Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Laurent Gerbaud: "L'argent ne peut jamais être un but en soi"

Bio express: Lorsque Laurent Gerbaud sort diplômé de l’université (histoire médiévale), ses parents ignorent qu’il a suivi en même temps une formation de boulanger-pâtissier-chocolatier. Il part alors pour la Chine et reste deux ans à Shangaï, où il ouvre une petite chocolaterie artisanale. Il découvre les goûts culinaires et gastronomiques du pays, et apprend le mandarin. Puis il revient en Belgique pour ouvrir un premier atelier. Aujourd’hui, Laurent Gerbaud fait partie des "grands" du monde chocolatier belge.
©IMAGEGLOBE

1. Quel est votre premier souvenir lié à l’argent?

La "dringuelle" que nous recevions de nos grands-parents le jeudi lors du souper hebdomadaire. 10 francs, puis 20, puis les premiers billets de 50 francs belges. Nous filions alors mes sœurs et moi au "bollewinkel" en face acheter des bonbons.

2. Quels sont les services pour lesquels vous seriez d’accord de payer afin de vous faciliter la vie et de gagner du temps?

En plus d’une vie professionnelle chargée, je suis un bordélique né, c’est très compliqué… Donc je suis prêt à tout pour les services de rangement, nettoyage, livraison, etc.

3. Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépenseriez sans compter?

De manière généralem je suis un piètre consommateur, je n’ai pas beaucoup de temps pour le shopping. J’achète des vêtements deux fois par an je pense, et les frais de la chocolaterie passent avant tout le reste. Je n’ai pas une "zinne" spéciale mais j’aime beaucoup l’art brut, les bronzes et la céramique.

4. A l’inverse, quels sont les produits, les activités, les loisirs pour lesquels vous ne donneriez pas un euro?

Tout ce qui touche à l’informatique, aux jeux vidéo, aux gsm… me laisse froid. C’est une perte de temps totale, des instruments chronophages.

5. Quel est le pire achat que vous avez fait?

Une chemise de taille "médium" en pensant que j’allais descendre du "XL"…

6. Vous avez suivi des études d’histoire avec une spécialisation sur le Moyen-Age, avant de parcourir l’Asie pendant deux ans. Cette expérience vous a-t-elle appris beaucoup sur les rapports avec l’argent?

J’ai appris le cash flow lors de mon expérience un peu "rock and roll" de chocolats à Shanghai en 1998, le fonds de roulement donc... C’était très simple: j’ai mangé des raviolis chinois pendant pas mal de temps. Je me suis retrouvé à un moment sans un balle en poche. Cela m’a complètement libéré: je ne pouvais rien perdre puisque je n’avais plus rien. Après, j’ai vraiment utilisé l’argent comme du fuel pour une voiture, ce n’est pas un but en soi, juste une des parties du développement de projets.

7. Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui démarre une activité professionnelle?

Faire une activité qui a du sens. Bien préparer son projet. Sortir des sentiers battus du financement, aller vers le crowdfunding. Travailler, beaucoup travailler.

8. Comment réagiriez-vous si vous deveniez millionnaire du jour au lendemain?

J’achète un nouveau pull.

9. La matière première du chocolat, les fèves de cacao, sont achetées dans des pays pauvres. Comment considérez-vous la rémunération des producteurs qui doivent vendre généralement à de grands groupes industriels ?

Je ne transforme pas les fèves moi-même mais je suis content de travailler avec une manufacture italienne, Domori, qui est très respectueuse de ses producteurs. La plupart des chocolats labélisés Fair Trade sur le marché sont une vaste blague, si pas une escroquerie. Il vous suffit de taper "mass balance chocolate" sur internet pour mieux comprendre.

10. Quelle est la meilleure leçon que vous ayez apprise en matière d’argent ?

L’argent ne peut jamais être un but en soi, c’est seulement le résultat de ce qu’on a mis en place.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés