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Pensionné ne doit pas rimer avec ruiné...

À l’âge de la retraite, la pension légale remplace le salaire mensuel et les avantages extra-légaux… mais pas dans les mêmes proportions! Quel sera alors votre budget? Quelles sont les ressources complémentaires qui permettent alors de conserver son niveau de vie?
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Après avoir travaillé près de 38 ans au service du même employeur, Didier vient tout juste de prendre sa retraite à 63 ans. La pension légale remplace dé-sormais son salaire mensuel. Remplace? Pas vraiment! Peu importe le nombre d'années prestées, son montant est d'office inférieur à celui de son dernier salaire. Par ailleurs, toute pension est plafonnée: pour un isolé, le montant brut maximal mensuel s'élève à 2.144,95 euros.

Donc, même si Didier a eu un salaire élevé, son pouvoir d'achat risque d'être fameusement entamé s'il compte uniquement sur sa pension légale pour vivre. Surtout qu'il disposait d'un package salarial conséquent: voiture de société, carte essence, smartphone, abonnement mobile, ordinateur portable, connexion internet, chèques-repas et assurance hospitalisation. La perte de ces avantages affectera donc sensiblement son pouvoir d'achat. En effet, Didier devra désormais prendre ces frais à sa charge (en tout ou partie, en fonction de ses besoins).

S'agissant de frais, d'autres postes de son budget risquent d'augmenter sensiblement. Notamment ceux liés à l'énergie puisqu'une fois pensionné, Didier sera probablement davantage chez lui. Mais aussi, les frais liés à ses loisirs (il devra occuper une partie de son temps libre) et surtout, ses dépenses de santé. À l'inverse, il pourra réduire certaines dépenses en effectuant lui-même quelques petits travaux, comme l'entretien de son jardin, le ménage ou le repassage, au lieu d'utiliser des titres-services.

Des rentrées d'argent

Prévoyant, Didier cotise depuis plusieurs années à une épargne-pension. Et il préfère continuer à effectuer des versements jusqu'à ses 65 ans avant d'y toucher (voir encadré). Heureusement pour lui, il a récemment payé les dernières traites de son emprunt hypothécaire et il vient de percevoir le capital unique de son assurance groupe. Enfin, à l'instar de nombreux Belges, il a amassé un certain montant sur son compte d'épargne.
Malgré ce beau patrimoine, il a pourtant du mal à trouver le sommeil. Il n'est pas certain que ses ressources financières suffiront pour assurer son bien-être et garder un niveau de vie relativement confortable. Il ne sait pas non plus comment il doit gérer le capital de son assurance groupe. Doit-il s'en servir de temps à autre pour combler les éventuels trous dans son budget mensuel ou doit-il le placer dans un produit financier et vivre de ses rentes?

"Mind the gap"

Didier n'a pas le choix: s'il veut pouvoir prendre des décisions financières en toute connaissance de cause (et retrouver le sommeil), il doit planifier au plus vite son avenir financier. Comment s'y prendre?

Dans un premier temps, il convient de définir 5 paramètres:

1. Le standard de vie

Il faut pour cela répondre à la question suivante: quels sont mes besoins et les dépenses qui y sont associées? Techniquement, il suffit de recenser l'ensemble des frais que l'on a (assurances, vêtements, logement, alimentation, télécommunications, véhicule, santé, etc.). Afin de mieux refléter la réalité, cet exercice doit idéalement porter sur une année complète. En effet, certaines primes d'assurances sont annuelles et en matière d'énergie par exemple, les dépenses sont souvent plus élevées en hiver qu'en été.
Pour se faciliter la tâche, on peut utiliser une série d'outils dont le fichier "budget" au format Excel de Mon Argent (http://monargent.lecho.be/tools) ou le simulateur de MySavings, un site d'informations et de conseils en pension, en épargne et en produits d'investissement (www.mysavings.be).

Didier souhaite idéalement disposer de 2.600 euros par mois pour assurer ses besoins.

2. La provenance des revenus

Il s'agit de la pension légale, de l'assurance de groupe, d'un éventuel loyer, de l'épargne-pension, de l'épargne, d'un salaire d'appoint, une part d'héritage, etc.

