Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
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Rudi Vervoort "Je n'ai même pas de compte d'épargne. C'est un luxe, en fait!"

Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale (PS) depuis 2013 / 58 ans, marié, père de 3 enfants / Né à Evere où il a débuté sa carrière politique avant de devenir Bourgmestre puis parlementaire bruxellois / Licencié en droit / Intarissable lorsqu’il évoque la musique, sa passion pour laquelle il ne compte pas / Aime la nature et la randonnée en montagne.
©France Dubois

Receviez-vous de l’argent de poche?

Quand j’étais étudiant dans le supérieur, je recevais l’équivalent de 40 euros par semaine pour l’ensemble de mes dépenses (dont la voiture: essence, entretien, etc.). À l’époque, le budget vêtements d’un garçon ne représentait vraiment pas grand-chose. Aujourd’hui, la mode offre bien plus de choix… Apprendre à gérer un budget est en tout cas très utile.

Avez-vous un talon d’Achille en matière de dépenses?

Je suis un "addict" des disques! Je possède jusqu’à 3 ou 4 versions différentes d’un même disque. Étant un grand fan de Led Zeppelin, j’ai tout racheté: vinyles, CD, compilations, version remasterisée de chaque album, coffrets de luxe. Pour ça, je ne regarde absolument pas à la dépense. Quand on achète sur Amazon, la tentation est permanente car on reçoit toujours un message du style: "vous avez acheté tel CD ou DVD, ceci pourrait aussi vous intéresser...". Et de fait, ça m’intéresse.

"La priorité, c’est d’avoir un toit sur sa tête. Ensuite, il faut éviter de mettre son budget en péril en cédant à la tentation d’achats déraisonnables et compulsifs de biens de consommation: téléviseur écran plat, GSM, etc."

Le conseil

Si vous deviez réduire sensiblement votre train de vie, à quoi renonceriez-vous en priorité?

C’est vraiment difficile à dire car je n’ai pas un train de vie excessif. Si je n’étais plus obligé de porter des costumes, c’est sûr que je n’en achèterais pas. Même si les miens ne coûtent pas des milliers d’euros.

Parlez-vous d’argent (et cela vous dérange-t-il)?

Pas du tout, mais dans certaines limites. Aujourd’hui, dans les milieux politiques, il ne se passe par exemple plus un jour sans que ces questions soient mises sur la table. C’est de l’exhibitionnisme forcené. Je suis très favorable à la transparence, mais pas à une exposition permanente, inutile et malsaine. Je travaille sans relâche avec mon Gouvernement pour offrir un cadre clair à la gouvernance locale en commençant par concentrer les équipes communales, en encadrant les rémunérations de chaque mandat et en rationalisant les organes décisionels en surnombre. Si on me demande combien je gagne, je réponds: ce que la loi prévoit que je gagne, ni plus ni moins. Ces informations doivent être disponibles en toute transparence si on les cherche. En revanche, on ne doit pas se balader avec un "post-it" sur le front qui précise notre salaire!

Pour vos soins de santé, êtes-vous attentif aux coûts?

Je vais depuis toujours chez le même généraliste qui est un copain rencontré durant mes études. Je ne me pose donc pas la question du prix. Pour les médicaments, je privilégie les génériques. Certes le coût de la recherche doit être amorti, mais à partir du moment où le médicament est dans le domaine public, le prix doit être réduit au maximum.

"Des cartes de banque mais quasi pas de cash, ma carte Mobib, mon permis de conduire avec ma photo à 18 ans — une relique —, ma carte UCG Unlimited (je suis fan de cinéma, je n’ai plus le temps d’y aller mais j’y retournerai un jour), les photos d’un hôtel-resto super-kitsch du Val d’Aoste." ©France Dubois

Quelle définition donneriez-vous d’un riche?

On définit toujours la richesse de quelqu’un par rapport à soi-même. C’est une notion toute relative mais qui dépend de critères objectifs. Certaines personnes ont des capacités financières et un train de vie supérieurs aux miens grâce à leurs revenus professionnels, à un héritage, ou à la fortune familiale…

Un objet dont vous ne vous sépareriez pour rien au monde?

Aucun. Je ne projette pas de sentiments sur des objets. Je n’ai malheureusement plus le nounours de quand j’étais petit. J’ai un fils de 2 ans; on a acheté son doudou favori en plusieurs exemplaires, au cas où.

Pour vos achats, prenez-vous le temps de vous informer?

Pour certaines choses. Lorsque j’ai renouvelé ma chaîne Hifi, j’ai consulté des forums. C’est intéressant et on découvre qu’il y a de "vrais malades". Ils ont à peine acquis un objet qu’ils pensent au suivant. Tout leur univers est construit autour. Ca devient obsessionnel. Souvent, le matériel surclasse d’ailleurs le produit en termes de qualité. Essayez d’écouter un titre de Kendji Girac, c’est un produit pour des formats comme le MP3 ou le streaming. Sur de la Hifi c’est quasi inaudible.

Vous intéressez-vous de près à vos finances personnelles?

Pas du tout. Je n’y connais rien et cela ne m’intéresse pas. Je n’ai jamais investi, jamais eu de bon de caisse. J’ai économisé avant d’acheter mon logement mais je n’ai même pas de compte d’épargne. C’est un luxe en fait. Même étudiant, je n’ai jamais été en négatif.

Empruntez-vous les transports en commun?

Cela m’arrive parfois. J’ai le privilège d’avoir un chauffeur, et quand je vois qu’on n’avance pas, que tout est bloqué et que je risque d’être en retard à un rendez-vous ou une réunion, je sors et je vais prendre le métro. À tous les coups j’arrive avant ma voiture.

En 5 chiffres

888

"Les trois ‘8’, la grande revendication ouvrière: 8 heures de travail, 8 heures de repos (impératif de santé), 8 heures de loisirs (émancipation personnelle)."

180 BEF

"Le prix du ticket de mon premier concert à Forest National: Led Zeppelin. Aujourd’hui, les concerts sont hors de prix car ils sont devenus la principale source de revenus des artistes. Avant, c’étaient les disques…"

5.598m

"Le point culminant que j’ai atteint en randonnée: le Kilimandjaro. C’était il y a 10 ans."

1958

"L’année de ma naissance qui est aussi une date cruciale dans l’histoire de Bruxelles (Expo Universelle). L’époque des 30 glorieuses, de la Belgique Joyeuse, de l’insouciance, mais aussi les germes de la déstructuration du tissu urbain par le tout à la voiture".

1.500 BEF

"Le budget hebdomadaire dont je disposais lorsque j’étais étudiant pour toutes mes dépenses (dont la voiture, mes sorties, etc.)"

 

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