interview

Thierry Neuville: "Ma famille a toujours été là pour moi. Si je peux lui rendre service, je ne compte jamais"

©Jean Jdujardin

30 ans/Pilote de rallye belge/Pilote d’usine pour Hyundai Motorsport/Vice-champion du monde WRC (World Rally Championship) en 2013, 2016 et 2017/Collectionne les voitures avec lesquelles il a couru/Né à Saint-Vith/Résident monégasque/Tient à son permis de conduire comme à la prunelle de ses yeux…

Comment vous déplacez-vous dans la vie de tous les jours?

Je me partage entre l’avion et la voiture. Je roule actuellement avec une voiture de fonction, une Hyundai i30 N, la série spéciale à mon nom produite par Hyundai à 35 exemplaires l’année dernière. C’est le modèle le plus sportif de la marque.

Pensez-vous un jour rouler en hybride ou en électrique?

Sportivement, je ne suis pas fan. Je trouve que le bruit fait partie de l’ADN du sport automobile… En revanche, au quotidien, les véhicules plus verts sont le futur de l’industrie. Cela ne va apporter que du positif.

En 5 chiffres
  • 3: "J’ai été 3 fois vice-champion du monde. La première fois, c’était en 2013."
  • 1: "Mon objectif, c’est d’être champion du monde, et de porter le numéro 1."
  • 5: "C’est mon numéro actuel en WRC, depuis quelques années. J’y suis attaché."
  • 30: "J’ai eu 30 ans le 16 juin. Un vrai cap!"
  • 9: "Mon nombre actuel de victoires en Championnat du Monde."

Etes-vous coutumier des PV, par exemple pour excès de vitesse?

Non, j’ai besoin de mon permis de conduire tous les jours, et surtout pour pratiquer la course! Je fais très attention à ma conduite pour la sécurité routière, mais aussi parce que je ne pourrais pas risquer une suspension de permis. Je n’ai d’ailleurs jamais eu de retrait. Mais avec une moyenne de 200.000 kilomètres parcourus chaque année, c’est sûr que je dois être vraiment très vigilant.

Avez-vous une collection?

Oui. Je trouve chouette de garder les autos qui ont marqué mon parcours et font partie des moments clés de ma carrière. Je suis en train de racheter les voitures avec lesquelles j’ai couru des rallyes depuis ma jeunesse. J’en ai cinq pour le moment. Mon petit musée est encore privé. Mais quand ma collection sera complète, je voudrais la faire découvrir aux gens. Il me manque encore les voitures plus récentes, mais les budgets sont très élevés. Ce sont des voitures de course, il faut parfois les reconstruire. Les modèles actuels peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.

Quel est l’objet dont vous ne vous sépareriez pour rien au monde?

Les coupes, les prix, les voitures de compétition sur lesquelles j’ai couru. Et puis plus terre-à-terre, mon téléphone. C’est mon outil de travail et c’est la seule manière que j’ai de garder le contact avec ma famille et mes amis. J’habite à Monaco et je suis à l’étranger jusqu’à 240 jours par an pour les courses, je les vois donc très peu.

Investissez-vous?

Je viens d’investir récemment dans un bâtiment industriel dans ma région natale, à Saint-Vith. Il va abriter la société Lifelive, qui produira des Cross Car (NDLR: des buggys de course destinés aux jeunes amateurs). L’objectif est d’en produire 20 à 30 par an. J’investis dans la société, mais c’est mon frère qui est aux commandes.

"J’ai mon permis de conduire, mon permis bateau, mon brevet de pilote d’hélicoptère, des cartes de banque… Je ne paie presque jamais en cash. J’utilise ma carte de crédit, c’est plus pratique pour payer à l’étranger." ©Isabelle Dyckmans

Avez-vous été aidé par vos parents pour vous lancer?

Moralement, ils m’ont toujours beaucoup soutenu. Ce sont eux qui m’ont donné le goût du sport automobile en m’emmenant assister à des compétitions. Mais financièrement, je n’ai jamais eu de soutien. J’ai très tôt dû trouver mes propres financements.

Quel type de dépenses faites-vous sans compter?

Pour mes collections de voitures, et surtout pour aider ma famille dès qu’elle en a besoin. Elle a toujours été là pour moi. Alors si je peux lui rendre service, je ne compte jamais. J’ai aussi passé mon brevet de pilote d’hélicoptère. C’est une passion coûteuse, mais j’ai l’intention de m’en servir pour me déplacer plus rapidement.

"Il faut prévoir l’avenir, mais il faut aussi savoir vivre, dépenser et partager au jour le jour."
Le conseil

Pour quel bien ou service ne dépenseriez-vous pas un euro?

Je voyage énormément, cela me ferait gagner du temps de me déplacer en jet privé. On me l’a proposé mais je ne suis pas prêt à dépenser autant d’argent. Je préfère continuer à attendre mes avions dans les aéroports.

Gérez-vous seul votre patrimoine ?

Non, je suis bien conseillé par mes banquiers à Monaco. Et pour la gestion de mes affaires sportives et de mon image, j’ai mon agent.

Si vous deviez réduire votre train de vie, quelles dépenses sacrifieriez-vous?

J’utiliserais moins l’hélico… Pour le reste, j‘ai l’impression d’avoir un train de vie simple au jour le jour.

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