interview

Cécile Djunga: "Je veux à tout prix éviter la honte d'arriver au paradis avec 15.000€ sur mon compte"

©France Dubois

À suivi des cours de théâtre depuis son plus jeune âge/Formée au Cours Florent (Paris)/ "One Killeuse Show", le premier spectacle qu’elle a écrit et joué à Paris et Bruxelles remporte de nombreux prix/"Presque célèbre", son 2e spectacle est prémonitoire/Miss météo à la RTBF et sur TV5 Monde/Hyper active, positive et de bonne humeur/Dans le partage et la spontanéité financière/Ne laisse pourtant pas la gestion de son argent au hasard et ses dépenses sont raisonnables.

Quelle éducation financière avez-vous reçue?

Elle m’a marquée. Parfois je m’en plains. Ma maman ne compte pas trop, du coup moi non plus. Je n’ai pas vraiment appris à gérer. Mais cela se traduit par beaucoup de générosité et de liberté. Je suis dans le partage et la spontanéité financière.

L’argent est-il un sujet qui fait rire?

L’agent est un bon sujet car il concerne tout le monde, qu’on en ait beaucoup ou pas du tout. J’en parle parfois au spectacle, dans les grandes salles, on dit: "les pauvres en bas, les riches en haut". Ça fait rire.

Vous avez dit qu’en vous inscrivant à des cours de théâtre, votre maman a contribué à faire de vous un saltimbanque et vous a mis "dans la merde" (financièrement)….

Artiste est loin d’être d’office synonyme de saltimbanque. Mais évidemment, le fait de ne pas avoir de stabilité professionnelle peut conduire à la précarité. Et c’est sûr que pour un artiste qui débute, c’est la dèche. À Paris au Cours Florent, j’ai vécu pendant six ans à découvert. Maintenant j’arrive à en vivre, ça va mieux. Souvent les artistes font des projets qui leur tiennent à cœur, mais qui sont mal payés.

"N’oubliez pas que l’argent sert à être dépensé et à se faire plaisir. Je veux à tout prix m’éviter la honte d’arriver au paradis en ayant encore 15.000 euros sur mon compte."
Le conseil

L’argent, comment le gérez-vous?

J’apprends… à mettre de côté, vu que précisément, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Ça me stresse un peu, j’avoue. Mon grand projet, c’est d’investir dans l’immobilier. Quand je me projette dans le futur, je me vois dans un appart, un duplex, un loft. Une maison, ça ne me fait pas rêver. Je me sens citadine. J’aimerais engager un comptable. J’ai besoin de conseils fiscaux. Je pense que je n’optimise pas du tout…

Où faites-vous vos courses?

Je ne suis pas forcément dépensière mais j’ai décidé de me faire un peu plus plaisir. Mes "craquages" restent quand même raisonnables: pas plus de 100 euros. Je me suis quand même acheté une voiture. Sinon, je dépense beaucoup pour la nourriture: j’adore les restos, les vacances. Pour les fringues, j’aime la récup, les friperies. Pour les courses au quotidien, je n’ai pas de petites habitudes. J’achète sur internet mais j’aime faire les magasins.

Des comportements, attitudes, propos relatifs à l’argent qui vous dérangent?

Les gens qui sont près de leurs sous! Mes amis, je les invite une fois et ils m’invitent la fois suivante. Je ne veux pas compter pour des broutilles. J’adore inviter.

En 5 chiffres
  • 0: "Zéro, ou nul, c’est à l’opposé de ma personnalité. Je suis toujours très optimiste et positive."
  • 2: "Deux, ça symbolise le couple, l’amour. À deux on va plus vite, plus loin."
  • 5: "Pour le mois de mai, le 5e de l’année, qui est celui de mon anniversaire. Mais plus fondamentalement, j’adore le mois de mai car c’est le début d’une longue période estivale où l’on sort enfin la tête de l’eau. Il y a plein de congés aussi…"
  • 89: "L’année de ma naissance. D’ailleurs, j’aime les années 80. La 89e, c’était aussi mon unité scoute."
  • 8: "C’est un chiffre qui me poursuit et me porte bonheur. Je l’aime bien."

Une chose inaccessible qui vous fait rêver?

Ce serait de toute façon quelque chose à faire plus qu’à acheter. (Elle réfléchit…) Une croisière sur un bateau de folie dans les Caraïbes. J’inviterais toute la famille.

Des choses que vous trouvez vraiment peu chères en Belgique?

Ce que je trouve formidable chez nous, c’est la qualité des soins de santé et l’enseignement qui est quasi gratuit par rapport à certains pays où il faut être bien né pour avoir accès à certaines écoles. Je m’en suis rendu compte en faisant le Cours Florent à Paris, une école privée hyper chère.

Le prix de quelque chose que vous achetiez étant enfant?

Des bonbons, avec une pièce de 50 francs belges. Et l’album des Spice Girls, cela devait faire plus ou moins 500 francs.

Prêtez-vous de l’argent? En donnez-vous aux mendiants?

Je donne beaucoup d’argent. J’en envoie à ma famille au Congo et si je peux dépanner, je le fais, je prête. On m’a d’ailleurs aussi prêté de l’argent pour étudier. Cela me paraît normal de rendre la pareille. Je donne toujours aux mendiants si j’ai de la monnaie, surtout s’ils font quelque chose.

Une passion ou un hobby coûteux?

La salle de sport et mon coach! Ce n’est d’ailleurs pas du tout un hobby. Je déteste et ça me coûte cher. Mais il faut bien que j’élimine tous ces restos! J’aime bien faire de la moto avec mon homme, mais les équipements coûtent cher.

Dans son portefeuille: "En fait, mon portefeuille, je l’attends. J’en ai demandé un pour mon anniversaire. Pour l’instant, je n’ai qu’un porte-monnaie que j’ai acheté sur un marché africain. Il est en wax. Il a un look enfantin qui ne fait pas très sérieux. Je lance un appel: offrez-moi un beau portefeuille en cuir, grand et où on peut mettre plein de choses." ©France Dubois

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