interview

Monk: "Je me suis toujours débrouillé pour ne pas rester plus d'un mois sans travail"

©Frédéric Pauwels / HUMA

39 ans/Graphiste et artiste-peintre bruxellois, il se définit lui-même comme un "grartiste"/Il expose en permanence à la Mazel Galerie à Bruxelles et à Singapour/En février 2019, ses oeuvres seront exposées en Californie pour "sauver les vagues"/Ahooga a fait appel à lui pour customiser l’un de ses modèles à l’occasion de la fête nationale belge. De couleur, noir-or-rouge, le vélo est surmonté d’un Manneken-Pis prêt à lancer un paquet de frites.

Avez-vous changé vos habitudes de mobilité?

N’ayant toujours pas le permis de conduire, j’étais (et je reste) adepte des transports en commun et de la marche. Mais depuis quelques année, comme j’adore la bicyclette, j’enfourche davantage mon deux roues, ce qui m’a permis de réduire mes temps de trajet pour me rendre au travail. Je vais deux fois plus vite a vélo qu’en tram, voire trois fois plus vite lorsque je me lance des petits défis. Et c’est aussi pour cette raison que je suis toute l’année en short.

Êtes-vous adepte des nouvelles technologies?

Absolument pas! Ce que j’aime dans un téléphone, c’est sa fonction de base, à savoir "téléphoner". J’avoue, j’ai un smartphone mais il me permet essentiellement de prendre des photos de mon travail et de les poster immédiatement sur les réseaux sociaux. Ceci dit, je comprends à moitié comment ça fonctionne…

"Il faut investir pour réussir, et cela même dans la ‘vraie vie’. On réussit rarement sans sacrifice, sans effort. Quel que soit le résultat, c’est la tentative qui est importante."
Le conseil

Lors d’un acte d’achat, êtes-vous impulsif ou réfléchi?

Je suis "impulchi": je peux craquer sur des choses comme des œuvres, des objets de déco, des chaussures et autres, mais je réfléchis quand même un tout petit peu avant. Quoique souvent, l’impulsion l’emporte sur la raison!

Avez-vous déjà songé à changer de cap dans votre carrière pour des raisons financières?

J’ai perdu pas mal de jobs mais je suis rarement resté plus d’un mois sans emploi. Vous savez, il n’y a vraiment pas de sot métier. Je suis graphiste de formation, mais j’ai été cuistot, déménageur, magasinier, gardien de musée, et même graphiste. Quand on a un loyer à payer, on le paie. Donc on peut être amené à se réinventer, ce qui amène à découvrir de nouvelles choses. Et, il faut bien l’admettre, la curiosité est un très bon défaut.

En 5 chiffres
  • 1: "Lors de chaque voyage, j’essaie de garder, en monnaie locale, la valeur d’environ un euro, que ce soit en pièce ou en billet. Par exemple: 50 roubles, 20 pesos, 1 dollar, 10 dirhams, etc."
  • 3: "Depuis toujours, c’est mon chiffre préféré. Je ne sais pas trop pourquoi, mais la forme est belle, le son n’est pas moche, c’est un arbre en anglais et puis surtout 1+1=3!"
  • 42 2/3: "Ma pointure! Je dis ça au cas où vous croisez des Nike SB ALOHA, Adidas 123KLAN ou tout autre paire de cet acabit, et que vous voudriez me faire un cadeau."
  • 69: "L’unité scout qui m’a vu grandir et qui m’a fait grandir."
  • 2047: "La somme des chiffres de la date de naissance de mon fils, Maurice, mon œuvre principale pour 2018, et sans doute pour le reste de ma vie."

C’est quoi le luxe suprême?

Pouvoir faire de sa passion son métier. La vie est courte, il faut donc profiter au maximum de chaque jour. Actuellement, je fais ce que je veux quand je veux. Pourvu que ça dure!

Comparez-vous les prix?

Oui, tout le temps, mais pas les prix affichés, plutôt ceux au kilo! C’est celui-là, le vrai prix des choses.

Organisez-vous vous-même vos vacances?

Oui, toujours. Au préalable, je me renseigne sur les vacances de mes connaissances. Internet, c’est bien pour comparer les prix mais pour les expériences, le vécu de mon entourage, c’est mieux!

Quels comportements relatifs à l’argent vous insupportent?

Aucun. Chacun fait ce qu’il veut de son argent au final. Je ne comprends pas l’avarice ou l’envie, mais l’être humain est unique, et ses choix aussi, et heureusement! J’ai du mal à comprendre que les gens qui font la file devant un Pomme-store pour la sortie d’un téléphone à 1.000 balles soient quasi les mêmes que ceux qui vont faire la queue devant un PrixMarque pour des t-shirts à 2 euros! Ça me dépasse.

Que payons-nous trop cher?

Tout… et rien. Les Belges bénéficient d’aides et d’avantages sociaux énormes. Les gens doivent donc bien se plaindre à propos d’autres choses: le carburant, les cigarettes, le pain, l’énergie, etc. Ceux qui trouvent que certaines choses sont trop chères ont le choix d’économiser ou de ne pas acheter. C’est un choix personnel. Il ne faut pas descendre dans la rue quand on n’arrive pas à économiser ou qu’on n’arrive pas à s’en passer. C’est à eux de trouver des solutions. Par exemple, posséder un téléphone qui vaut plus qu’un mois de loyer, c’est typiquement le genre de choix qui m’étonne. La Belgique est un pays riche et les Belges ont tendance à l’oublier (alors qu’ils ont beaucoup de chance)!

Et pas assez?

La pluie et le ciel gris! Si c’était beaucoup plus cher, il y en aurait beaucoup moins!

Dans son portefeuille

"C’est plus une pochette souvenirs qu’un outil de travail, j’y mets tout ce qui ne traînerait pas dans mes poches. On y trouve, entre autres, le faire-part de décès de ma grand-mère, un centime américain écrasé à San Francisco, ma carte d’identité, des cartes de paiements mais pas de monnaie. Je la mets dans ma poche."

Avez-vous eu un jour des difficultés à joindre les deux bouts?

Bien sûr, tout départ est toujours un peu difficile, mais on s’adapte, on apprend à être très créatif avec les pâtes et puis on achète des produits frais qui sont souvent moins chers et au final bien meilleurs.

La pension, ça vous inquiète?

A priori non. J’entends depuis tout petit que la pension arrivera plus tard et sera moindre, il faut donc trouver d’autres alternatives comme créer sa propre pension en investissant notamment dans l’immobilier (ce que je fais). Je pense qu’il vaut mieux compter sur soi-même que sur les autres.

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