capital emprunté. Les mensualités sont moins élevées, mais à l’échéance du crédit, vous devez rembourser le solde dû. Cette formule - moins courante - n’est pas proposée dans toutes les institutions financières.

Le capital restant peut-être remboursé en cash.

"Généralement, l’automobiliste vend sa voiture à la fin du crédit et utilise le produit de la vente pour rembourser le solde de son crédit, explique Philippe Decrock, de Traxio. Dans les simulations, on tient compte de la valeur résiduelle de la voiture, qui varie entre 25 et 55% du prix d’achat."

Certains crédits prévoient des limites d’utilisation comme un nombre maximum de kilomètres parcourus.

Déductibilité totale des intérêts payés

Vous n’êtes pas taxé sur la totalité de vos revenus professionnels: vous pouvez en effet déduire de ces revenus les frais engagés pour acquérir ou conserver ces revenus. Tout le monde a droit à des frais forfaitaires, mais il est également possible de déclarer les "frais réels". "La partie des intérêts portant sur l’usage professionnel de la voiture peut être entièrement déduite, contrairement aux autres frais dont la déductibilité est limitée, explique Jef Wellens, fiscaliste chez Wolters Kluwer. Le crédit auto ne doit pas répondre à des conditions spécifiques. Il suffit que les intérêts soient conformes au marché."

Attention cependant: vous ne pouvez pas déduire les remboursements mensuels. Vous devez faire la distinction entre le capital remboursé et les intérêts. Seuls ces derniers bénéficient de l’avantage fiscal.

  • Déplacements domicile-lieu de travail

Même si vous déclarez vos frais réels, vous devez appliquer un forfait de 15 cents/km pour les trajets entre votre domicile et votre lieu de travail. Ce forfait comprend tous les frais directs et indirects liés à votre voiture: amortissement, assurance, taxes, location d’un garage, carburant, entretien, parking, etc. Mais les intérêts payés sur un crédit auto ne sont pas compris dans le forfait. Vous pouvez ajouter aux 15 cents/km la partie des intérêts qui porte sur l’usage professionnel de votre voiture.

  • Déplacements professionnels

 Vous utilisez votre voiture pour aller voir des clients ou pour suivre des formations à l’extérieur de votre entreprise? Pour ces kilomètres professionnels, vous pouvez déduire vos frais réels d’amortissement, d’assurance, de taxe, de garage, d’entretien, de car wash, de parking, etc. à concurrence d’un certain pourcentage. "La déductibilité dépend des émissions de CO2 de la voiture et oscille entre 50 et 100%. Pour les voitures mises en circulation avant 2018, ce pourcentage se situe entre 75 et 100%, et pour les voitures électriques, il peut même se monter à 120%. Les frais de carburant peuvent également être déduits à concurrence de 75%, poursuit Jeff Wellens. Ce plafond ne concerne pas les intérêts, qui peuvent être entièrement déduits."

  • Exemple

Sophie a souscrit un crédit auto au taux de 0,65% auprès de Beobank pour financer sa nouvelle voiture. Elle emprunte 25.000 euros pour une durée de 48 mois. Elle rembourse chaque mois 527,75 euros à la banque. Elle paie des intérêts annuels de 83 euros. Sophie parcourt 25.000 km par an, dont 10.000 km pour des déplacements privés. Combien peut-elle récupérer de son crédit auto si elle déclare ses frais professionnels réels?

Seule la partie professionnelle des intérêts peut être prise en compte, c’est-à-dire 15.000 des 25.000 km parcourus, soit: 83 euros x 15.000/25.000 =49,80 euros. Vu que Sophie est taxée au taux marginal de 50%, la déclaration des intérêts lui apporte un avantage fiscal de 49,80 x 50% =24,9 euros.


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