"À bientôt 25 ans, dois-je de préférence investir dans l'immobilier ou commencer l'épargne-pension?"

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"À bientôt 25 ans, je m’interroge sur la manière de prendre une longueur d’avance sur les imprévus de la vie. Partons du postulat que je peux investir 150 euros par mois dans du long terme. Vaut-il mieux faire 50/50 entre une pension complémentaire et un fonds à 5 ans, en vue de me constituer le capital de base pour un achat immobilier, ou tout consacrer à l’immobilier et commencer l’épargne-pension une fois le bien immobilier acquis, soit vers 30-35 ans?"

À côté des plans de pension dits du deuxième pilier, à l’initiative des employeurs (assurance groupe ou fonds de pension), tout le monde a la possibilité de se constituer un troisième pilier de pension à titre individuel en bénéficiant d’un incitant fiscal, via une épargne-pension ou l’épargne à long terme.

Dans le cadre de l’épargne-pension, vous pouvez verser en 2019 soit un maximum de 980 euros par an (déductible à 30%), soit un maximum de 1.260 euros par an (déductible à 25%) dans un produit spécifiquement destiné à la pension.

Dans le cadre de l’épargne à long terme, vous pouvez verser en 2019  un maximum de 2.350 euros par an (selon vos revenus) et vous récupérerez en moyenne 32% via vos impôts.

Voici ce que suggère Corentin Minne, cofondateur de Pareto Financial Planning. "Il s’agit de deux formules très avantageuses puisque vous pouvez y investir l’intégralité de votre épargne et qu’elles vous assurent un rendement, ne fût-ce que grâce à l’avantage fiscal dont elles bénéficient. Si vous investissez dans un placement garanti (sans risque) et en tenant compte de l’avantage fiscal, votre rendement s’élèvera environ à 4% par an. Et il pourrait même s’avérer bien meilleur si vous optez pour des placements dynamiques, ce qui semble bien plus intéressant dans votre cas, étant donné votre jeune âge, souligne le planificateur financier. En versant une prime mensuelle, vous étalez vos investissements et vous limitez le risque d’entrer à un mauvais moment sur les marchés financiers", ajoute-t-il.

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Démonstration avec l’exemple de trois fonds (le tableau ci-contre illustre l’évolution mensuelle de la valeur des parts dans chacun des fonds).

  • Dans le fonds A, le cours (valeur d’une part dans le fonds) augmente en continu et termine l’année sur une hausse de 30%.
  • Dans le fonds B, le cours fluctue à la hausse et à la baisse et au terme de 12 mois, sa valeur est inchangée.
  • Dans le fonds C, le cours fluctue et termine l’année 20% plus bas qu’à ses débuts.

"A priori, tout le monde choisirait d’investir dans le fonds A, pensant intuitivement qu’il est le plus intéressant. Or, ce n’est pas le cas". Voici pourquoi.

Imaginons que vous investissez 1.000 euros par mois. En janvier, la valeur d’une part dans chacun des trois fonds est de 10. Vous obtenez donc 100 parts. En février, la valeur d’une part reste de 10 dans le fonds A (vous en obtenez donc toujours 100), mais dans les fonds B et C, la valeur est tombée à 9. Vous obtenez donc 111 parts. Et ainsi de suite, suivant la même logique, pour 1.000 euros investis, vous recevrez plus ou moins de parts, selon leur valeur. En fin d’année, il vous restera à multiplier le nombre total des parts par leur valeur "actuelle" pour faire le bilan.

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Selon les calculs de Corentin Minne, cela donne ceci:

  • "En versant dans le fonds A, vous auriez obtenu 1.040,45 parts, chacune ayant en décembre une valeur de 13 euros, soit une valeur totale de 13.525,89 euros, ce qui équivaut à un rendement annuel de 12,72%."
  • "En versant dans le fonds B, vous auriez obtenu 1.366,67 parts, chacune ayant une valeur de 10 euros en décembre, soit une valeur totale de 13.666,7 euros, ce qui équivaut à un rendement annuel de 13,89%."
  • "En versant dans le fonds C, vous auriez obtenu 1.771,83 parts, chacune ayant une valeur de 8 euros en décembre, soit une valeur totale de 14.174,50 euros, ce qui équivaut à un rendement annuel de 18,12%."

"Le rendement le plus élevé est obtenu par le fonds dont, non seulement la volatilité est la plus importante, mais également dont la valeur a diminué de 20% après un an", observe le planificateur financier.

Enfin, "l’immobilier est bien entendu une piste qui peut potentiellement être encore plus intéressante, vu l’effet de levier créé par les fonds empruntés. Cependant, le taux d’intérêt d’emprunt, le bien immobilier (à louer ou à occuper personnellement) et le prix d’achat sont certainement des aspects essentiels à analyser soigneusement avant de vous lancer. En effet, si vous deviez ne plus être capable de rembourser le crédit, la banque pourrait toujours saisir votre bien et forcer la vente, ce qui réduirait à néant vos efforts financiers. Il est donc essentiel de faire ses calculs." 

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