×

claude c.108

11:05 - 16 avril 2018

Il est faux que la plupart des gens riches le sont devenus par hasard. Dans la vie la chance, comme la malchance, sont heureusement des évènements rares. Mais on peut "provoquer", "aller à la rencontre" , se "mettre en position", pour un évènement chanceux ou malheureux ou le hasard. Le reste, 95% au moins, c'est le fruit du travail ou parfois d'un héritage. Dans le classement des gens les plus riches au monde, je n'en vois aucun qui n'ait pas gagné sa richesse grâce à son travail et son intelligence. Evidemment, quand on ne vient pas du monde de l'entreprise privée et encore moins de celui de la création d'entreprise (donc celui de la création de richesse), on ne peut pas comprendre tout cela.

André Lamy: "Mon seul véritable luxe, ce sont mes collections et mes enfants"

1
Réagir
 © Dieter Telemans
3 Temps de lecture

2 photos

Jannie Haek: "La plupart des gens qui sont devenus riches le sont devenus par hasard"

Questions d'argent à Jannie Haek

  • 13 avril 2018 19:55

52 ans/Administrateur-délégué de la Loterie Nationale/Ex administrateur-délégué de la SNCB/Ancien conseiller et chef cab’ des ministres SP-A Louis Tobback et Johan Vande Lanotte/S’occupe lui-même de ses investissements/Aime comparer les produits pour leur approche marketing, pas pour leur prix/Apprécie les choses ordinaires.

Publicité

Publicité

Publicité

Quels sont les comportements liés à l’argent qui vous insupportent?

Quand l’argent est là pour vous donner un statut qui vous différencie par rapport à l’ordinaire. Je ne comprends pas l’intérêt pour les marques, les voitures de luxe, les restaurants de renommée, les cercles d’affaire. Les "M’as-tu-vu"…Ce que j’aime avant tout, c’est la simplicité! Je suis plus boulettes sauce tomate que restaurant étoilé.

Quelle est votre idée du luxe?

Les choses ordinaires. Je suis souvent invité dans des espaces VIP aux événements. Je suis le premier à essayer de m’échapper pour rejoindre l’endroit "normal" où les gens boivent des bières, ont des conversations "normales". J’ai été éduqué dans cette normalité et cela me tient à cœur.

Êtes-vous plutôt "bon plan" ou "pigeon" en matière d’achats?

Je compare beaucoup les produits, mais pas en fonction de leur prix. Ce qui m’intéresse en tant que dirigeant d’entreprise, c’est d’observer comment l’entreprise communique vers son public cible. Au final, je choisis le produit qui va plaire quand je le ramène à la maison… Pour les fournisseurs d’énergie ou télécoms, je ne compare jamais, j’ai trop peu de temps pour cela. Je regarde la façon dont les entreprises m’approchent. Si je devais choisir, je prendrais celle qui peut venir le plus vite chez moi.

"Ne comptez pas trop sur les analystes pour vos investissements. La plupart des gens qui sont devenus riches le sont devenus par hasard… Ils ont eu de la chance."
Le conseil

Qui s’occupe de vos investissements?

Je le fais moi-même. J’investis dans des fonds, mais je ne les suis pas activement. Je lis toutes les analyses sans y croire très fort. On découvre souvent les causes de la chute d’un titre après. Personne ne nous a prévenus avant…

Comment vous déplacez-vous?

Je viens tous les jours en train, en accord avec mes principes écologiques. Mais je prends aussi le train pour les mêmes raisons, probablement, que ceux qui prennent leur voiture et qui passent du temps dans les embouteillages: chaque humain a besoin d’un peu de temps perdu. Cela lui donne le temps de réfléchir. Un peu comme quand on prend sa douche. C’est du temps perdu indispensable car c’est à ce moment-là que viennent les idées.

Êtes-vous étonné par le prix de certains biens ou services?

Certains types de transports devraient être plus chers. J’ai dû assister à une réunion de dirigeants des loteries européennes, et tout le monde s’est retrouvé en avion à Tel Aviv. Il est interpellant que l’on puisse faire cela, notamment dans le cadre du respect de l’environnement. Certains transports pourraient être plus onéreux, pour conscientiser les gens. C’est comme les voitures de société: les gens ne se rendent plus compte de ce que cela représente.

En 5 chiffres
  • 7: "Quand j’étais à l’école, on nous attribuait un numéro en fonction de notre nom de famille. J’ai toujours eu le 7, quelles que soient les classes."
  • 32: "On m’a offert une boule originale de l’Euromillion: un 32. Et puis j’ai reçu une boule originale du Lotto, un 32 aussi."
  • 1: "On veut toujours être le meilleur, le numéro 1."
  • 40: "Le Lotto va avoir 40 ans cette année. Gros challenge: renouveler ce jeu, le plus populaire en Belgique."
  • 424: "Le nombre de collaborateurs à la Loterie Nationale. Je les connais tous et chacun me tient à cœur."

Quel est votre pire achat?

J’ai acheté sur un site internet 500 capes de pluie parce que j’aime en distribuer aux gens quand j’assiste à des festivals de musique. Elles ne sont jamais arrivées… Un jour viendra où les gens pourront eux-même choisir des produits, les mettre dans leur caddie et repartir tout de suite chez eux avec leur achat (rires). On en reviendra sans doute de l’e-commerce…

Pour quels services êtes-vous prêt à payer pour vous faciliter la vie?

Entre deux pompes à essence, je choisis celle où je suis servi, même si c’est un peu plus cher. Quand je vais à New York, je fais cirer mes chaussures dans la rue. Je ne comprends pas le mépris qu’ont certaines personnes pour celles qui rendent des services qui leur facilitent pourtant la vie.

Quel est votre budget jeux de hasard?

Comme les Belges, c’est-à-dire en moyenne 250 euros par an. Je teste nos nouveaux produits pour voir comment la communication fonctionne. Nos jeux, contrairement à ceux des opérateurs privés, sont volontairement peu chers.

Que pensez-vous de la problématique des pensions?

Dire que les pensions sont impayables, ce n’est pas toujours évident à comprendre. Qu’il faille réformer l’âge de départ à la retraite, les périodes assimilées, etc., c’est une vision politique que peuvent bien entendu avoir nos dirigeants. Mais cela n’est pas toujours en lien direct avec le financement des pensions. On peut payer les pensions à condition que l’État puisse les financer. Il est important d’assainir les finances publiques. Je me suis occupé de 1995 à 2004 du budget de l’État et durant cette période, la dette du pays a diminué de 130 à 85% du PIB, constituant ainsi une bonne base objective pour assainir.

Dans son portefeuille: "Je fais beaucoup d’opérations bancaires avec mon smartphone. Dans mon portefeuille, j’ai toujours du cash. A l’étranger, je fais du change pour avoir des devises, pour payer un taxi, laisser des pourboires. Je laisse toujours un pourboire au restaurant. Même à l’étranger. Même si je sais que je ne reviendrai jamais…" © Dieter Telemans Dans son portefeuille: "Je fais beaucoup d’opérations bancaires avec mon smartphone. Dans mon portefeuille, j’ai toujours du cash. A l’étranger, je fais du change pour avoir des devises, pour payer un taxi, laisser des pourboires. Je laisse toujours un pourboire au restaurant. Même à l’étranger. Même si je sais que je ne reviendrai jamais…" © Dieter Telemans
Source: MonArgent

Publicité

Publicité