interview

Christine Schréder: "Je me demande souvent: comment fait-on quand on touche 500.000 euros par mois?"

©Dieter Telemans

Chef d’édition Sports (Voo)/A étudié la philo romane et le journalisme/Depuis 1998 dans la même société qui a changé de nom (Canal + Belgique, BeTv, Voosport)/Présentatrice d’émissions depuis 2001: soirées de Ligue des Champions, matchs de Pro League, "L’Europe des 11" sur VOOsportWorld…/ Présence régulière sur le plateau de "La Tribune"/Commentaires en direct des matchs des Red Panthers (Euro de Hockey) en 2017/Maman de 2 enfants/Dingue de foot depuis ses 10 ans.

Avez-vous fait des jobs d’étudiant?

Oui et le premier m’a marqué car je devais financer — avec mes parents et grands-parents — un voyage rhéto à Moscou et Leningrad qui coûtait 25.000 BEF! J’ai travaillé à City 2 dans une boutique de cadeaux de Noel. Maintenant je sais emballer n’importe quoi, même une forme sphérique.

Une dépense que vous rêviez de faire avec votre premier salaire?

Au début, c’étaient surtout des piges, donc irrégulier. Je cherchais plutôt à mettre de l’argent de côté. Ma maman me disait dépensière alors que je rêvais juste d’acheter un vêtement de marque "tendance".

"Profitez des soldes! Et de façon générale, profitez de tout et de rien, pour sentir que vous vivez."
Christine Schréder
Chef d'édition Sports (Voo)

Si vous deviez réduire votre train de vie, à quoi renonceriez-vous?

C’est compliqué. On aime profiter des vacances, de moments en famille, de restos. S’il le fallait, je renoncerais aux petites choses qui rendent le quotidien un peu plus agréable et qui rompent avec la routine. Mais j’ai la chance de faire mes courses sans devoir regarder au prix.

Le milieu masculin du foot a-t-il déteint sur vous?

Non, cela m’a affirmée dans ce que j’avais envie d’être. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être une bête curieuse. Je fais partie du paysage car c’est ma passion depuis mes 10 ans. J’ai l’énorme chance de pouvoir la vivre et en vivre sans avoir la sensation de partir travailler. Mais tout ne tourne pas autour du foot. Je peux aussi m’en éloigner très fort: la plupart de mes amis et connaissances n’aiment pas le foot. Mon mari (Nicolas Gillart, journaliste RTBF) non plus. Je vais au foot avec mes enfants.

En 5 chiffres
  • 1997: "L’année où j’ai été diplômée. Mes années de scolarité (université, secondaire et primaire) ont été les fondements de mes relations sociales. C’est là que j’ai rencontré des copains et des amis que je vois encore aujourd’hui, et mon mari Nicolas."
  • 2001: "L’année de la naissance de mon fils Théo. Le début de la famille, une aventure extraordinaire."
  • 14h41: "L’heure de naissance de ma fille Lucie. C’est une belle heure harmonieuse, comme ma fille. Et j’aime la résonance dans les chiffres."
  • 25: "Mes enfants et mon mari Nicolas sont nés un 25 - de trois mois consécutifs de surcroît. Je cultive la superstition, un peu comme les footballeurs."
  • 14 contre 1: "C’est la cote donnée par les bookmakers anglais sur un éventuel titre des Diables Rouges au Mondial en Russie."

Les salaires délirants de certains sportifs, ça vous inspire quoi?

Cela me semble totalement irréel. Comment fait-on avec un salaire de 500.000 euros? Est-il versé sur un seul compte, tous les mois? Est-ce indécent? Je n’en sais rien, c’est la société qui veut et accepte ça. Certains joueurs redistribuent une partie via des actions caritatives. C’est une chance immense d’avoir des pieds en or qui permettent à des générations d’être richissimes et d’accéder à un avenir différent.

Pour quel type de dépense êtes-vous prête à mettre le prix?

Pour faire la fête. Je n’ai jamais arrêté! Et pour cela, il faut dépenser un peu d’argent. On apprécie de toucher au luxe dans un hôtel pour 2 ou 3 nuits, pour sortir de l’ordinaire. En tant que romaniste j’apprécie les livres, la culture, le cinéma, les musées. Mais ce n’est pas facile de tout faire. D’autant que dans mon métier, il faut rester connecté et informé, sinon on perd vite le fil.

Quel type d’acheteuse êtes-vous?

Je ne suis pas dépensière mais j’aime me faire plaisir. Je fréquente les magasins car j’apprécie le contact avec les objets. Comme je travaille surtout les soirs et week-ends, je peux faire du shopping en semaine quand il y a moins de monde. Je ne suis pas du style à faire plusieurs endroits pour dénicher les bonnes affaires. Sauf sur internet où elles sont à portée d’un clic, et pendant les soldes: là je suis capable de dépenser des centaines d’euros en un jour.

Comment conciliez-vous vies professionnelle et familiale?

Mon super bon plan, c’est de pouvoir compter sur la famille. C’est gratuit et inestimable de confier ses enfants l’esprit serein. Je suis plus disponible pour eux en semaine. Avec mon mari, on entretient la maison nous-mêmes, cela ne nous dérange pas. Avec nos horaires décalés et variables, si on fait appel à une aide ménagère un jour fixe, elle risque toujours d’être dans nos pieds.

Avez-vous déjà fait une bonne affaire?

Nous avons fait une énorme plus-value lors de la revente de notre première petite maison d’Evere en 2011. Nous l’avions achetée à bas prix en 2002 et autofinancé tous les travaux. Cela nous a permis d’acheter bien plus grand, à Etterbeek ou nous sommes super bien situés dans la ville. J’adore le moment où on sent qu’on va acheter, quand c’est le coup de cœur.

Une chose que vous ne (re) vendriez jamais?

Un ticket pour un match de foot. Même si on me proposait 10.000 euros pour racheter ma place pour une finale de Champion’s League — il y a des fous qui sont prêts à cela — je refuserais.

Dans son portefeuille

"J’ai un portefeuille en trois pièces. Parfois j’aime ne prendre que l’essentiel: mon porte-monnaie en forme de tête de chat (quand je l’exhibe, mes enfants me disent que c’est la gêne) qui contient les pièces et les billets, un petit format avec les cartes bancaires essentielles, ou un porte-cartes (carte d’identité, de presse). Du coup, tout est assez ordonné. Mais je rassemble aussi du brol dans une pochette: papier, bons de réduction périmés. Il faut faire le tri de temps en temps. Quand j’étais étudiante, nous allions au théâtre en groupe et avec ma meilleure amie, et quand on s’ennuyait, on en profitait pour ranger notre portefeuille (discrètement)! Je ne le fais plus…"

©Dieter Telemans

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