interview

Denis Van Weynberg: "Le financement de mon projet me stresse plus que prendre le départ du Vendée Globe"

©Dieter Telemans

50 ans, papa de 2 fils / Skipper, passionné de voile depuis l’enfance / Durant deux ans, il va participer à des courses pour préparer le Vendée Globe en 2020 / Actuellement en quête de sponsors pour financer son projet EyeSea: vendre 250 photos d’iris qui seront reproduites sur les voiles de son bateau / Pour s’y consacrer à 100%, il a vendu sa PME, PN Express World (messagerie express internationale) / Engagé dans de nombreux projets solidaires / Ne sacrifiera jamais son budget "sports".

Qui gère votre PME durant vos longues absences?

Justement, j’ai vendu ma PME pour me consacrer à 100% à mon projet EyeSea et me donner toutes les chances de réussir à le financer. Et après, je serai parti pour 4 ou 5 transats d’entraînement…

Votre côté sportif vous aide-t-il dans votre activité de manager, et vice-versa?

Absolument. Je tire les leçons de l’un et de l’autre. Cela se rejoint. Sur ma carte de visite je suis d’ailleurs "managing directeur skipper". Ce projet sportif est un véritable projet d’entreprise à gérer (2,5 millions d’euros). D’ici 2019 je dois faire du networking et vendre EyeSea. Le fait que j’ai dirigé une PME, travaillé deux ans pour MSF et dans la com’ facilite les choses.

"J’ai un portefeuille tout à fait ordinaire dans lequel il n’y a quasiment rien. Quelques cartes de banque et de crédit. Pas d’argent. De vieilles photos de mes enfants (il serait temps que je les change). C’est tout." ©Dieter Telemans

Est-ce difficile d’attirer des sponsors pour un sport comme la voile? Quelle est la cible?

Le return est excellent: pour 1 euro investi on en obtient 5 euros en retour. Internet a changé énormément de choses dans le suivi des courses de voile. Avant, le premier qui arrivait ne savait souvent même pas qu’il avait gagné (rires). Le site du Vendée Globe 2016-2017 a eu 340 millions de page views! La voile véhicule un ensemble de valeurs: courage, ténacité, travail. Cela complique la quête de sponsors car cela parle à quasiment tout le monde, de la marque de chaussettes aux banques. Le dopage n’a en outre pas sa place en voile vu que ça suppose un suivi médical et qu’en mer on est seul.

Arrivez-vous à penser à "demain" et à votre pension?

Suivant mon "plan A", j’ai le budget pour faire le Vendée Globe et après j’envisage de passer professionnel. Le "Plan B": je n’arrive pas à décrocher le budget, je retourne "à l’usine" (mais j’ai quand même une idée de projet dans le domaine nautique). Aujourd’hui, je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose ni à me projeter. Je n’ai pas de plan de carrière bien défini. J’ai une épargne classique et j’aurai une pension d’indépendant…

Vous prenez de sérieux risques. Êtes-vous bien assuré?

C’est sûr que comme j’ai deux enfants mineurs, je prendrai toutes les dispositions nécessaires avant le Vendée Globe…

Y a-t-il des choses qui vous stressent?

Je suis stressé à fond. Je n’aurai pas l’air crédible et sérieux si je n’arrive pas à boucler mon projet. Et cela me stresse bien plus que l’idée de prendre le départ de cette course mythique.

Le luxe suprême?

Sur un bateau, dans un mouillage au calme, avec la femme que j’aime et un verre de rosé.

Et si vous devez réduire votre train de vie…

Je ne sacrifierais en tout cas pas le sport. Plutôt les sorties. Comme je suis célibataire une semaine sur deux, j’en profite, je vais au spectacle, au concert.

Êtes-vous attentif à votre santé?

Quand j’étais jeune je ne faisais pas attention à grand-chose. Aujourd’hui je tente d’éviter les blessures, j’ai une meilleure hygiène de vie, plus diététique. Pour le Vendée Globe, on reçoit une formation médicale d’une semaine. Pour soi mais aussi parce qu’en mer, on est souvent le premier sur les lieux pour aider un concurrent.

Vous ne supportez pas…?

Le bling-bling, ceux pour qui l’argent est une valeur et qui pensent qu’on est quelqu’un de bien parce qu’on a de l’argent. Ces personnes inversent les valeurs.

Quel type d’acheteur êtes-vous?

Je suis un mauvais panier de la ménagère: je ne profite d’aucune promo ni carte de fidélité. Je fais quelques achats "émotionnels". Pour les choses plus importantes, je demande 3 ou 4 offres et je prends le temps de comparer. Je n’achète quasi pas sur internet, même si je regarde parfois (les prix).

Des choses pour lesquelles vous dépensez volontiers?

Le sport en général. Le hockey, le ski, la voile. J’aime avoir des équipements au top.

Avez-vous une collection?

Non, par contre j’achète des fleurs toutes les semaines. J’adore que la maison soit fleurie.

Le souvenir du prix de quelque chose que vous achetiez quand vous étiez jeune?

Le litre d’essence à 18 ou 20 francs quand j’ai commencé à conduire.

Soutenez-vous des œuvres?

Il y a toujours des œuvres derrière mes projets. Ca leur donne du sens. Je suis plus particulièrement sensible aux causes impliquant les enfants.

 

En chiffres
  • 250: "Le projet ‘Eyesea’ propose aux sponsors d’acquérir l’une des 250 photos d’iris personnalisés qui formeront ensemble un iris géant sur les voiles de mon bateau. Votre œil vous offrira une fenêtre sur le monde. Les partenaires les plus importants verront leur logo/nom figurer sur la coque, ou sur une autre partie de la voile. Le plus gros sponsor donnera son nom au bateau."
  • 22.000: "Le nombre de miles que compte un tour du monde… par la route directe. Sur le Vendée Globe, on en parcourt 28.000."
  • 2,5 millions: "Le montant nécessaire pour financer mon projet ‘EyeSea’ pour le Vendée Globe 2020."
  • De 10.000 à 950.000€: "Le prix des packages de partenariat."
  • 16: "Le numéro de mon maillot de hockey. Et j’ai constaté que dans ma vie, il s’est passé plein de choses le 16…"

 

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