Pierre Hermant | "Je suis dépensier pour ce qui touche au savoir et pour d'inoubliables moments en famille"

©Frédéric Pauwels / HUMA

Marié et père de 4 enfants/CEO de finance.brussels/A travaillé auparavant au BECI (Brussels Enterprise Commerce and Industry)/A été COO de Deficom Group/A étudié les sciences politiques avant de bifurquer vers le management à la Vlerick Business School, HEC Paris (Master in Finance) et un programme de management à Wharton en 2017/Pour lui, le savoir garantit une grande partie de l’épanouissement/Malgré ce programme chargé, la famille et les enfants restent sacrés.

Avez-vous subi une tuile financière?

Quand j’étais jeune, j’ai travaillé durant sept ans dans une station service. J’étais responsable de la caisse et du service. Si un client partait sans payer, c’était déduit de mon salaire. J’ai eu le coup une fois. Le fait de gérer et de devoir se battre pour avoir un pourboire m’a appris à respecter l’argent. Cela valorise aussi l’importance de la qualité du service.

"Comme je suis prof, j’aime faire preuve de pédagogie. Je conseille toujours d’investir dans des choses que l’on comprend à 100%. Savoir de quoi il s’agit, d’où peut venir le risque et comment cela peut se produire. J’explique comment utiliser des ratios simples à analyser."
Le conseil

Comment négociez-vous votre salaire?

J’ai renoncé à une partie de mon salaire pour un boulot qui a plus de sens. Une décision prise en famille. L’argent est un moyen et pas une fin. Au début, on veut le salaire le plus élevé possible. Mais à un moment, il faut s’interroger: on a besoin d’argent pour quoi faire? Quels sont les projets à financer? Pour les réaliser, on a peut-être besoin de moins mais de gagner en qualité. La notion de plan financier est dès lors essentielle.

Des postes pour lesquels vous dépensez sans compter?

Je suis dépensier pour les livres, l’éducation et la formation. Le savoir est essentiel: il garantit la connaissance et une grande partie de l’épanouissement. Et je ne regarde à rien pour m’offrir d’inoubliables moments en famille.

Des attitudes ou discours liés à l’argent que vous ne supportez pas?

La jalousie. Il ne faut pas se positionner par rapport aux autres mais par rapport à son projet personnel et à ses propres besoins. Quand j’étais le patron du Salon de l’Auto, j’ai eu la chance de rouler en Porsche, c’était très chouette, mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer. Je me suis offert deux mois d’études aux Etats-Unis, puis j’ai pris trois mois de congé pour me consacrer uniquement aux enfants, puis un 4/5e pour l’équilibre dans le couple.

Vous a-t-on déjà demandé de l’argent à prêter?

Quand j’étais à l’internat, j’ai prêté de l’argent à un ami, alors que j’étais le seul à travailler. Cela m’a servi de leçon car il ne pouvait pas me rembourser. J’ai compris qu’il ne fallait pas prêter parce que cela engendre des tensions entre amis et que cela ne rend pas forcément service. Prêter à quelqu’un dont on n’a pas analysé la capacité de remboursement, ce n’est pas bon. Dans le business comme dans la vie privée.

"J’ai un portefeuille Montblanc qui contient un mini-portefeuille que j’ai toujours sur moi. L’autre est plein de cartes: permis de conduire, cartes de crédit, carte Basic fit, carte de réduction de Colruyt et Thalys, car je vais beaucoup à Paris." ©Frédéric Pauwels / Collectif H

Avez-vous un hobby, une collection?

J’adore les boutons de manchettes. Je ne vais pas forcément choisir une marque mais privilégier le travail de l’artisan et le contact. Je m’intéresse à son métier. Mon hobby, c’est le sport et je suis fan du concept low-cost premium de Basic Fit. Il y a toujours une salle près de là où je suis.

Un objet que vous ne vendriez jamais?

Une montre. Mon grand-père faisait des montres. C’était sa passion. Suivant la tradition familiale, on s’offre des montres de père en fils. Or, mon grand-père est mort quand mon père avait 7 ans. Mon père n’a jamais reçu sa montre. J’ai eu un accident grave en 2007 et j’ai failli répéter ce malheur. J’ai donc acheté une montre que je donnerai à mon fils à ses 30 ans.

Êtes-vous utilisateur de l’économie collaborative?

J’apprécie et j’utilise de nombreux services à condition que ce ne soit pas de la concurrence déloyale. Je suis aussi fan de Look & Fin qui permet d’investir en ligne dans l’économie locale avec des petits montants.

Renégociez-vous régulièrement vos contrats?

Oui, pour des questions de prix mais aussi de service ou de clarté de la facture.

Faites-vous des investissements?

Oui, dans l’immobilier. Pour le reste, je privilégie les fonds passifs et diversifiés avec de très faibles frais de gestion — style Vangard — qui rapportent davantage. J’investis dans un fonds et dans 10 actions que j’ai le temps de suivre et dont je comprends les "boîtes".

En chiffres

12 à 18 min

"Il arrive que mes journées commencent à 5h30 et se terminent à minuit.Je fais alors des micro-siestes pour récupérer.Le timing à respecter dans mon cas, c’est 12 à 18 minutes pour reloader."

5h55

"L’heure à laquelle je mets mon réveil.Sauf un jour, où je me lève à 5h pour ma chronique radio."

4

"Je vais avoir 4 enfants et j’en suis super-fier."

40 ans

"40 ans, un moment de réflexion.L’année du choix pour moi."

72

"Quand on divise 72 par un taux d’intérêt, on obtient le nombre d’années nécessaires pour doubler la mise. Ce n’est évidemment pas précis à 100%… "

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