interview

Georges-Louis Bouchez: "Je ne suis pas un radin, mais il faut que j'aille dans des endroits où on peut payer par carte"

©Anthony Dehez

/ 30 ans / Avocat / Licencié en Droit Public (ULB) / Délégué général du MR / Conseiller communal à Mons (MR) / Echevin des Finances, du Budget, de l’Emploi, du Développement durable et de l’Informatique de décembre 2012 à avril 2016 / Député wallon de novembre 2014 à avril 2016 en remplacement de Jacqueline Galant, ministre fédérale empêchée/Chargé d’exercices en droit à l’Umons depuis 2011/Il entretient sa forme grâce au running.

Prenez-vous un maximum de jours de congé d’un coup pour vos vacances?

Jamais car je m’ennuie vite et j’aime trop mon boulot pour m’en éloigner. Je préfère partir plus souvent pour quelques jours car j’aime ce qui est dynamique. Je veux découvrir tout ce qui existe sur tout, je suis très curieux. Multiplier les expériences en voyageant dans plusieurs villes m’intéresse nettement plus que rester 20 jours sur une île paradisiaque.

Quelle est la chose indispensable que vous avez toujours dans votre valise?

C’est une tradition, avant chaque départ en vacances, je m’achète plusieurs livres. Malheureusement quand je rentre, ils sont très souvent comme neufs car je n’ai pas eu le temps de les ouvrir. Comme je prends peu de congés, j’ai à peine le temps de me reposer et de visiter qu’il faut déjà rentrer. J’avoue que je passe aussi un peu trop de temps sur mon smartphone et ma tablette.

La part réservataire des enfants est un non-sens qui va à l’encontre de ma conception libérale de la société.
Georges-Louis Bouchez

Les logements insolites, ça vous dit?

Quand j’étais plus jeune et que j’allais au Grand Prix de Spa, il m’est arrivé de dormir dans une voiture, mais c’est tout. Quand je suis en vacances, j’aime bien me trouver un hôtel confortable. D’ailleurs, une année, j’étais dans un hôtel basique et je passais tous les jours devant un autre hôtel magnifique qui ne me laissait pas indifférent. Le dernier soir du séjour, j’ai eu un coup de folie et j’ai réservé une chambre sans me soucier du prix. Au moment de régler la note, je n’ai jamais été aussi content d’avoir une carte de crédit…

Vous avez un porte-cartes. Vous n’avez donc jamais d’argent liquide sur vous?

C’est rare: je n’aime pas avoir du cash sur moi. D’ailleurs, quand j’ai un billet en poche, je finis toujours par le déposer sur mon compte à vue. Cela ne veut pas dire que je suis un mauvais camarade mais il faut que j’aille dans des cafés ou des restos où il est possible de payer par carte.

Si vous gagniez à la loterie, que feriez-vous avec vos millions?

Je diviserais le montant en trois. J’achèterais d’abord une grande maison familiale pour mes parents. Ensuite, je lancerais une affaire pour créer de l’emploi et de la richesse, probablement dans les transports. Et enfin, je me ferais le plaisir de ma vie en investissant dans une écurie de Formule 1.

©rv

Dans son portefeuille

"En fait, c’est plutôt un porte-cartes qu’une personne très importante m’a offert car je ne voulais pas de portefeuille. C’est trop gros et ça déforme les vêtements. Quand j’ai de la petite monnaie, je la mets dans un pot et je m’en sers pour des petites dépenses courantes comme l’achat d’un pain ou pour aller au car-wash."

Seriez-vous prêt à investir en Bourse?

Non. L’investissement que je privilégie, c’est l’immobilier car c’est du sûr et que ça ne bouge pas trop tant qu’on l’entretient un peu. Je n’ai d’ailleurs jamais voulu louer de ma vie. Alors quand j’ai eu ma première fiche de salaire, j’ai été voir mon banquier pour acheter un appartement. J’avais un faible apport donc à l’époque j’ai souscrit un emprunt à du 7%. Je l’ai renégocié depuis. Je pense en outre que pour investir en Bourse, il faut avoir du temps pour suivre ses investissements et je n’en ai pas.

Estimez-vous que le droit successoral doit être modifié?

Le conseil

"J’en ai trois car je m’impose trois disciplines pour la gestion de mes finances personnelles. D’abord, déterminez avec précision les rentrées fixes du mois suivant et faites en sorte de ne jamais avoir de charges supérieures. Ensuite, consultez régulièrement le solde de votre compte à vue. Enfin, traînez le moins possible sur les sites d’achats et dans les boutiques. Le shopping ne doit pas être une activité ludique. Si on s’ennuie, il vaut mieux lire."

C’est l’un de mes grands chevaux de bataille car je trouve qu’il ne prend pas assez en compte les nouvelles configurations familiales. Il faudrait diminuer le taux pour les "étrangers", c’est-à-dire ceux avec qui on a des liens affectifs et pas des liens de sang. Chacun devrait être en droit de léguer son patrimoine à la personne de son choix. À ce titre, la part réservataire des enfants est pour moi un non-sens. Ce n’est pas ma conception d’une société libérale.

Vos besoins financiers ont-ils beaucoup évolué avec l’âge?

Non car je vis seul. J’ai donc le même régime de vie qu’à mes 20 ans, si on excepte le remboursement d’un crédit hypothécaire et d’un crédit auto. Ce qui a plombé mon budget, ce sont les campagnes électorales. J’ai dû emprunter de l’argent pour celles de 2012 et 2014. J’ai heureusement tout remboursé mais je dois désormais penser à économiser pour la prochaine campagne.

Quel type d’éducation financière donneriez-vous à votre enfant?

Je lui conseillerais de briller grâce à ses talents et à son esprit plutôt que par la réussite financière. Quand on est brillant dans un domaine que l’on a choisi, on obtient une satisfaction et un équilibre que l’argent ne peut pas acheter. Mais je ne veux pas non plus faire l’hypocrite. J’ai bien conscience qu’il n’est pas possible de s’épanouir pleinement quand on lutte tous les jours à cause de problèmes d’argent. C’est pour cela que je plaide pour une allocation universelle.

En 5 chiffres

7000
"Le code postal de la ville de Mons. J’aime vraiment ma ville et je veux devenir un jour son bourgmestre. Je n’ai aucun calendrier mais je sais que ça arrivera. La politique sourit toujours à celui qui le veut le plus."

44
"C’est le numéro de mon pilote de Formule 1 favori: Lewis Hamilton. J’aurai aussi pu dire 1976 car c’est probablement l’une des plus grandes saisons de l’histoire de la F1. En effet, c’est l’année du sacre de James Hunt."

18 ans
"L’année de mes 18 ans a été à tous points de vue formidable. Je dirais même plus qu’elle a été parfaite qu’il s’agisse du voyage de rhéto ou de mon anniversaire."

2009
"Mon entrée dans la vie active s’est faite cette année-là au cabinet de Didier Reynders, le ministre pour lequel j’ai toujours souhaité travailler. C’était un super point de départ pour le parcours que je suis en train de suivre."

3
"Visuellement, j’adore ce chiffre. Par ailleurs, dans mes propos, j’ai souvent des raisonnements en trois temps ou trois éléments à citer."

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