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Myriam Leroy: "J'ai besoin que l'argent ne soit pas un sujet de préoccupation pendant la journée"

Myriam Leroy/34 ans/Diplômée en journalisme (UCL)/"Cherche l’amour", sa première pièce se joue au Théâtre de la Toison d’Or jusqu’au 4 décembre/Elle anime l’émission "Coupé au montage" en radio sur La Première et en télé sur La Trois/Chroniqueuse pour "Matin Première" et "Entrez sans frapper" sur La Première, elle écrit aussi une chronique culturelle dans le Vif L’Express/Passionnée par les voyages, la lecture, le cinéma, les concerts et le vin rouge/Pratique le yoga.
©Dorian Lohse

Avez-vous déjà fait l’expérience de l’économie collaborative?

Oui, Airbnb pour des raisons de budget. Je ne suis pas sûre que j’aime bien car ça implique d’entrer en contact avec autrui et de passer la nuit à proximité d’autres êtres humains inconnus. J’aime assez le côté impersonnel des hôtels. Menu Next Door ne me tente pas trop car ça implique une socialisation forcée et un "small talk" obligatoire. Ça me tend déjà à l’avance.

Avez-vous récemment changé vos habitudes en matière de mobilité?

Mes déplacements se font essentiellement grâce à la STIB et à mes pieds, d’où l’état déplorable de mes chaussures. Je les choisis donc toujours en fonction de leur solidité. J’ai eu jadis une voiture mais j’ai laissé tomber car j’ai la dangereuse tendance à m’évanouir dans les situations de stress.

Quelle est l’importance de l’argent dans le couple?

Je n’en parlerais pas en terme d’importance mais je trouve que c’est bien quand c’est équilibré et que l’un n’est pas le fournisseur officiel des loisirs de l’autre. Cela peut créer des tensions et il serait plus sain dans un couple de ne pas exercer une forme de domination économique.

Êtes-vous du genre à vous faire inviter ou à exiger une division de la note?

Aucun des deux. Que ce soit avec des amis ou dans le cadre d’une relation amoureuse, je déteste qu’on divise la note. Du coup, je paie souvent pour tout le monde. En fait, je déteste les dettes et les cadeaux impliquant une forme de dette à mes yeux. Je n’aime pas devoir quelque chose à quelqu’un, surtout dans les prémisses d’une relation.

"Je ne supporte pas qu’on divise la note au resto. C’est du chipotage. Du coup, j’invite souvent tout le monde."

Qu’est-ce que "Myriam Leroy n’aime pas" d’autre quand il s’agit d’argent?

Je n’aime pas y penser. Cela a l’air d’un discours de riche mais j’ai vraiment besoin que ça ne soit pas un sujet de préoccupation pendant ma journée. Il m’est souvent arrivé de me demander comment j’allais finir le mois et je trouve ça surstressant. Surtout qu’avec le statut d’indépendant, on n’a pas le confort du travailleur salarié.

Donnez-vous de l’argent ou d’autres choses aux mendiants?

Oui et à tout le monde même si certains mendiants ont l’air moins crédibles que d’autres car je pense que dans le fond ils restent quand même des pauvres gens. Je leur donne moins par grandeur d’âme que par volonté de racheter mes fautes passées et de m’assurer un bon karma dans l’au-delà et une bonne réincarnation (rires).

"Il ne faut pas être le plus riche du cimetière."
Le conseil

Votre célébrité vous facilite-t-elle la vie? Vous ouvre-t-elle des portes?

Je pense que j’ai une notoriété de niche: je fais partie des gens qui ne sont connus que par ceux qui les connaissent. Donc non, je n’ai absolument aucun passe-droit nulle part. Un restaurateur m’offre parfois un limoncello. Mais je crois bien que c’est le cas pour tout le monde non? (rires)

Par contre, j’ai la malédiction de la guest-list. J’ai beau m’inscrire, je n’y figure jamais et c’est toujours le bide absolu car les invités passent devant moi en se disant c’est quoi cette clocharde qui essaie de s’incruster dans notre événement de prestige.

Dans son portefeuille: "Il est moche comme tout mais je l’aime bien.Je l’ai acheté lors d’une soirée caritative organisée par des aveugles au profit du séisme népalais. Je suis une bonne pigeonne pour ce genre d’événement." ©Caroline Sury

Remplissez-vous votre déclaration fiscale vous-même? Quelles réflexions vous inspire cet exercice annuel?

Non, c’est mon sauveur qui s’en occupe: mon comptable! J’ai systématiquement un contrôle fiscal et il me tire de l’ornière à tous les coups. Depuis qu’il m’assiste et que je suis passée en société, je gagne enfin ma vie de manière décente et je ne fais plus de cauchemar la nuit. Sinon, je suis assez contente de payer des impôts mais ce serait quand même mieux si je pouvais en payer un tout petit peu moins, comme la plupart des petits indépendants isolés qui ne bénéficient pas des faveurs faites par l’État aux grosses entreprises.

Cigale ou fourmi?

Un peu des deux. Je ne suis pas très dépensière et je n’ai pas beaucoup de besoins. J’achète peu de vêtements, je n’ai pas de voiture, ni d’enfant ou de chien. Par contre, j’aime bien me faire plaisir quand même en voyageant, en buvant un verre ou en allant dans des restos où on est bien reçu et qui servent de la qualité.

À quoi ressemblent vos voyages?

Ils sont lointains et en mode routarde. J’aime les lieux peu touristiques donc je choisis toujours un pays soit moche, soit réputé dangereux (rires).

En 5 chiffres
  • 23: "Tous les grands événements de ma vie se sont produits un 23. Et si c’était dans la nuit du 23 au 24, je dis que c’est le 23 pour que ce soit conforme à ma légende personnelle. Je trouve que c’est un beau chiffre et je le joue souvent à la loterie."
  • 19 ans: "J’aurai aimé que la vie se fige à ce moment-là. C’est l’âge où tout est possible et rien n’est irréversible. Après c’est le début des responsabilités, ce qui est nettement moins marrant. En fait, si ma vie s’était arrêtée là, je pense que je n’aurai pas été déçue."
  • 18h: "C’est l’heure à partir de laquelle je m’ouvre aux interactions sociales. Avant c’est trop tôt et trop énergivore! Si on me propose un apéro juste avant je refuse car ce n’est pas dans mon heure d’ouverture. Le rideau de fer mental est encore baissé."
  • 1989: "La sortie de La Petite Sirène, le film que j’ai le plus vu et qui a été fondateur. Il a implémenté dans mon cerveau une série de rêves et d’idéaux inatteignables. Surtout celui d’écrire son destin avec sa voix.Je voulais me lancer dans la chanson et je me suis vautrée."
  • 1.089 €: "Après trois années de vie active, j’ai eu une régularisation fiscale de 21.000 euros. Je me suis dit que je devais vachement bien gagner ma vie. Mais pas du tout, ça représentait un salaire 1.089 euros par mois, soit 30 euros de plus que le chômage à l’époque. Tout ça en cumulant deux temps pleins  un de jour et un de nuit."

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