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"Une formule magique en Bourse, cela n’existe pas"

Le Belge Ivan Nyssen (51 ans) est gestionnaire du fonds Contrarian Equity@Work auprès de CapitalAtWork et lauréat d’un "Fund Award". Son plus mauvais investissement, il le doit au président russe, Vladimir Poutine.
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©RV DOC

1 Est-ce que les gens vous abordent souvent dans les cocktails pour vous demander des conseils en investissement?

C’était plus souvent le cas auparavant, parce que j’en parle moi-même moins volontiers qu’avant. La plupart des gens voudraient que je leur donne une formule magique, mais cela n’existe pas. Gérer un portefeuille, c’est plutôt une affaire de méthode et de diversification. Et cela n’intéresse pas vraiment les gens.

2 D’où vient votre fascination pour la Bourse?

Depuis mon adolescence, je suis passionné par l’économie et la finance. Quand j’avais à peine seize ans, je lisais déjà des bouquins d’économistes comme Friedman, Hayek et Keynes. Déjà à cet âge, je trouvais ces lectures fascinantes et finalement assez accessibles. Dans ma famille aussi, on parlait beaucoup d’économie et de finance, avec la crise du pétrole des années '70 et les dimanches sans voiture. J’ai trouvé cette période vraiment passionnante.

3 De quoi est composé votre propre portefeuille d’investissement?

Il comprend exclusivement des fonds que nous gérons nous-mêmes, dont une majeure partie sont mes propres fonds. Par ailleurs, j’investis surtout dans des grandes entreprises américaines et européennes où je peux entrer et sortir quand bon me semble. Je recherche aussi des sociétés peu endettées, qui génèrent beaucoup de cash et qui l’utilisent de manière opportuniste.

4 Quel est votre pire investissement?

Des actions de la société pétrolière russe Ioukos. Je ne savais bien entendu pas que son fondateur, Mikhaïl Khodorkovski, serait poursuivi par le Président Poutine. J’ai gardé ces actions en portefeuille jusqu’à ce qu’elles aient perdu toute leur valeur. C’est la première et la dernière fois que j’ai perdu tout ce que j’avais investi.

5 Y a-t-il un conseil financier que vous regrettez d’avoir suivi?

En 1999, j’ai acheté, sur les conseils d’un ami, des actions de start-ups technologiques israéliennes, parce qu’on parlait de l’émergence d’une nouvelle Silicon Valley, et cela m’impressionnait beaucoup. Mais la bulle internet a éclaté, suivie par une nouvelle intifada. Et quand vous savez que le Nasdaq a perdu 85% de sa valeur, vous pouvez facilement imaginer ce qui est arrivé à ces sociétés technologiques au milieu des zones de combat.

6 En 2012, vous avez pris une année sabbatique. Qu’en avez-vous retiré?

Il y a deux ans, j’ai un peu ralenti pendant 9 mois. J’ai continué à gérer le fonds, mais j’ai laissé beaucoup de choses de côté. Ce fut fantastique de pouvoir m’échapper de temps en temps. J’ai toujours travaillé très dur, mais à un moment donné, c’était mon agenda qui dirigeait ma vie.

7 Dépensez-vous de l’argent dans des hobbies?

La plupart de mes hobbies concernent le sport. J’ai joué au football et au hockey, et je joue aussi au golf. Quand j’étais jeune, j’ai même joué dans l’équipe nationale de golf. Si j’avais été un peu meilleur, j’aurais même pu devenir joueur professionnel et ma carrière aurait pris une tournure bien différente, loin du secteur financier.

8 Quel fut votre plus récent grand voyage?

Il y a quelques mois, je suis allé au Népal avec ma fille. Nous avons amené des médicaments dans un village népalais pour une organisation humanitaire. Nous avons beaucoup marché, sac au dos, dans les montagnes de l’Himalaya, et ce fut un de mes plus beaux voyages.

9 Avez-vous une seconde résidence?

J’ai acheté récemment un appartement dans un domaine skiable, dans les Alpes. C’est un investissement important, et j’ai beaucoup réfléchi avant de me lancer. Ces appartements coûtent relativement cher, et les frais d’entretien sont à l’avenant. Mais j’y passe tous les ans entre 30 et 40 jours avec mes enfants ou mes amis. Vu ainsi, c’est donc un excellent investissement.

10 Qu’achèteriez-vous si vos moyens étaient illimités?

Je m’offrirais un bateau. Ou encore, un jet privé pour éviter les files et les contrôles dans les aéroports. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Pour l’instant, je vole encore et toujours avec easyJet ou Ryanair.

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