Cindya Izzarelli: "Le vrai luxe, pour moi, c'est l'absence de bruit"

©Dieter Telemans

Cindya Izzarelli a 33 ans. Elle a grandi dans le Hainaut et a toujours voulu écrire. Entrée à la RTBF en 2015, elle participe aux émissions radio "C’est presque sérieux", "Jour Première", "Matin Première" et "Week-end Première.

Vous souvenez-vous de votre premier job et de votre premier salaire?

Mes parents tenaient un snack/friterie à Estinnes-au-Mont, près de Binche. Déjà à 14 ans, j’allais "battre le panier", c’est-à-dire cuire les frites. Un job qui a ensuite payé mes études. Mais j’ai touché mon premier vrai salaire en 2008 comme assistante de direction dans une société allemande de nettoyage et réparation de vêtements de travail. J’avais terminé mes études d’interprétariat et maîtrisais l’allemand. J’étais en quelque sorte interprète dans cette société.

Selon vous, que payons-nous trop cher?

La culture tout d’abord. L’État ne subventionne pas assez. Et aussi les transports en commun.

Y a-t-il des comportements liés à l’argent qui vous exaspèrent?

La pingrerie. Je déteste les comptes d’apothicaire. Au restaurant, avec des amis, l’addition séparée au centime près… J’avais un petit ami qui, à la pizzeria, souhaitait que chacun de nous deux paye sa pizza. Nous ne sommes pas restés très longtemps ensemble…

Dans une démarche d’achat, comparez-vous les prix?

Quand il s’agit d’achats pour la consommation au quotidien, je compare les prix. Mais pour d’autres, des vêtements, des objets d’art ou d’artisanat, je ne les discute pas.

Pour quoi êtes-vous prête à dépenser sans compter?

Pour manger. Acheter de bons produits. J’adore cuisiner. Je peux faire de nombreux kilomètres pour me rendre chez un producteur.

Un objet que vous ne vendrez jamais?

Un stylo Mont Blanc, gagné lors d’un concours organisé par le journal La Libre. C’est la première fois que je suis rentrée dans une boutique de luxe. Dans la dèche, j’ai failli le vendre. Finalement, non. Je m’en sers tous les jours et ne le vendrai jamais.

Le vrai luxe, c’est quoi?

Le temps et le silence. J’habite en ville mais mon bureau est voisin d’un cimetière… Je déteste les klaxons, la circulation des voitures. L’absence de bruit est un véritable luxe.

Le conseil? "J’aurais aimé qu’on me le donne: celui de vaincre sa timidité. J’avais toujours peur de déranger. On peut vaincre sa timidité en parlant aux gens: dire qui on est, demander qui vous êtes. En bossant aussi, même si le job n’est pas nécessairement celui que l’on désire. L’important, c’est de partager ce que l’on fait."

Un de vos rêves, peut-être financièrement impossible à réaliser?

Un grand voyage en train: l’Orient Express, le Transsibérien.

Réalisez-vous vos achats dans les supermarchés ou les magasins de proximité?

Les deux, mais environ 80% en magasins de proximité et sur les marchés. Pour les vêtements aussi, je fréquente les petits commerçants et les magasins de seconde main.

Êtes-vous collectionneuse?

Je ne le suis plus, les objets que je collectionnais prennent trop de place. Comme des boîtes "vintage" en métal. J’ai toutefois une belle collection de livres sur l’histoire de la cuisine.

Vous devenez millionnaire, l’occasion de réaliser un rêve. Ce serait lequel?

Acheter une maison au lac de Côme. Une villa dans l’esprit "belle époque" sur le côté montagneux du lac, moins fréquenté, très nature et très calme.

Pour les vacances, quelles sont vos destinations favorites?

Cette année, mon compagnon et moi avions envie de nous diriger vers l’est de l’Europe. Nous sommes allés en Allemagne et en Pologne, avant de rejoindre l’Italie, le berceau de ma famille originaire de la région des Abruzzes. Nous avions prévu un beau budget et réservé par Airbnb. Des locations parfaites! Nous nous sommes déplacés en voiture. J’essaye d’éviter les compagnies aériennes low cost. J’aime voyager en train mais les billets coûtent vraiment très – trop — cher…

Un objet indispensable en vacances?

La valise, elle est évidemment incontournable. J’y glisse carnet et stylo, de quoi écrire: ma passion.

"Mon abonnement à la piscine, des tickets de métro parisien, une petite pièce de monnaie ‘porte bonheur’ donnée par ma grand-mère sicilienne, ma carte d’abonnement au Magic Land Théâtre et une autre, de fidélité, d’un magasin montois de seconde main, Carnaby." ©Dieter Telemans

En cinq dates
  • 1998: "J’étais en quatrième secondaire et j’ai remporté un concours d’écriture pour l’éditeur Gallimard. Un concours qui réunissait des candidats belges mais aussi français et suisses. J’ai emmené toute ma classe au Futuroscope de Poitiers."
  • 2010: "L’année où je suis venue vivre à Bruxelles. J’étais dans la dèche totale. Ce fut la pire année de ma vie. Mais j’y croyais, j’ai tenu bon."
  • 2015: "L’année où j’ai débuté en radio à la RTBF. L’année aussi où j’ai rencontré mon amoureux. C’est toujours le même!"
  • 2017: "Mon premier voyage Outre-Atlantique. Le Canada, les Etats-Unis. Enfin voir New York!"
  • 2018: "L’année de fondation du ‘Club des Epicurieux’. L’idée est d’aider de petites adresses (restaurants, producteurs, lieux culturels) à gagner en visibilité. On va lancer ce projet en septembre. On recommandera des adresses dignes d’intérêt, qui nous ont touchées. J’ai aussi en projet un roman graphique, des nouvelles partant de portraits d’animaux."

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