interview

Jérémie Claes "Mon plus mauvais achat? Un Big Mac!"

©Dieter Telemans

Agé de 43 ans, il a fait des études secondaires littéraires (latin/grec) puis a déposé des candidatures en journalisme avant de s’inscrire au célèbre Cours Florent à Paris. Il y reste 7 ans, y joue et met en scène. De retour en Belgique, après quelques boulots "alimentaires", il entre chez Rob comme caviste. Il a un coup de foudre pour le vin. Depuis 2012, il est responsable de cette cave qui accueille près de 1.500 références en vins et spiritueux.

Vous souvenez-vous de votre premier job rémunéré?
Après un casting, j’ai été sélectionné pour tourner, en France, une pub destinée à la gendarmerie nationale. Je jouais le rôle d’un journaliste interviewant un gendarme. Le clip n’est jamais passé mais, après deux journées de tournage, le salaire que j’ai touché m’a permis de vivre trois mois

Receviez-vous de l’argent de poche de vos parents?
Oui et cela a évolué avec l’âge. Ils demandaient à leurs amis le montant qu’ils donnaient à leurs enfants et me donnaient mensuellement la moyenne du résultat de leur enquête.

En cinq chiffres
  • 2002: "La première représentation d’une pièce de théâtre que j’avais écrite et mise en scène. Elle avait été choisie et programmée par un théâtre bruxellois."
  • 2003: "La naissance de mon premier fils, Marius. Un prénom provençal pour une année, un millésime très solaire."
  • 2004: "Au mois d’août de cette année-là, je suis tombé dans le vin! Après quelques jours dans la cave de Rob, j’ai eu un véritable coup de foudre en découvrant les vins de la vallée du Rhône septentrionale."
  • 2006: "La naissance de mon deuxième fils, Sylvestre. Il porte bien son prénom, un véritable homme des bois!"
  • 43: "Mon âge. La porte ouverte à tous les futurs possibles et la volonté d’aller de l’avant."

 

Pouvez-vous dépenser sans compter?
Oui, notamment pour tout ce qui touche au boire et au manger au quotidien. De ce fait, je suis un très bon client chez Rob… Je suis aussi attentif à l’origine des produits, à son environnement, à ses valeurs. J’aurais du mal à voir mes enfants boire du Coca

Et, à l’autre extrême, pour quoi ne dépensez-vous pas un euro?

Pour financer un parti politique.

Votre vie changerait-elle si vous deveniez millionnaire?

Je m’installerais sur une colline, dans une vieille maison, et j’écrirais un roman. Je me constituerais aussi une belle cave à vin.

Un souvenir de votre plus mauvais achat?

Un Big Mac!

Le vrai luxe, c’est quoi pour vous?
Le fait de ralentir, et pas seulement le temps. La possibilité de quitter la marche folle du monde.

Comment analysez-vous l’évolution du prix des vins?
Ils suivent celui du coût de la vie. Mais il existe un effet pervers: quand ils se vendent bien, les producteurs augmentent parfois leurs prix de façon inconsidérée. On rentre dans la quatrième dimension avec ceux de certains grands crus classés de Bordeaux et un Bourgogne comme La Romanée Conti. On n’est plus dans la raison, on quitte la réalité. Les prix deviennent insensés, irrationnels. Nous avons des clients riches mais pas "m’as-tu vu?". Pour eux, le prix n’est souvent pas une barrière.

L’évocation d’une petite folie d’achat récent?
Un très bon vin portugais à 100 euros la bouteille, quinta do Vale Meão, un Douro rouge. En tant qu’acheteur, il va être compliqué à vendre. Mais son premier client, c’est moi: il est tellement bon.

Dans son portefeuille

"Regardez-le, il est minimaliste et contient uniquement des cartes d’identité, de banque et de crédit et mon permis de conduire. Les billets sont dans ma poche, le plus souvent roulés en boule."

Y a-t-il des comportements liés à l’argent qui vous énervent?
Oui, les "m’as-tu-vu?". Ceux qui croient que l’argent donne des droits, qu’ils sont de qualité humaine supérieure.

Des produits, des services, dont vous estimez le prix exagéré?
Les transports en commun que l’on nous incite, à raison, d’utiliser. Mais leur prix me semble excessif.

Pour les vacances, disposez-vous d’un budget illimité?

Non, même si je ne fais pas trop attention. Bien sûr, avec une famille de cinq et un chien, on ne peut pas partir dans un hôtel de luxe ni au Club Med.

Le conseil

"Aux jeunes qui débutent dans la vie professionnelle, je dirais ‘Soyez intelligents et créatifs. Ayez la capacité d’inventer, tout en gardant la tête sur les épaules.’ Je leur conseillerais aussi de structurer la part de créativité qu’ils ont en eux".

Quelles sont vos destinations favorites?
J’ai une belle-famille dans les Alpes de Haute Provence, près de Forcalquier. Et ma grand-mère habite les Alpes maritimes, près de Grasse. Mes attaches familiales sont donc très provençales.

Êtes-vous un adepte des city trips en voyageant avec une compagnie aérienne low cost?

Oui, pour le vol, à vrai dire, avec une certaine désespérance. Avec des amis, nous faisons quelques courtes escapades le plus souvent dans des régions viticoles. En Italie, par exemple.

Quel est, pour vous, le luxe absolu en vacances?
Prendre le temps de lire. Débrancher les écrans d’ordinateurs, ne plus être sollicité. J’apprécie le farniente et me poser avec un livre.

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