Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
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"La qualité a un prix", Bernard Clerfayt

Vice-président du FDF et bourgmestre de Schaerbeek depuis 2011, Bernard Clerfayt a auparavant été Secrétaire d’État, chargé entre autres de la fraude fiscale et de la fiscalité environnementale. Sur le plan privé, il avoue cultiver une certaine pudeur face à l’argent.
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©Thierry du Bois

1. La réalité de votre travail quotidien de bourgmestre a-t-elle modifié votre perception des questions d’argent?

Les budgets que je manipule dans le cadre de ma fonction sont évidemment sans commune mesure avec ceux qui relèvent de mes finances privées. Et il est certain que la compréhension des enjeux globaux (comprendre le coût d’un salaire brut, de la création d’un service administratif, ou l’utilité sociale d’une dépense supplémentaire) modifie la perception des choses que l’on peut avoir si on reste limité à ses seuls enjeux personnels. Confronté à la gestion d’une commune "difficile" on mesure en outre mieux le caractère déconnecté de la réalité de certaines propositions politiques farfelues! J’observe aussi la précarité dans laquelle vivent certains de mes concitoyens…

2. Faites-vous des investissements?

J’ai longtemps partagé ce syndrome commun à tous les Belges qui ont une brique dans le ventre: être propriétaire. Par contre, je suis resté rétif aux placements financiers, par crainte de ne pas avoir le temps et la disponibilité de les suivre correctement.

3. Êtes-vous un consommateur exigeant? Cherchez-vous à obtenir le meilleur prix en négociant ou en marchandant?

Oui je connais le prix des choses et j’entends être respecté en tant que consommateur. Il m’est déjà arrivé — notamment pour mes projets de vacances -, d’exercer une pression pour obtenir de meilleures conditions. Quelquefois avec succès. Et comme j’aime faire les marchés, parfois je négocie les prix un peu avant la fermeture.

4. Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépensez sans compter, et à l’inverse, celles pour lesquelles vous ne donneriez pas un euro?

Je ne dépense jamais sans compter… Je dois avoir quelques racines hollandaises! Mais je reconnais, au fil du temps, que la qualité a un prix et que si on ne met pas le prix, on ne peut exiger l’excellence que l’on souhaite. Il vaut mieux sacrifier une dépense, plutôt que de faire un compromis boiteux entre plusieurs et n’être pleinement satisfait d’aucune! Il y a beaucoup de gadgets, de colifichets inutiles que je n’achète jamais.

5. Quand vous faites un achat important, prenez-vous le temps de comparer, de vous informer?

Oui, je compare énormément et je réalise parfois de petits tableaux comparatifs reprenant les diverses options qui s’offrent à moi: prix, avantages, inconvénients, etc.

6. Parlez-vous d’argent en famille ou entre amis?

Rarement… Je partage cette pudeur européenne pour les questions d’argent.

7. Remplissez-vous votre déclaration fiscale vous-même?

Oui, avec difficulté et parfois en retard! J’ai donc changé depuis deux ans: je passe par un bureau spécialisé. Mais ma déclaration reste relativement simple!

8. Profitez-vous au maximum des aides, des primes et autres incitants fiscaux?

Les procédures sont souvent lourdes et fastidieuses, ce qui me décourage. J’ai quand même utilisé certaines déductions fiscales, mais sans pour autant être un chasseur de primes.

9. Que feriez-vous si vous deveniez millionnaire?

Je commencerais par me poser des questions d’ordre moral et je déciderais, secrètement, de réaliser un don ou un investissement social. Ensuite, je me demanderais comment en disposer sans bouleverser ma vie actuelle…

10. Quelle est la principale leçon d’argent que vos parents vous ont transmise?

De ma mère, j’ai hérité de l’attachement à l’immobilier (traces des racines paysannes de ma famille), de mon père, qui travaillait à la Commission bancaire, une appréhension de la volatilité boursière.

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