Grâce à sa pension légale, Didier sait qu'il peut compter chaque mois sur un revenu de 1.600 euros. À ce stade, il ne sait par contre pas encore comment répartir ou investir l'argent de son assurance de groupe, de son épargne-pension, etc. Il ignore également s'il va devoir louer une partie de son bien immobilier pour s'assurer un revenu complémentaire.

3. Le "gap"

La différence entre les rentrées et les sorties d'argent définies dans les deux premiers points ci-dessus constitue le "gap" budgétaire, c'est-à-dire l'écart.

Didier a besoin chaque mois de 1.000 euros supplémentaires.

4. L'espérance de vie

Combien de temps allez-vous encore vivre? Personne ne peut répondre à cette question. Il faut donc se baser sur des moyennes. En Belgique, l'espérance de vie d'un homme est de 77,8 ans. Par conséquent, à l'âge légal de la pension
(65 ans), un homme peut espérer encore vivre au moins 13 ans. Pour une femme, l'espérance de vie est un peu plus élevée et s'établit à 82,9 ans. Il lui reste donc encore au moins 18 ans à vivre.

Pour l'exemple, Didier peut encore espérer vivre au moins 15 ans.

5. Le capital nécessaire

Pour déterminer le montant total nécessaire pour combler le "gap", il suffit de multiplier le gap annuel par le nombre d'années de vie restantes.

Didier doit donc "trouver" chaque année 12.000 euros (gap annuel). Et sur une période de 15 ans, cela correspond à un montant de 180.000 euros.

Désormais, Didier y voit déjà un peu plus clair dans son budget. Il sait aussi qu'il devra trouver une solution pour dégager au moins 180.000 euros de son patrimoine. Mais il ne faut pas rêver: "Aujourd'hui, on ne vit plus de ses intérêts", prévient un planificateur financier, spécialiste des pensions, du site MySavings. En effet, les produits financiers ont évolué. Leurs taux d'intérêts sont de plus en plus faibles et ils sont de moins en moins nombreux à distribuer une rente vu que c'est fiscalement désavantageux."

Une part pour 8 ans

L'expert conseille donc de considérer son patrimoine comme un gâteau. Didier sait par exemple que l'ensemble de sa fortune, bien immobilier compris, vaut environ 500.000 euros.
Le planificateur financier recommande également de faire un plan sur 8 à 10 ans. "Un plan sur un an n'en est pas un. Et pour quelqu'un qui a 65 ans, un plan sur 20 ans, c'est un peu trop."

Didier doit donc trouver 96.000 euros pour combler ses besoins au cours des 8 prochaines années (8 x 12.000 euros), soit environ un cinquième de son patrimoine. "Au lieu de chercher à vivre de ses intérêts, Didier doit prendre une part de son gâteau et la mettre sur un carnet d'épargne séparé ou dans un produit financier qui lui assure une rente en mangeant le capital. Pendant ce laps de temps, les 4 autres parts de son gâteau continueront à fructifier. Il n'aura pas besoin d'y toucher pour assurer ses besoins".

Pour rassembler ces 96.000 euros, Didier doit décider s'il va puiser partiellement dans son assurance de groupe, dans son épargne-pension ou vendre son bien immobilier.

Tranquillité d'esprit

L'expert estime qu'un pensionné qui établit un tel plan est rassuré pour les prochaines années. Il sait qu'il comble le trou de son budget avec une part de son patrimoine. Il peut dès lors prendre des décisions financières relatives aux parts restantes et faire différents types de placements: soit dans des produits financiers à rendement fixe (branche 21, obligations, bons de caisse, carnet d'épargne), soit dans l'immobilier ou soit dans des produits contenant une certaine dose de risque mais où les rendements peuvent être plus élevés (bourse, produit d'assurance-vie de la branche 23). "Idéalement, il faut un mix des trois afin de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Ceci dit, si un retraité à un profil d'investisseur défensif, il vaut mieux qu'il se limite aux produits à rendements fixes".

Mais comment savoir dans quels produits investir? Didier a le choix. Il peut se faire aider et recevoir des conseils d'un banquier ou d'un planificateur financier. "Mais soyez attentif au fait que la personne qui vous conseille vous propose différents produits d'investissements. De cette façon, vous aurez la possibilité de comparer et d'opter pour la solution d'investissement qui vous convient le mieux tout en vous garantissant le meilleur rendement", conclut l'expert.

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