Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Arabelle Meirlaen: "Moyens disponibles, choix et envies ne s'équilibrent pas toujours facilement"

Une étoile au guide Michelin et 18/20 dans le Gault & Millau/Réputée pour sa "cuisine intuitive" (nom de son restaurant, à Marchin)/Son mari y officie comme sommelier.
©Anthony Dehez

Vous souvenez-vous de votre premier job et de votre premier salaire?

C’était à 15 ans, un job étudiant durant les week-ends dans un resto près de Rochefort. Je recevais 1.000 francs belges pour les 2 jours. On faisait de tellement longues journées que j’en avais mal aux pieds, mais que de beaux souvenirs! La patronne était exigeante et les clients aimables… Plus tard, j’ai été engagée dans un autre restaurant où j’étais payée 30.000 francs. Mon premier vrai salaire.

Quel type de consommatrice êtes-vous?

"À 15 ans, j’ai fait un job étudiant les week-ends dans un restaurant près de Rochefort. Je recevais 1.000 francs belges pour les deux jours."

Je compare certains prix, mais c’est toujours la qualité qui prime! Avec mon emploi du temps chargé, maman de deux filles et notre restaurant, l’espace "courses" est restreint. J’achète donc peu mais bien. Des petites choses de tous les jours et tous les six mois je me fais plaisir raisonnablement. La période des soldes est souvent intéressante.

Lorsque vous avez gagné votre vie, quelle a été votre principale satisfaction?

Quand j’ai eu mon permis de conduire à 18 ans, mon papa avait trouvé une Opel Kadett légèrement accidentée. Elle appartenait à des pensionnés. Une voiture très correcte avec 50.000 km au compteur. Papa l’a remise en état. Mais lorsque j’ai eu assez économisé, je me suis offert une Golf GTI série 1 d’occasion, couleur rouge vif. À moi la liberté et les frissons… Et la Kadett aux sièges de velours, retour à mes parents.

Que payons-nous trop cher?

Tout! Depuis l’introduction de l’euro, on l’a tous constaté, beaucoup de choses ont bien augmenté. Les moyens financiers disponibles, les choix et envies de dépenses ne s’équilibrent pas toujours facilement.

Faites-vous des investissements?

5

"Un chiffre qui reste partout autour de moi, numéro de téléphone (six chiffres "5" dans le numéro d’appel du restaurant), date d’ouverture… Pour moi, il est devenu un chiffre de réussite."

7

"Il me porte bonheur."

1999

"L’ouverture de mon premier restaurant ‘Li Cwerneu’ sur la Grand’Place de Huy."

2008

"La naissance de ma première fille, Mia."

2010

"Ma deuxième fille, Ella, est arrivée… en même temps que l’étoile au guide Michelin."

Chez nous, dans notre activité. Dans le restaurant.

Êtes-vous une collectionneuse? Quel est votre talon d’Achille pour les dépenses?

Les livres de déco, de jardin, sur les plantes sauvages et sur la gastronomie, bien sûr. Beaucoup d’ouvrages axés sur la cuisine santé et ses vertus. Et comme toutes les femmes, des achats de chaussures, des vestes et quelques robes. Mais ce métier m’a rendue douillette, alors cela reste le plus souvent au placard.

Un objet auquel vous tenez particulièrement que vous ne vendriez jamais?

Le seul recueil manuscrit de ma maman. Elle notait toutes ses recettes plus quelques petits mots, des commentaires.

Quels sont les comportements liés à l’argent qui vous insupportent?

Un exemple: lorsque j’étais plus jeune, quand je sortais, avant d’aller prendre un verre, je me garais loin du bar, pour ne pas que l’on voie le type de voiture dans laquelle je roulais. Je m’habillais simplement. Je voulais qu’on apprenne à me connaître pour ce que je suis, et pas pour ce que j’ai!

Dans votre métier, quels sont les frais qui ont fort augmenté ces dernières années?

Je ne vais pas vous l’apprendre: les charges sociales et patronales sont exagérées dans ce pays. Dommage que nous ne soyons pas payés pour toutes les heures prestées. Nous pourrions dépenser davantage et ainsi faire vivre l’économie.

Pour quelles choses êtes-vous prête à dépenser sans compter?

"Aux jeunes qui se lancent dans le métier de la restauration, mon conseil est courage et partage. Et avec de bonnes chaussures! Osez être vous-même car il faut y croire et pas s’y croire!"

J’aime la vaisselle, donc les céramistes m’aiment aussi, mais mon chéri me surveille… On essaye de limiter ces dépenses. Pour le jardin par exemple, heureusement, Pierre est très manuel.

Quelle est votre principale leçon d’argent?

Lorsque j’étais jeune, mon papa était constructeur et inventeur de machines agricoles brevetées. Lorsqu’il a décidé d’arrêter, avec maman, ils ont voulu s’occuper uniquement de la ferme. Nous avons très bien vécu mais en quelques années les maladies du bétail (brucellose, vache folle…) ont tout emporté. Ils ont tout perdu. Même maman s’en est allée à seulement 57 ans. Papa s’est bien relevé et j’en suis très fière. Cette épreuve, j’en ai tiré une belle leçon de vie!

Pour vous, quel est le luxe suprême?

Avoir la santé pour profiter du moment présent. On ne vit qu’une fois.

Si vous deveniez millionnaire du jour au lendemain, que feriez-vous?

Je me reposerais pendant un an avant de reprendre mes objectifs car, en tant que femme active et positive, je ne peux rester sans rien faire.

©doc

Dans le portefeuille: "Ma carte d’identité, mon permis de conduire et des cartes de fidélité pour des boutiques, mais elles sont souvent périmées… Et encore des photos des enfants".

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