interview

Nicolas Buysse: "L'ingéniérie fiscale et ceux qui veulent éluder l'impôt, c'est malsain et totalement injuste"

©Dieter Telemans

Père de 5 enfants /Premier prix (art dramatique) du Conservatoire de Liège /Acteur et réalisateur /Adepte du théâtre de rue/ Epicurien et amoureux de la mer, il consacre un gros budget aux vacances /Joue "Walking therapy" au Théatre national (jusqu’au 3 juin) /Sera sur scène au Théâtre des Galeries dans "L’heureux élu" de Eric Assous à la rentrée.

Vous êtes-vous fixé un objectif financier pour réaliser un projet?

J’ai 5 enfants (de 1 à 16 ans), mon principal projet est de leur permettre de faire des études et de vivre dans de chouettes conditions. Je suis un amoureux fou de la mer. Mon grand rêve (qu’on réalisera d’ici 5 ans, c’est d’acheter un bateau à voile et d’arrêter de travailler pendant un an ou deux pour faire le tour de l’Europe ou de l’Amérique du sud, avec ma femme et les plus petits des enfants. Les grands pourront venir nous rejoindre.

Mettez-vous le prix pour votre santé?

Je nous protège très fort. Je suis donc probablement surassuré. Pour la santé, je ne compte pas trop. Même si on a la chance d’avoir un excellent système de santé et d’être formidablement aidés.

Vos besoins et dépenses ont-ils beaucoup évolué avec l’âge?

Je consacre plus d’argent aux vacances. Comme je travaille beaucoup, c’est essentiel de m’arrêter régulièrement et de partir. Souvent en Bretagne, où mes parents ont une maison. J’y ai déjà un petit bateau. C’est un endroit où je me rince l’âme et l’esprit. Cela m’apaise, on se sent si peu de chose face à la mer (en colère). Si je devais avoir un AVC et être en chaise roulante, je pourrais rester à regarder la mer.

En cinq chiffres
  • 20: "Cela fait plus ou moins 20 ans que je fais ce métier."
  • 2.600: "Le nombre de représentations que j’ai déjà faites depuis que je joue."
  • 375.000: "Le nombre (sur la base d’une évaluation minimum) de personnes qui ont assisté à mes spectacles."
  • 1998: "L’année où j’ai obtenu le 1er prix (arts dramatiques) du Conservatoire Royal de Liège. Le début de ma vie professionnelle."
  • 250: "Le spectacle que j’ai le plus joué dans ma carrière, 250 fois: ‘Trop de Guy Béart tue Guy Béart’. Ce spectacle itinérant est une visite guidée de la nature sauvage en ville."

L’artiste bohème, mythe ou une réalité vous concernant?

Je ne suis pas du tout artiste bohème, je gère une compagnie, je sais négocier un contrat et des droits en télé. Je n’aime pas compter, je ne compte pas toujours, mais je fais attention. J’ai plusieurs sources de revenus (théâtre, publicité radio, doublages, cinéma) et en Belgique, on n’a pas d’agent qui s’occupe de tout; c’est assimilé à du proxénétisme et donc interdit !

L’argent, un bon thème pour faire rire?

Les radins me font beaucoup rire. Je les trouve merveilleux, pleins de poésie. Moi qui suis plutôt généreux, j’ai beaucoup de tendresse pour eux. En général, quand on parle d’argent, ça ne fait pas vraiment rire. Mais comme l’argent guide le monde, ce serait dommage de se priver de la thématique. Ivo Van Hove a fait une pièce fantastique, "Les damnés", sur les relations entre le monde économique et financier et les systèmes politiques. Et "Money", de Françoise Bloch, a eu un écho énorme.

Un objet que vous ne vendriez jamais?

Mon bateau. Et une peinture de mon arrière grand-oncle (J. Van Melkebeke qui était un proche collaborateur d’Hergé): un visage de femme, qui est dans notre chambre. Il me repose beaucoup. Il ne doit pas avoir de grande valeur, mais si je devais m’en séparer, il me manquerait quelque chose.

"Pour faire la fête et pour tous les chouettes moments, dépensez sans compter! Mais surtout, ne jouez pas (au casino ou ailleurs)."
Le conseil

Etes-vous plutôt Mr Bons plans ou parfait pigeon?

Vraiment le parfait pigeon! Je déteste les grands-magasins et les shoppings. On fait les courses par internet et on va les chercher. On se fait livrer un bouquet par mois. On utilise parfois Hello Fresh. J’aime ces nouvelles formes d’achat qui libèrent du temps et simplifient la vie. J’adore les petits magasins (boulanger, fromager, poissonnier) où je choisis de bons produits.

Des attitudes liées à l’argent qui vous insupportent?

J’ai du mal avec ceux qui cherchent à éluder l’impôt, l’ingéniérie fiscale et les accords de ruling grâce auxquels les grandes entreprises profitent d’avantages et se barrent avec leurs bénéfices sans les faire fructifier dans le pays où elle sont établies. C’est malsain et totalement injuste.

Adepte de l’économie collaborative?

Complètement! Je n’utilise plus que Uber le soir après les spectacles ou quand les enfants rentrent de soirée, c’est tellement plus sûr. Je ne prends quasi plus que mon vélo, donc je loue ma voiture sur Drivy. C’est tout un système qui se met en place mais qui n’est pas encore bien régulé. Les autorités sont toujours en retard par rapport aux avancées technologiques!

Quelle éducation financière avez-vous reçue?

Je n’ai jamais manqué de rien. Mon papa était avocat. On n’a pas vécu dans la débauche de moyens, mais dans le respect des valeurs liées à l’argent. On ne parlait par contre pas d’argent. J’ai donc eu un peu de mal à gérer quand je me suis lancé dans la vie professionnelle. Je sentais que je venais d’une famille où tout était un peu acquis d’avance, j’étais moins débrouillard. Je fais donc en sorte que mes enfants soient plus indépendants. Avec mon métier et comme ils sont 5, je n’ai pas trop le choix…

Le portefeuille de Nicolas Buysse. ©Dieter Telemans

Dans son portefeuille

"La carte d’identité de ma fille (vu que je viens d’aller chez le médecin avec elle), ma carte Colruyt, la carte famille nombreuse, un vieux permis de conduire, ma carte Europ Assistance (comme je suis toujours en tournée à droite à gauche), une carte de fidélité pour des jus de fruit. Un peu d’argent (je paie tout par carte), des souches TVA du café Monk - où j’aime manger des spaghettis - de Chez Richard au Sablon, l’un des cafés de Bruxelles que j’adore le plus en ce moment, après le Belga. Et aussi une carte Cyclo (parking vélos) et ‘Points verts’ (pour les marches Adeps)."

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