interview

Isabelle Arpin: "Si l'on pouvait acheter du temps, ce serait génial!"

©Dieter Telemans

Questions d'argent à Isabelle Arpin/Cheffe originaire du nord de la France/Elle a travaillé 18 ans à Ostende/Après le départ d’Alexandre Dionisio du restaurant portant son prénom à Bruxelles, elle a "récupéré" l’étoile perdue au guide Michelin/Après la fermeture récente du restaurant "WY" au Sablon, elle projette à présent l’ouverture de son propre restaurant.

Vous souvenez-vous de votre premier job?

C’étaient quelques jobs d’été. J’ai effectué mon premier travail vraiment rémunéré dans un restaurant de ma région, dans le nord de la France, à Bergues. C’était un travail en salle. Mais ce n’était pas mon truc. Alors, j’ai travaillé en cuisine sans avoir jamais cuisiné…

Dépensez-vous sans compter pour certains plaisirs de la vie?

Des petites folies: voitures et vacances. J’ai la chance d’avoir déjà pas mal voyagé dans ma vie. L’Australie est l’un de mes plus beaux souvenirs. C’était l’année de mes 30 ans, lors du passage au nouveau millénaire. J’y ai passé deux mois et j’y ai beaucoup pratiqué la plongée sous-marine.

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous ne dépenseriez pas un euro?

Les téléphones… Mais c’est nécessaire. Non, les sacs à main de luxe.

Comment réagiriez-vous si vous devenez subitement millionnaire?

Je jouerais au golf toute la journée.

Le conseil

"Bien réfléchir et être bien entouré par des gestionnaires. Le côté créatif de notre métier peut faire oublier l’aspect financier indispensable à une bonne gestion. Il faut resterles pieds sur terre. Ne jamaisse sentir arrivé, même après un succès rapide."

Quel est le pire achat que vous avez effectué?

Un tableau. Cet achat, je l’ai vite regretté mais j’ai finalement pu l’échanger. Je m’étais trompée dans mon choix.

Comparez-vous les prix avant d’acheter? Ou êtes-vous une acheteuse impulsive?

Mes achats ne sont pas impulsifs. Je ne suis pas tellement attirée par des choses matérielles comme des vêtements. Mais j’adore quand même les montres.

Pour vous, c’est quoi le vrai luxe?

Pouvoir profiter. Si l’on pouvait acheter du temps, ce serait génial. Surtout dans le métier très prenant qui est le mien. J’aime la sérénité, prendre l’air. J’ai besoin d’activités, j’aime être occupée. Je ne suis pas du style "transat" en vacances.

Possédez-vous un objet dont vous ne pourriez en aucun cas vous passer?

Une de mes montres. C’est un cadeau et c’est donc, pour moi, très sentimental. Même si un jour je me retrouve à la rue, je ne m’en séparerai pas.

Y a-t-il des comportements liés à l’argent qui vous insupportent?

Le gaspillage. Lorsque l’on a beaucoup d’argent, il faut assumer. Certaines personnes fortunées peuvent dépenser 8.000 euros pour un Petrus sur la carte des vins d’un restaurant et le demander en vin chaud… Par contre, cela ne me pose aucun souci si ces personnes possèdent quinze voitures dans leur garage.

Êtes-vous collectionneuse?

Pas vraiment. Ce n’est pas dans mon esprit, même lorsque j’étais jeune. Toutefois, j’aime les montres et j’en possède plusieurs.

Quelle est votre principale leçon de vie concernant l’argent?

Il ferait danser le diable! L’argent ne doit pas être l’essentiel dans la vie. Il faut faire attention à ne pas se laisser corrompre par l’argent.

Dans son (gros) portefeuille: "Beaucoup de cartes. Les inévitables cartes bancaires mais aussi des cartes de mobilité (SNCB, Mobib) et celle de la Fédération Royale Belge de Golf. Sans oublier les indispensables cartes de visite." ©RV-DOC

Avez-vous déjà eu des difficultés financières?

Si j’ai des envies et que je ne dispose pas de l’argent pour m’acheter quelque chose que je désire, c’est simple: je ne l’achète pas.

Une chose dont vous rêvez mais qu’il vous est impossible d’assumer financièrement?

Cela me ramène à ma jeunesse: vivre dans un endroit très isolé, entourée de chevaux. Ce serait pour moi un retour aux sources.

Préparez-vous déjà votre pension?

Non, pas vraiment. Je n’ai pas d’enfants et je ne pense pas encore vraiment à ma retraite car j’ai encore de nombreux projets. Je vis actuellement pour mon métier qui est aussi une passion.

En 5 dates
  • 1970: "Ce n’est pas la date de ma naissance mais celle où j’ai été adoptée. J’aurais pu terminer plus mal."
  • 2000: "L’année de mon fantastique voyage en Australie durant le passage au nouveau millénaire. Quels souvenirs! C’était vraiment top. Passer Noël sur un voilier…"
  • 2015: "L’année où j’ai décroché une étoile dans le guide Michelin. C’était totalement inattendu mais bienvenu."
  • 2016: "J’ai été sélectionnée par un guide  toujours Michelin  réservé aux cheffes travaillant en Belgique et au Luxembourg. C’est aussi l’année où je suis apparue pour la première fois en couverture d’un magazine. C’était dans votre magazine, Sabato, sur un voilier en compagnie de l’ancien président du parti socialiste flamand, Bruno Tobback."
  • 2017: "Cette année, j’ai pris la décision de me lancer. J’aimerais ouvrir mon propre restaurant. Pour une raison de stabilité aussi. Mais ce n’est pas encore fait…"

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