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Florence Angelici: "Rien ne ressemble plus à un hôtel de luxe… qu'un autre hôtel de luxe"

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Isabelle de Borchgrave (à gauche) avec des membres de son équipe. © Kristof Vadino
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Isabelle de Borchgrave: "L'argent, je le fabrique, mais cela ne m'intéresse pas de savoir ce qui lui arrive ensuite"

  • 10 juillet 2017 12:00

Questions de vacances à Isabelle de Borchgrave / Artiste-peintre / Habite en plein coeur d’Ixelles / Organise ses voyages à travers l’art / N’aime pas parler d’argent / Ne s’arrête jamais de peindre, surtout pas en vacances / N’a pas l’intention d’arrêter de travailler un jour / Expose et donne des workshops dans le monde entier / Certaines de ses robes en papier sont actuellement exposées au Musée du Cinquantenaire dans l’exposition Once upon a time

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Voyagez-vous souvent?

Je voyage pour suivre les expositions de mes robes en papier. Dans ce cas, ce sont des voyages rapides. Je n’aime pas spécialement être à l’étranger, j’adore être dans ma maison, on y est bien. Sinon, pour mes voyages de détente, j’adore le soleil et l’eau. Je ne pars jamais sans ma petite boîte de peintures.

Recherchez-vous l’exclusivité en vacances?

Oui, mais pas du tout par le luxe. Pour moi, le luxe est un endroit sans foule. J’organise moi-même mes vacances. Je suis à la recherche d’un guide pour nos futures vacances en Egypte. Les vacances doivent être synonyme de liberté, de découvertes, de flânerie, d’esprit en éveil... C’est aussi un très grand confort de savoir ce que l’on préfère.

En 5 chiffres
  • 25: Notre première maison était située au numéro 25 rue de Rollebeek.Les deux chiffres en bronze sont tombés.Je les ai ramassés, et réutilisés parce que nous avons déménagé au 52, rue Gachard.
  • 7: Le chiffre que j’ai joué lorsque j’ai été pour la première (et seule) fois dans un casino. Et j’ai gagné.
  • 2: Nous avons deux enfants.
  • 70: Mon âge.En réalité, c’est 71, mais je préfère dire 70.Je le prononce souvent soixante-dix.
  • 30: Le 30 juin, c’était le dernier jour de l’exposition "About Garden" dans mon atelier et le début des vacances.

Ramenez-vous des souvenirs de vacances?

Oui, je peins des paysages, des gens, des scènes de marchés, la vie…. dans des carnets de voyage. Lors d’une croisière sur le Nil, les paysages changeaient toutes les heures. Lorsque je suis allée au Brésil, j’ai perdu la tête pour les coiffes en plumes d’Amazonie. Il est interdit d’en ramener, alors je les ai réinventées en papier.

Quelle est votre définition du luxe, dans la vie quotidienne?

Pouvoir vivre de sa passion est le luxe ultime. Ne pas devoir se demander ce que l’on va faire demain, car cela vient toujours naturellement. Voir comment on peut arriver à enchanter les autres avec ses créations...

Avez-vous connu des difficulités financières?

Oui, pendant quarante ans, cela a été compliqué mais je n’ai jamais pensé à arrêter. C’est dans la création que l’on trouve des solutions aux problèmes. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, même très bien, mais ce n’est pas venu en un jour.

Vous intéressez-vous de près à votre patrimoine?

Mon investissement, c’est ma maison, ma galerie, mon atelier, mes créations, mes réserves de robes et mes tiroirs avec 3.000 dessins. Je n’ai pas fondé une start-up, je n’ai pas fait fortune en deux mois. Un jour, mon patrimoine artistique vaudra peut-être beaucoup d’argent. Peut-être pas.

Je ne pense pas à la valeur de mon patrimoine, mais je pense toujours à mes enfants, à ce que je vais leur laisser. Ce que l’on a construit ici, cet endroit, l’atelier, la maison et sa richesse de documents.

Dépensez tout votre argent, il est fait pour circuler.
Le conseil

Gérez-vous vos finances personnelles?

Non, cela ne m’intéresse pas vraiment. Werner, mon mari s’en occupe très bien. L’argent, je le fabrique, mais cela ne m’intéresse pas de savoir ce qui lui arrive. L’argent est fait pour circuler, pas pour être accumulé. Je donne à des œuvres et à mes enfants.

Y-a-il des choses pour lesquelles vous dépensez sans compter?

L’art de vivre est très important à mes yeux. Vivre dans une jolie maison, propre, lumineuse et ordonnée. Recevoir des amis autour de belles tables, avec une nappe bien repassée, autour d’un bon vin. Il y a toujours des fleurs chez moi. La maison a énormément d’importance, et d’ailleurs, j’adore y recevoir.

Dans le portefeuille: "On y trouve beaucoup de petits tickets de courses et de restaurant à classer. J’ai toujours des photos de mes deux enfants. Pour mes paiements, j’utilise des cartes bancaires en général." © Kristof Vadino Dans le portefeuille: "On y trouve beaucoup de petits tickets de courses et de restaurant à classer. J’ai toujours des photos de mes deux enfants. Pour mes paiements, j’utilise des cartes bancaires en général." © Kristof Vadino

Pensez-vous un jour arrêter de travailler?

Jamais. On nous dit que l’on vivra jusqu’à 100 ans... Même si je suis assise dans une chaise, je continuerai. C’est vital.

Quel est votre avis sur la spéculation dans l’art contemporain?

Parfois des clients se demandent si l’objet qu’ils sont sur le point d’acheter va ‘valoir quelque chose’. Je leur réponds, ‘si vous l’aimez, cela vaut déjà quelque chose’. C’est autre chose que d’aller à Bâle ou à Venise, de miser sur un artiste, de placer son achat dans un port franc quelque part et de ne pas ‘vivre’ l’oeuvre. Moi je ne crée pas pour vendre. Je crée parce qu’il faut que ça existe et que ce soit partagé.

Source: MonArgent

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