Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

"Quand on a mérité sa pension, qu'on la touche et qu'on fasse ce qu'on veut!"

Christine Lhoste, juriste de formation, est la nouvelle secrétaire générale de l’Union des classes moyennes. Fille et épouse d’indépendant, elle est viscéralement attachée à la défense de ceux qui travaillent sous ce statut, et elle mesure bien la valeur de l’argent.
©Dieter Telemans

1. Vous avez un emploi du temps chargé. Quels sont les services pour lesquels vous êtes prête à mettre le prix pour vous simplifier la vie et vous faire gagner du temps?

Je travaille en effet beaucoup. Quand j’ai du temps libre, je veux en priorité être disponible pour mes enfants, qui ont 7 et 9 ans. J’utilise donc les titres-services, pour réduire les tâches ménagères. Je commande également mes courses alimentaires par internet.

2. Parlez-vous d’argent en famille?

Pas souvent, mais ce n’est pas non plus un sujet tabou. Nous avons d’ailleurs commencé à donner un tout petit peu d’argent de poche aux enfants. C’est l’occasion de leur apprendre à gérer, à mettre de côté, à connaître la valeur des choses.

3. Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépensez sans compter, ou à l’inverse, pour lesquelles vous ne donnez pas un euro?

Je ne jette jamais l’argent par les fenêtres. Il m’arrive de ne pas regarder à la dépense quand c’est pour faire plaisir. Par exemple, si j’invite des amis ou si j’organise une fête d’anniversaire, mon seul but est de passer un moment agréable sans me préoccuper de l’addition.

4. Remplissez-vous votre déclaration fiscale vous-mêmes?

Plus maintenant. Mon mari est indépendant et c’est un comptable qui établit notre déclaration. Je l’ai fait pendant des années et c’était une punition. Je le faisais toujours en dernière minute.

5. Préparez-vous déjà votre pension?

Oui. Je suis très sensibilisée à la question des pensions et je sais que le système actuel ne pourra pas tenir sans être profondément réformé. Sinon, nous allons faire peser un poids terrible sur nos enfants. J’ai donc souscrit aux assurances complémentaires dans les limites légales.

6. Souhaiteriez-vous continuer à travailler après votre retraite?

Aujourd’hui, je vous dirais oui. Mais je ne sais pas dans quel état d’esprit je serai quand j’arriverai à la retraite. En tout cas, une chose est sûre: je veux avoir la liberté de choix, la liberté de travailler ou de ne pas travailler. Les plafonds de revenus, même s’ils ont été relevés et partiellement supprimés, sont une aberration. Quand on a mérité sa pension, qu’on la touche et qu’on fasse ce qu’on veut! À 65 ans, on a encore presque vingt ans d’espérance de vie: on n’est pas vieux!

7. Aimez-vous le luxe (voyages, restaurants, hôtels)?

Franchement, ça ne me fascine pas. J’aime le confort, oui. Et encore… En vacances, je préfère de loin aller découvrir un paysage en montagne et faire des randonnées que de passer mes journées au bord de la piscine d’un cinq étoiles.

8. L’argent occupe-t-il une place importante dans votre carrière?

Absolument pas. Les choix que j’ai posés n’ont jamais été guidés par des arrière-pensées financières. Ce qui m’intéresse, c’est la fonction, le rôle que je peux jouer, ce que je peux apporter à la société, aux indépendants et entrepreneurs en particulier, qui méritent amplement d’être soutenus.

9. La crise a-t-elle eu un impact sur vos finances?

Pas vraiment. J’ai gardé ma rémunération et je n’ai aucun placement boursier ou à risque qui aurait pu subir une dévaluation. Mon mari est indépendant. Nous avons donc mis un peu d’argent de côté en cas de coup dur, mais sur un compte épargne pour la disponibilité.

10. Quelle est la principale leçon d’argent que vos parents vous ont transmise?

Mes parents sont indépendants et ont dû travailler pour payer leurs études. Ils ont toujours travaillé comme des fous. Moi, je n’ai jamais manqué de rien mais j’ai toujours eu conscience que j’étais une privilégiée. Je leur suis très reconnaissante de m’avoir offert ce cadre de vie, des études, des formations… Ils m’ont plus qu’appris, ils m’ont injecté dans les veines que l’argent ne tombe pas du ciel. C’est le fruit du travail et d’efforts. L’argent a une valeur et s’il ne fait pas le bonheur, il doit pouvoir y contribuer sans constituer une fin en soi.

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