Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Florence Reuter : "Je pense être quelqu'un de fondamentalement raisonnable"

Ex-journaliste et présentatrice du JT de RTL-TVI / Reconvertie à la politique (MR) / Bourgmestre de Waterloo / En matière financière, ses maîtres mots sont pragmatisme, efficacité et simplicité / En toile de fond, ses enfants sont sa priorité.
©Jonas Roosens

Le fait d’être connue vous permet-il de profiter de tarifs intéressants?

Clairement non! D’abord, quelle que soit mon activité professionnelle, cela n’a jamais été dans mes habitudes de profiter d’éventuels privilèges. Il faut être irréprochable. Et en fait, j’ai plutôt l’impression que c’est l’inverse: dans certains cas, nous aurions eu intérêt à ce que quelqu’un demande un devis à notre place. Il nous est arrivé de recevoir des offres clairement au-dessus du marché. Donc, manifestement, le fait d’être connu n’a pas que des avantages. Et si on a droit à un petit "geste" au resto, c’est au même titre qu’un habitué de la maison ou un ami du patron.

Avez-vous des loisirs et hobbies coûteux et aimez-vous le luxe?

Je n’ai pas de loisirs (coûteux), je n’en ai ni l’envie ni même le temps… Mais je voudrais dégager du temps pour me remettre au sport.

"Manifestement, le fait d’être connu n’a pas que des avantages…"

Quand j’étais jeune, mon truc, c’étaient les voyages. J’ai fait tous les jobs d’étudiants possibles pour pouvoir me les payer. J’ai fait des choses que je ne referais plus. Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment besoin de luxe, plutôt d’un certain confort, mais c’est sans doute dû à l’âge. Nous allons depuis 10 ans dans le même hôtel sur l’Ile de Ré. Un cocon tranquille. Il nous arrive de partager une étape gastronomique avec les enfants… Et ils apprécient!

Quelles sont les choses indispensables à votre qualité de vie?

Nous travaillons tous les deux et nous avons des horaires difficiles: une aide ménagère une fois par semaine est indispensable. J’aime la déco et je suis très sensible à l’atmosphère d’un lieu. Je dois avant tout me sentir bien.

Florence Reuter en 5 chiffres

5

"Parce qu'en famille nous sommes une tribu de 5"

15

"Le jour de mon mariage"

3

"Parce que j'ai trois enfants et que c'est mon chiffre porte-bonheur"

1815

"La date d'une certaine bataille..."

2007

"L'année de mon entrée en politique"

En vacances, il nous est déjà arrivé de changer d’endroit car la réalité ne correspondait pas aux photos. La quiétude est un must. Il n’était plus question de vivre à Bruxelles. Nous vivons à Waterloo dans une maison avec un grand jardin que nous avons totalement façonné à notre image. Je fonctionne beaucoup aux coups de cœur et j’apprécie les bons produits. Pouvoir choisir ce qu’il y a de meilleur est un luxe. Mais je pense être fondamentalement raisonnable.

Avez-vous déjà connu des difficultés financières? Qu’en avez-vous retenu?

Ma famille ne roulait pas sur l’or, mais mes parents ont toujours fait en sorte que l’on grandisse dans une certaine insouciance. Ma sœur et moi étions gâtées, mais rien de déraisonnable. Lorsque j’avais 12 ans, papa a eu un grave accident. Les difficultés financières ont alors surgi lorsque nous étions ados, précisément lorsqu’on a envie de marques, de choses futiles…

Même si nos parents ont veillé à ce qu’on en souffre le moins possible, cela a forcé notre prise de conscience. Quand j’étais étudiante, mon père tenait à ce que l’on apprenne à s’assumer. Je devais me débrouiller avec le budget qu’il me donnait. Je me souviens d’un retour de vacances où j’avais trop dépensé. Je ne savais pas payer mes factures. Papa est venu à la rescousse, mais j’ai ainsi appris la valeur des choses et à gérer les dépenses courantes.

Parlez-vous d’argent en famille et entre amis?

Je n’ai pas de tabou au sujet des dépenses ordinaires, aucun problème à révéler combien m’ont coûté certaines choses, ni à avouer que "c’était sans doute trop cher mais que j’ai craqué". Par contre, je ne parle pas d’argent dans le cadre de la famille élargie.

Le conseil

"N'attendez pas d'être pensionné pour préparer votre pension"

Chacun son ménage, ses critères et son fonctionnement. Tout est personnel et parfois très relatif. Je fais en sorte que mes enfants aient la notion de la valeur des choses, je les invite à réfléchir à la différence entre besoins et envies. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Et je suis heureuse de constater qu’ils ont de bons réflexes.

Préparez-vous déjà votre pension?

Je m’en préoccupe un peu, et plutôt dans l’optique de l’avenir des enfants. Vu l’évolution des prix de l’immobilier et du coût de la vie, on songe à investir dans l’immobilier en plus de la maison familiale. J’ai une épargne-pension, mais j’ignore ce que je ferai à la pension. Je sais juste que la maison sera payée. Ma priorité, c’est (l’avenir de) mes enfants.

Votre rapport à l’argent a-t-il évolué avec l’âge?

"Mon portefeuille est avant tout un bel objet, au même titre qu’un sac, un stylo, une montre ou un bijou… Dedans, rien de très original, mais des photos de mes proches."

Non car j’ai toujours été pragmatique. Argent, façon de vivre: je n’ai jamais dévié de la même ligne. Je gagne bien ma vie, sans excès et je pense avoir les mêmes préoccupations que n’importe quel citoyen. J’ai acquis un certain confort depuis que j’ai débuté. Mon premier salaire était de 37.000 BEF, mais l’évolution n’a pas été disproportionnée au point de modifier radicalement mes repères ou ma notion de l’argent. Je suis restée fidèle à moi-même.

Suivez-vous vos finances de près?

Ce qui m’importe, c’est que tout soit simple et fonctionne. Je ne suis pas à chasser le dernier cent: pas besoin de suivre les finances au jour le jour, de comparer, de renégocier des contrats. Je me prends déjà assez la tête dans mon métier. J’ai un leasing personnel pour ma voiture, par exemple. Ce n’est peut-être pas la formule la moins chère, mais tout est compris, je ne dois me soucier de rien. Un ami comptable remplit notre déclaration fiscale avec nous, même si elle est assez simple. Pas besoin de couper les cheveux en quatre pour faire des économies ou tenter de récupérer quelques euros. Et encore moins d’imaginer des montages fiscaux. Je n’en dormirais pas de la nuit!

©Jonas Roosens

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