interview

Grégory Marlier: "Plus on va dans les endroits touristiques, plus c'est programmé et moins on suit ses envies"

©Debby Termonia

Ingénieur commercial (Solvay)/A commencé sa carrière dans l’IT et a beaucoup voyagé/Son truc, c’est le secteur des loisirs/ A travaillé pour ASPRIA et dans l’hôtellerie/Depuis 2013, il investit dans la restauration: il a racheté des parts dans le Biamara, crée le Peck 47. Deux concepts qui ont fait des "petits" à Bruxelles/Fait revivre le concept des guinguettes: Woodpecker au Bois de la Cambre, au Parc Royal et au Parc Josaphat / Toujours en quête de nouveaux lieux pour la suite…

À quoi dépensez-vous votre argent?

Une partie sert à me protéger, l’autre pour en profiter. J’essaie de le dépenser à des choses qui me font vraiment plaisir, pas que le marketing cherche à m’imposer en tentant de me convaincre que cela me rendrait plus heureux (dernier iPhone, grosse voiture de société). Mais ceux qui aiment ces produits ont évidemment raison de les acheter puisqu’ils en profiteront à chaque instant. Mon gros budget ce sont les vacances, j’adore voyager. C’est d’ailleurs en voyageant que j’ai rencontré ma femme.

Des vacances idéales, c’est quoi?

Être dans un endroit immaculé, le plus différent possible de mon quotidien. S’éloigner des sentiers battus. Nous avons loué une maison sur Airbnb à la Graciosa, une minuscule île des Canaries dont on fait le tour à pied en trois heures. On avait la plage pour nous, on croisait 10 personnes par jour. Plus on va dans des endroits où il y a du monde, plus c’est programmé. On n’est plus vraiment libre de suivre ses envies.

"La course effrénée pour la meilleure place et gagner le plus d’argent est perdue d’avance! Il y aura toujours quelqu’un qui sera prêt à faire de plus gros sacrifices pour avoir davantage de pouvoir et d’argent."
Le conseil

Êtes-vous adepte de l’économie collaborative?

À la base, toutes les économies étaient collaboratives. L’argent était fait pour échanger. Puis il y a eu d’autres destinations et définitions, il est devenu objet de spéculation. La vraie économie collaborative c’est le troc, s’entraider sans utiliser l’argent. Comme la plateforme Peer qui met en contact des personnes dans un rayon de 2 km pour prêter ou emprunter des objets. Airbnb est un beau concept entre consommateurs mais on paie, et derrière, il y a une société qui à tous les coups gagne de l’argent. J’aime les Fablabs (lieu où des outils sont mis à disposition de tous pour la conception et la réalisation d’objets).

Un exemple d’argent jeté par les fenêtres?

Je ne supporte pas le gaspillage d’argent. L’argent n’est pas une source de plaisir ou de bonheur en soi, mais un moyen dont on a besoin. Si je flashe sur un t-shirt et que je me rends compte que c’est un Hermès à 250 euros, je ne l’achèterai jamais car il ne vaut pas ce prix. Même une pièce de 1 cent, je la ramasse, je ne marche pas dessus. Pas pour sa valeur, par respect de l’argent. Mais je suis plutôt généreux, je donne des pourboires, cela n’a rien à voir!

Vous a-t-on déjà demandé de l’argent à prêter?

Bien sûr. Mais il faut accepter qu’avec des amis, on ne prête pas, on donne. Au cas où ils ne rembourseraient pas. Sinon en voulant aider un ami, on va perdre un ami. On doit prêter en fonction de ce que l’on est prêt à perdre sans perdre l’amitié.

En 5 chiffres
  • 3.14159...: "Pi, un chiffre magique qui est infini."
  • 2: "Pour mes 2 filles et ma vie à 2 avec ma femme Juana."
  • 3: "Mon chiffre porte-bonheur, celui que je choisis."
  • 97: "L’âge de ma grand-mère, source d’inspiration pour ma vie."
  • 1996: "La fin de mes études, début de ma vie libre, mon premier grand voyage."

Où faites-vous vos courses?

J’ai horreur des supermarchés. J’y vais tous les deux mois pour les grosses courses. J’adore cuisiner et comme ma femme est végétarienne, j’achète des fruits et légumes sur les marchés. Je fais des jus. J’achète des bières bio de mon village (Silly). Via des groupes d’achats, j’achète des produits alimentaires sur internet. De mes vacances, je ramène des produits du terroir et des vêtements. Car j’ai une aversion totale pour le shopping qui nous transforme en brebis. On se met en mode "achats" sans la moindre idée de ce qu’on va acheter. Et du coup, on achète pour acheter.

Avez-vous subi une tuile financière?

Pas vraiment. J’ai créé des sociétés dont une en Argentine. Ce pays a fait faillite, pas ma société. J’importais de la technologie télécoms que je revendais là-bas. Mais avec la dévaluation, importer me coûtait trois fois plus alors que je ne pouvais pas vendre plus cher. Je travaillais 10 à 12 heures par jour, six jours par semaine pour moins de 1.000 euros… Intenable. Je suis rentré et j’ai juste ramené ce que j’avais investi.

Dans son portefeuille: "Il ne contient pas beaucoup de choses. Un bout de papier avec la référence TVA de mes huit sociétés, des cartes de banque, des photos de mes enfants et des cartes de visite. Je paie beaucoup par carte." ©Debby Termonia

Comment gérez-vous votre argent?

Je ne dépense jamais plus que ce que je gagne ou pourrais gagner. D’ailleurs, la vie m’a appris qu’un peu d’inconfort oblige à se prendre en main et à travailler mieux.

J’ai investi dans des restaurants (aujourd’hui ça fonctionne, demain…) et j’investis dans l’immobilier car c’est très sûr. J’aime diversifier. J’envisage d’acheter un terrain ou un appartement à l’étranger pour assurer un maximum de sécurité à ma famille. J’ai aussi un plan de pension, mais plutôt fiscal. Par contre, je fuis la spéculation pure. 100% des gens que je connais et qui investissent dans le bitcoin ou les actions surveillent leur évolution tous les jours et ça les stresse. Pourquoi faire ça, vraiment?!

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