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Edouard Vermeulen: "Je n'ai jamais envié les autres, cela ne fait pas partie de mon éducation"

Bio express: Edouard Vermeulen a 57 ans. Couturier attitré de nombreuses têtes couronnées, il est parvenu à garder son authenticité malgré ses (très bonnes) fréquentations. Les coups de folie financiers, très peu pour lui: il gère ses finances en bon père de famille et fait confiance à son banquier.
©Dries Luyten

Quels sont les comportements liés à l’argent qui vous insupportent?

Les personnes qui abusent de leur pouvoir avec l’argent et celles qui utilisent l’argent comme un moyen d’exister socialement m’insupportent. L’argent est comme le carburant. Il sert à faire avancer, mais il pollue parfois l’existence. Plus anecdotiquement, je n’aime pas les gens qui essaient de négocier les prix lorsqu’ils achètent quelque chose… sauf lors d’un achat immobilier ou d’une œuvre d’art, par exemple!

Pour quelles choses êtes-vous prêt à dépenser sans compter?

Dans le portefeuille d’Edouard Vermeulen - Un portefeuille hyperordonné. Tout y est utile."Je ne garde pas les tickets de pressing, les tickets de caisse. Chaque jour, je le nettoie. Je n’aime pas qu’il soit trop lourd… et qu’il déforme ma poche!" ©Dries Luyten

J’ai rarement des coups de folie pour moi-même, mais plutôt pour les autres, pour un anniversaire notamment. Pour mes vêtements par exemple, je connais la valeur des choses. J’achète des pièces de qualité. Les choses extravagantes sont faites pour des gens extravagants qui concèdent des dépenses extravagantes. Ce n’est pas pour moi. Je respecte l’argent.

À quoi êtes-vous attentif lorsque vous achetez quelque chose?

La qualité est primordiale. La mauvaise qualité, c’est toujours trop cher pour ce que c’est, même si c’est à très petit prix. Je fais attention à la manière dont un produit a été fabriqué, à sa provenance. Si c’est possible, je privilégie toujours des produits belges.

Comparez-vous les prix avant de vous décider?

Je ne pense pas que je pourrais payer mon chauffage moins cher que quelqu’un d’autre. Je ne discute presque jamais les prix. C’est probablement dû au fait que je suis de l’autre côté de la barrière, en tant que commercial. Je respecte le travail de chacun et la valeur des choses. Pour la vie de tous les jours, je ne fais jamais de courses au supermarché, donc je ne compare pas! Je vis seul, le culinaire m’intéresse peu et cuisiner encore moins. Pour un célibataire, c’est moins cher d’aller prendre un plat de pâtes au restaurant que de cuisiner pour soi tout seul!

Quel est selon vous le luxe suprême?

Ce n’est jamais matériel. Je ne suis pas homme à posséder. Le luxe suprême, cela reste la joie et le bonheur. Je les trouve essentiellement dans mon travail, dans la création. C’est toute ma vie.

 

Votre comportement financier a-t-il évolué au fil du temps?

Le conseil

La diversification! Personne n’aura jamais LA solution pour votre argent. Il faut prendre le meilleur chez chacun et être en mesure d’essuyer des pertes. On n’a pas encore trouvé mieux que "ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier!"

Lorsque j’avais dix-sept ans et que je recevais mes étrennes, j’étais aussi heureux qu’aujourd’hui alors que j’ai plus qu’à l’époque. Tout est question de relativiser par rapport aux besoins que l’on a. Je n’ai pas l’impression d’avoir modifié mes comportements financiers avec le temps. Je vais peut-être moins sortir, mais faire des sorties de meilleure qualité lorsque l’occasion se présente. Pareil pour les voyages…

Avez-vous déjà eu des difficultés financières?

Pendant la crise de 2008, j’ai pour la première fois eu peur du lendemain. J’ai été soutenu, pas matériellement, mais psychologiquement, et je n’ai pas cédé à la panique. J’ai décidé à ce moment-là de réinvestir dans Natan ce que j’avais gagné jusque-là grâce à la société. J’ai bien fait, car depuis, nous avons vécu nos meilleures années en termes de bénéfices.

Quel investisseur êtes-vous?

Je ne suis pas un spéculateur. Je fais confiance à mon banquier pour gérer mon argent. Je suis un "bon père de famille" qui épargne et qui diversifie correctement. Mais je n’ai pas encore vraiment investi dans l’immobilier. J’ai parfois investi dans l’art. Mais je n’ai jamais fait un "tout pour le tout", même si j’ai investi beaucoup plus de temps que d’argent dans ma société.

Vous fréquentez, par votre métier, un milieu très aisé. Estimez-vous faire partie de ce monde-là ?

Non, pas du tout. Avec mes collaborateurs, nous sommes au service de nos clientes et savons garder notre place et notre position. Je suis resté en accord avec mon ADN. Je ne pense pas que mon métier ait touché à mon authenticité. Je n’ai jamais envié les autres, cela ne fait pas partie de mon éducation.

Suivez-vous vos finances régulièrement ?

"Je suis content de ne pas être addict à l’argent. Je n’ai pas l’instinct de possession"
Edouard Vermeulen
Fondateur de la maison Natan

Je n’ai téléchargé aucune application bancaire sur mon téléphone. Je ne suis pas du genre à regarder mes extraits de compte en permanence. Je suis content de ne pas être addict à l’argent. C’est sûrement facile à dire quand on n’a pas de problèmes… Mais c’est la réalité, je n’ai pas l’instinct de possession. Ce n’est pas la finalité de mon travail.

Mais en tant que chef d’entreprise, vous êtes obligé de vous y intéresser…

Quelqu’un qui choisit le créatif n’est jamais un financier. Mais j’ai appris à l’être, par respect pour mon entreprise. Je dois à mes collaborateurs une bonne gestion et une parfaite éthique. Quand je suis dans mon atelier, je suis le couturier. Dans mon bureau, le patron de PME, et avec les clientes dans nos salons, le commercial. Je change tout le temps de casquette…

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