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Olivier Laffut: "Jeune, j'ai connu un stress de survie lié à mes problèmes financiers"

Diplômé de Solvay, Olivier Laffut, co-fondateur des "Tartes de Françoise", travaille dans une banque / Mais il s’ennuie / Le petit business artisanal de sa compagne de l’époque prend de l’ampleur / Il s’y investit totalement / Aujourd’hui les affaires roulent / Mais cela n’a pas toujours été facile / Le stress lié à l’argent, il l’a connu / Il en a tiré les leçons.
©RV-DOC

Quels sont les services auxquels vous recourez sans hésiter pour vous faciliter la vie et gagner du temps?

J’ai fait un burn-out. Alors oui, aujourd’hui je me fais aider. J’ai d’ailleurs engagé un directeur général pour me dégager du temps. D’autant que j’ai 5 enfants (famille recomposée). Je suis fervent des achats sur internet, mais j’aime aussi me balader et flâner. Fondamentalement, c’est moins une question de "performance" et de gain de temps que fonction de mes envies. Je vais rarement à la banque. Sauf quand je dois prêter de l’argent à des amis… Alors je vais dans mon coffre (rires)…

Quel est pour vous le luxe suprême?

Avoir la liberté totale de mon emploi du temps! Passer une après-midi sans devoir regarder ma montre, tranquille avec des amis et une bonne bouteille de vin. Ne pas avoir des "milliards" de choses prévues, pouvoir annuler un rendez-vous si j’en ai envie.

Avez-vous des loisirs coûteux?

Oui et non… Je joue au golf pour la rigueur mentale et la tranquillité que ce sport m’apporte. On est confronté à soi-même, en compétition avec soi-même. Rien n’est jamais acquis. Le vélo c’est davantage pour le besoin d’évasion, la liberté, l’effort physique.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui lance son business?

Dans le portefeuille d'Olivier Laffut

"J’aime un portefeuille fin et léger, que je peux mettre en poche facilement. Je ne m’encombre pas de tickets ou de cartes de fidélité, je vais à l’essentiel. Seule ma carte de ‘Padi’ me rappelle que je ne dois pas oublier de plonger de temps à autre…"

 

Je suis un fervent adepte du concept "d’effectuation". C’est-à-dire qu’il faut tester les choses rapidement, sans trop de business plans. Tu as une idée? Tu fonces, tu travailles, tu écoutes le marché, et tu ajustes/fais évoluer ton produit le plus vite possible pour répondre à la demande. Aujourd’hui, les cycles de vie sont très courts, les gens passent facilement à autre chose. Il nous arrive de créer une nouvelle tarte et de nous planter complètement. Il faut arrêter rapidement sans états d’âme.

Votre rapport à l’argent (besoins, envies, critères de qualité de vie, etc.) a-t-il évolué avec le temps?

Oui, vraiment. Quand j’étais jeune, j’étais très "raide". J’ai rencontré très tôt des problèmes financiers et cela m’a énormément stressé. L’objectif prioritaire était de (gagner suffisamment pour) me calmer et de me rassurer. Une fois que cela a été fait, il ne me fallait pas des millions pour me sentir bien. Au-delà d’un certain "plafond", j’ai évidemment continué à veiller à la rentabilité de mon affaire, mais j’étais moins en attente et en demande. Je n’avais plus ce stress de survie. Quand j’étais jeune, je n’étais pas équilibré. J’ai été chercher les extrêmes. Aujourd’hui, je suis (re) centré sur l’essentiel, je pense.

Continuer à faire croître votre entreprise, est-ce une fin en soi?

Ce n’est pas une fin en soi! Mais nous faisons tout de même notre possible pour y arriver. Nos ambitions sont challengées par l’optimisation de nos ressources, limitées par une multitude de paramètres parfois imprévisibles. Grâce à notre succès, nous avons pu nous entourer de gens de plus en plus calibrés, qui ont fait leurs preuves, et cela se justifiera de plus en plus à l’avenir; ce pourquoi je suis prêt à vendre une partie de mon entreprise. Pour grandir, il faut aussi savoir se remettre en question et reconnaître ses limites personnelles, être prêt à lâcher, ce n’est pas toujours facile. C’est un peu comme un enfant qui devient ado et acquiert son indépendance, il ne vous appartient plus tout à fait…

Faites-vous des investissements et quel type d’investisseur êtes-vous?

"Pour moi, le luxe suprême, c’est avoir la liberté totale de mon emploi du temps."

Il y a quelques années, j’avais des titres, mais cela m’énervait. C’est un métier en soi et je ne m’y intéresse pas. J’ai investi dans l’immobilier. J’ai acheté deux bâtiments à Bruxelles et ils se paient tout seul. C’est donc très satisfaisant!

Quel type de consommateur êtes-vous? Plutôt "Mr bons plans" qui compare, négocie et profite de bonnes affaires, ou le "pigeon"?

Je suis "Mr Bons plans", mais lorsqu’il s’agit de mes passions, je compte déjà moins pas. Je ne cherche pas forcément à optimaliser ou rentabiliser un achat. J’aime être entouré de belles choses. Je peux craquer pour un tableau ou pour un scooter, juste parce qu’il est beau.

Parlez-vous d’argent en famille?

Oui, bien sûr! Si je ne veux absolument pas que mes enfants soient stressés par l’argent, comme j’ai pu l’être à une époque, je souhaite en revanche qu’ils aient la notion du travail et de l’effort. Mon fils a fait un job payé 8 euros de l’heure aux Tartes de Françoise et m’a vite dit: "J’en ai marre des cinanmon rolls"! Il faut leur expliquer qu’on n’est pas obligé de gagner beaucoup pour être heureux. Il faut trouver sa voie et quand même chercher un peu la difficulté, se mettre des défis.

Quels sont les comportements relatifs à l’argent qui vous insupportent?

Le gaspillage et les dérives de l’ego. Les grosses voitures pour la frime, les envies irraisonnables, l’instinct grégaire. Et de façon plus générale, l’individualisme.

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