Alessandro Ciriello: "Il est hors de question que je dépense 8 euros pour manger des céréales"

©Dieter Telemans

21 ans, Rixensartois, Chef du restaurant "L’Horizon" situé à Dion-Valmont. En 2016, il a échoué aux portes de la finale de l’émission "Objectif Top Chef". Découverte de l’année 2018 dans le Gault & Millau, il est aussi présent dans le guide des Jeunes restaurateurs d’Europe. Diplômé de l’école hôtelière Pierre Romeyer de Wavre, il est ensuite formé chez Yves Mattagne, Maxime Colin et Peter Goossens ("Hof Van Cleve"). Entraîneur de foot des moins de 9 ans au Sporting de Charleroi.

Quel a été votre premier job?

J’ai commencé comme entraîneur de foot pour des enfants de 7 ans quand j’avais 15 ans. Ça me permettait de gagner environ 500 euros par mois. Mais mon premier job en cuisine, c’était au Château de Limette et je gagnais environ 1.200 euros.

Où faites-vous vos propres courses?

Je vais au Colruyt, c’est un magasin de qualité qui pratique des prix raisonnables. C’est assez proche de ce que l’on trouve dans un Metro ou au marché matinal. C’est donc super intéressant. Dans la mesure du possible, j’essaie évidemment de privilégier des produits bio et locaux tout en faisant attention à ce que je dépense.

Avez-vous une ou collection?

J’ai énormément de livres de cuisine. Et même si j’en ai déjà beaucoup, je continue toujours à en acheter. Par ailleurs, j’ai une petite collection de "Guide Michelin" à l’entrée du restaurant mais ils m’ont tous été offerts. Les publications vont des années 1920 à 2010. J’ai aussi des livres de cuisine scientifiques: "The Modernist". C’est une collection en 5 tomes d’une valeur de 500 euros. Ces bouquins expliquent par exemple à quel degré l’œuf va cuire ou à quel moment la béarnaise va se figer. C’est une collection que possèdent beaucoup de grands chefs.

Où vous restaurez-vous?

Je n’ai pas peur de le dire: entre deux services, quand je n’ai pas le temps, il m’arrive de manger sur le pouce. Mais quand je suis en congé, mon plaisir, c’est quand même de me faire un petit gastro. Ça me permet de nourrir mon inspiration et de revoir des chefs que j’ai côtoyés. Il y a aussi ma cantine à Genval que j’apprécie: "L’élixir des sens". C’est de la bistronomie, c’est sympa, on mange super bien et pour pas trop cher.

Estimez-vous important d’être aidé par ses parents pour se lancer?

Franchement oui et dans mon cas, ça me permet d’avancer sereinement (sa mère s’occupe du service en salle et son père l’assiste en cuisine, ndlr) et d’être tranquille en ce qui concerne le personnel. L’avantage de travailler avec mes parents, c’est qu’ils seront toujours là même si parfois il y a des tensions ou des disputes. On passe au-dessus car c’est la famille et pas du personnel. C’est notre grande force. Je sais que c’est une chance qui ne durera pas éternellement.

Êtes-vous choqué par le salaire de certains footballeurs?

Non car ils ont énormément travaillé pour en arriver là. Ils consacrent 12 à 14 heures par jour à ce sport. Ce que je n’accepte pas par contre, c’est qu’il y a encore des SDF dans notre société actuelle.

Y a-t-il des produits/services dont le prix vous étonne en Belgique?

Les Kellogg’s! C’est 8 euros le paquet d’un kilo de "Trésor", mes préférés! La dernière fois que j’ai fait les courses et que j’ai constaté ce prix, j’ai finalement opté pour la marque du distributeur. Il est hors de question que je dépense 8 euros pour manger des céréales! De manière générale, je trouve que l’alimentation devient de plus en plus chère. Pareil pour l’eau courante. Son prix me dépasse mais je n’ai pas le choix, je le subis!

Un achat que vous avez vite regretté?

Plein! Je me dis souvent "mais quel con, pourquoi j’ai acheté ça?"! Avant, quand il s’agissait de m’habiller, j’agissais stupidement. J’achetais pour acheter, je prenais des vêtements sans les essayer car j’avais trop chaud dans les cabines d’essayage. Du coup, je me retrouvais avec plein de vêtements, dont certains qui ne m’allaient finalement pas, que je laissais traîner et que je ne portais donc jamais. Il y a plein d’autres exemples comme ça. Si je vois un balai électrique magique pour nettoyer ma maison, je risque de l’acheter sans me poser trop de questions.

C’est quoi le vrai luxe?

Pouvoir vivre en bonne santé!

En 5 chiffres

50.000: "Le nombre de km que je parcours par an en voiture, notamment pour mes déplacements aller-retour à Charleroi et les déplacements de l’équipe de football. On a des matches au Standard, à Anderlecht. En plus, j’aime bien découvrir les producteurs locaux dans le coin. Je me promène souvent chez les producteurs."

3: "J’ai déménagé déjà 3 fois alors que je n’ai que 21 ans. J’ai toujours eu des problèmes dans les locations précédentes. J’espère avoir enfin trouvé un bon endroit pour me poser et acquérir une stabilité financière."

2: "Mon chiffre fétiche, que je vois presque partout."

2017: "L’année de naissance de ma fille, Yulia."

7h45: "Mon réveil sonne tous les jours à cette heure-là et se réenclenche toutes les 5 minutes jusqu’à 8h45."

"Je perdais tout le temps mon portefeuille donc je n’en ai plus jamais sur moi. Récemment, j’ai refait une demande pour avoir une énième carte d’identité et un permis de conduire. Je n’ai rien dans mes poches non plus, ni carte de banque ni cash. Je n’ai absolument rien sur moi et c’est parfois un gros problème. Mes cartes de banque doivent être dans la poche d’un de mes vêtements mais je ne sais pas lequel." ©Dieter Telemans

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