Alexander De Croo: "Je ne suis pas prêt à dépenser de l'argent pour des conseils en investissement"

©Dieter Telemans

42 ans/Vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l’Agenda numérique, des Télécoms et de la Poste/Président de l’Open VLD entre 2009 et 2012/Ingénieur commercial (VUB)/Ex-consultant au BCG/A fondé son entreprise de consultance dans le domaine de la propriété intellectuelle en 2006/Accro à la technologie.

Vous conseillez de comparer régulièrement les contrats télécom. Le faites-vous?

J’ai toujours joué le jeu pour mes abonnements mobiles quand j’étais indépendant. Aujourd’hui, ce sont des contrats fédéraux. Pour la télé, le problème est qu’il n’y a pas beaucoup d’offre. En gros, il y a Telenet ou Proximus, et ces deux opérateurs ont toujours des offres similaires. L’ouverture du câble et l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile vont amener plus de concurrence et une baisse des prix.

En cinq chiffres
  • 69%: "Le taux d’activité en Belgique. C’est LE chiffre qui compte. Nos voisins font beaucoup mieux. Or c’est la base pour avoir un pays plus sain sur le plan budgétaire."
  • 9660: "Le code postal de mon village, Brakel."
  • 2: "Le nombre de lignes de métro à Bruxelles. Il en faudrait beaucoup plus si l’on veut résoudre le problème de mobilité. Actuellement, on est obligé d’entrer en ville en voiture."
  • 777: "Le 7 juillet 2017. Le jour de notre mariage. Un pur hasard, on ne voulait pas cette date en particulier."
  • 2: "J’ai deux garçons, Gabriel et Tobias."

Avez-vous adopté des gestes pour économiser l’énergie?

Nous avons réalisé de grosses rénovations dans notre maison il y a sept ans et nous avons énormément investi dans les économies d’énergie. À l’époque, nous n’avons pas installé de panneaux photovoltaïques. Je trouvais le système trop subsidié et je ne voulais pas m’engager dedans. Nous avons opté pour un chauffe-eau solaire. Maintenant, on commence à s’intéresser de nouveau aux panneaux photovoltaïques. Sinon, j’essaie de ne pas utiliser ma voiture quand je suis chez moi à Brakel. J’ai acheté un vélo électrique belge Cowboy, il est formidable.

Achetez-vous en ligne?

Oui, mais pas sur Amazon, je trouve que ce site est mal fait et qu’on n’y trouve rien. Mais on achète en ligne presque tout ce qui est "répétitif": des chaussettes, des chemises, des vêtements pour les enfants. Il y a plusieurs paquets par semaines qui arrivent à la maison!

Êtes-vous prêt à payer plus cher pour le local, le bio?

Je crois fort au principe de durabilité, mais certains produits bio qui sont vendus aujourd’hui ne sont pas meilleurs en termes de durabilité. Un grand pas en avant dans ce domaine serait de rendre les produits de masse plus durables. Ensuite, penser que l’on va résoudre tous les problèmes du monde en allant chacun de notre côté acheter nos pommes de terre chez le fermier, c’est faux. Ce serait une catastrophe écologique en termes de transport… Par contre, nous avons un petit potager chez nous et ça, c’est génial.

"Tout le monde n’est pas un bon investisseur ou un bon conseiller. Investissez en vous-même et dans quelque chose que vous connaissez."
Le conseil

Vous êtes à l’origine du cadre fiscal de l’économie collaborative. En êtes-vous utilisateur?

L’économie collaborative, c’est la manière la plus directe de faire entrer les gens dans l’entreprenariat. Dans ma commune à Brakel, il n’y a pas encore beaucoup d’offre. Sinon, j’utilise Uber ou Lyft pour mes déplacements à l’étranger.

Consacrez-vous un budget élevé aux nouvelles technologies?

Oui, clairement. C’est même un hobby. À chaque fois qu’il y a un nouveau smartphone Google qui sort, je l’achète. J’ai récemment acheté une imprimante 3D. En fait, je prétends que c’est pour mes enfants, alors ça passe mieux! L’engin le plus "fou" que j’ai acheté, c’est un skateboard électrique. Je m’en sers pour faire des petits trajets le week-end. En fait, j’adore bricoler avec la technologie. Je le faisais déjà plus jeune avec les ordinateurs de mes parents, mais ça ne s’est pas toujours bien terminé…

Investissez-vous?

Non, pas du tout. J’ai seulement un compte d’épargne. Je n’ai pas beaucoup de marge pour investir, on a mis beaucoup d’argent dans la maison. Et puis, cela ne me passionne pas. Quand je travaillais dans le privé, j’avais un fonds de pension du deuxième pilier. Je l’ai liquidé pour créer ma société. Fiscalement, c’est une erreur, mais au fond, c’est un bon investissement, car j’ai investi dans ma propre entreprise. C’est toujours dans cette optique que je regarde les choses.

Dans son portefeuille: "J’ai juste la base dans mon portefeuille. J’essaie de payer par carte et de ne pas utiliser de cash, mais ce n’est pas toujours possible. Avant, on était précurseurs dans ce domaine, mais ce n’est plus le cas. Je ne garde pas non plus de cartes de fidélité, de tickets, de photos, etc. dans mon portefeuille." ©Dieter Telemans

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous ne dépenseriez pas un euro?

Il y a quatre ans, je vous aurais peut-être répondu les ONG dans la coopération au développement. Mais maintenant que j’ai vu comment des ONG comme MSF travaillent, je le fais avec plaisir. Ils font un travail exceptionnel. Aujourd’hui, je ne serais pas prêt à dépenser de l’argent pour recevoir des conseils en investissement. J’ai l’impression qu’on paie parfois beaucoup pour seulement avoir un bon café. Je préfère l’auto-investissement…

Quelle est votre idée du luxe?

Avoir du temps et rester à la maison, je suis tellement souvent à l’étranger. Une semaine entière pour rester chez moi, faire du sport, passer du temps avec mes fils et bricoler avec mon imprimante, il ne me faut pas plus!

De quel objet ne vous sépareriez-vous pour rien au monde?

Ce n’est pas un objet, mais la région dans laquelle j’habite. Le fait de venir de quelque part, de vivre dans la région dans laquelle j’ai grandi. C’est très important.

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