interview

Kamil Ben Hsain Lachiri: "Pour 30 euros, il est déjà possible d'avoir une place très correcte à l'opéra"

©Frédéric Pauwels / HUMA

Chanteur baryton de 24 ans, Kamil Ben Hsain Lachiri est diplômé en piano et chant de l’IMEC et termine actuellement un master en art lyrique. Il est également titulaire d’un master en économie de l’Université de Louvain et Genève. Il a été élu "Namurois de l’année" en 2016. Kamil Ben Hsain Lachiri joue actuellement le rôle de Papageno dans "La Flûte enchantée", dont les représentations débuteront le 18 septembre à la Monnaie.

Pour quoi seriez-vous prêt à dépenser sans compter?

Tout ce qui est lié à mon métier. Je dois passer énormément d’auditions, souvent à l’étranger. Pour être au mieux de ma forme, je ne fais donc pas trop attention à la dépense. Je vais dans des hôtels agréables et j’essaye de voyager confortablement. Comme ce sont les auditions qui me permettent de travailler, j’essaye de me mettre dans les meilleures conditions.

Si vous deviez diminuer votre train de vie, que supprimeriez-vous en premier?

Tous les extras lorsque je joue à l’étranger. On aime se retrouver avec les chanteurs pour aller au restaurant, faire des sorties culturelles ou simplement boire un verre. Ce sont des dépenses dont je pourrais me passer sans problème si c’était nécessaire.

Quel fut votre pire achat?

J’ai récemment acheté un casque audio très cher, censé être de super qualité. Mais il était vraiment compliqué à utiliser. Après deux semaines de tentative, je suis repassé à mes bons vieux écouteurs et il traîne désormais sur une étagère (il rit).

"Il est important de se faire plaisir mais toujours en s’assurant un matelas de sécurité. À l’opéra, on dit toujours de ne jamais chanter au-delà des 80% de ses capacités. Après cette limite, on est dans une zone de danger. Le parallèle me semble assez juste pour la gestion de ses finances."
Le conseil

Avez-vous déjà commencé à investir?

Oui, j’ai récemment acheté un appartement à Namur. L’opéra a la particularité de m’apporter des revenus ponctuellement puis plus rien pendant plusieurs mois. Investir me force donc à bien gérer l’argent que je touche. Avoir mon appartement m’apportera d’ici quinze ans une certaine sécurité supplémentaire.

Que pensez-vous du prix d’un billet d’opéra?

Comparé à d’autres pays, ce n’est vraiment pas cher chez nous. Pour trente euros, il est possible d’avoir déjà une place très correcte. Plusieurs opéras, dont la Monnaie, font également des offres spéciales pour les jeunes, afin de les attirer davantage. C’est une super initiative qui permet d’aller à l’opéra au même prix qu’au cinéma.

Avez-vous déjà effectué des prestations uniquement pour l’argent?

Étant encore jeune dans le milieu, c’est très difficile de refuser une offre, car chaque trou dans l’agenda est un manque à gagner. Il m’est donc arrivé d’accepter des projets qui étaient un peu moins intéressants, mais que je me voyais mal refuser. J’éviterai toutefois les projets de très mauvaise qualité et qui pourraient nuire à mon image, mais ce n’est jamais arrivé.

En 5 chiffres
  • 1830: "L’année de la constitution de la Belgique. L’élément déclencheur fut un opéra. Ça montre la force que peut avoir la culture et me conforte dans le métier que je fais."
  • 41.000: "C’est le nombre de jeunes qui ont été touchés par des programmes de découverte de la Monnaie en 2014. Je trouve important d’attirer les jeunes à l’opéra."
  • 2012: "L’année où j’ai découvert le chant."
  • 550: "Le nombre de personnes qui me suivent sur Facebook. Sachant que les utilisateurs du réseau social ne sont vraiment pas le public cible, c’est déjà pas mal. Je rêve d’avoir autant de followers qu’une star de la pop."
  • 3318: "Le nombre de fois que ‘La Flûte Enchantée’ a été jouée dans le monde lors de la saison 2017-2018. C’est un opéra qui m’a révélé au chant lyrique."

Partez-vous régulièrement en vacances?

C’est assez rare, mais le métier de chanteur me permet de beaucoup voyager. J’en profite souvent en début ou fin de production pour allonger le séjour. J’ai ainsi récemment prolongé de quelques jours un voyage lors d’une production à l’Ile d’Yeu. Le cadre était paradisiaque.

Avez-vous une destination de vacances de rêve?

Non, pas vraiment. Le plus important c’est plutôt avec qui je pars. J’ai toutefois une préférence pour les pays chauds et si possible, où il n’y a pas trop de monde. J’évite habituellement les capitales et j’essaye de partir hors saison.

Quand vous partez, quel objet se trouve systématiquement dans votre valise?

Mon masque humidiflyer. Pour les cordes vocales, il n’y a rien de pire que l’air conditionné. Je ne suis pas parano, mais ça peut vraiment abîmer la voix, parfois durant quinze jours. Dès qu’il y a la climatisation, je sors donc mon masque. On me regarde parfois bizarrement, mais je n’ai pas vraiment le choix (il rit).

Êtes-vous un adepte du camping?

Je ne suis pas un grand fan. Si je pars pour me reposer, je préfère plutôt la tranquillité des hôtels.

Mais ça m’arrive d’aller en camping lorsque je recherche autre chose, notamment lors des festivals de musique.

Dans son portefeuille: "Il est vraiment très mal rangé. J’ai néanmoins toujours mon badge de la Monnaie, qui est ma deuxième maison pour le moment. J’ai aussi toujours quelques cartes de visites. Je n’ai par contre quasiment jamais de cash, ce qui est parfois problématique pour payer le parcmètre." ©Frédéric Pauwels / HUMA

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