interview

Vincent Tempels: "Le vrai luxe, c'est être disponible pour soi-même et pour les proches"

©Kristof Vadino

Âgé de 61 ans, Vincent Tempels est ingénieur du son (diplômé IAD) et CEO d’Arto, société spécialisée en son, lumière, image et régie depuis la fin des 70’s. Il a travaillé et travaille avec de nombreux artistes: Lou Deprijk (avec ses célèbres "Hollywood Bananas"), Philippe Lafontaine puis Toots Thielemans avec qui il a également tissé des liens amicaux. Vincent Tempels est par ailleurs responsable de la régie des Francofolies de Spa et du Brussels Summer Festival.

Vous souvenez-vous de votre premier job?

C’était comme DJ avec deux platines Lenco pour des soirées privées mais aussi publiques, comme celles du Cercle de Droit de l’UCL (à Leuven). J’y travaillais gratuitement mais je buvais tout aussi gratuitement… Mon premier vrai boulot rémunéré, ce fut avec le chanteur Pipou à l’époque de la musique ska.

Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépensez sans compter?

Je suis un épicurien. J’aime les bons produits, organiser de belles fêtes avec les amis. J’apprécie les belles tablées.

"Je dirais aux jeunes qui débutent, qu’avant tout, il faut la passion. Et tenir bon dans la formation. Les deux sont liés. L’envie d’apprendre aussi. Et beaucoup de ténacité dans l’évolution de sa carrière. Car il y aura de bons moments et d’autres plus difficiles. Mais il faut savoir que l’on peut toujours rebondir. Enfin, il ne faut pas oublier l’esprit d’équipe. On se développe, on grandit ensemble: c’est un élément capital."
Le conseil

Un souvenir de votre pire achat?

Une bouteille de Gevrey-Chambertin d’un producteur dont je préfère taire le nom.

Si vous deveniez millionnaire, que changeriez-vous dans votre vie?

J’exerce une profession passionnante mais qui requiert beaucoup d’énergie. Alors, je prendrais davantage de temps pour moi et mes proches.

Et le vrai luxe, c’est quoi?

Se déconnecter. Quinze jours sans GSM ni internet. Être disponible pour soi-même et pour les proches.

Avant d’acheter, comparez-vous les prix? Êtes-vous un acheteur impulsif?

Je suis plutôt un acheteur réfléchi, mais cela dépend pour quoi. Pour le matériel de ma société, je n’achète pas le moins cher. Il faut des produits de référence, de qualité. Et ils sont onéreux. On est vite à 700.000 euros pour des haut-parleurs qualitatifs. Mais pour des achats personnels et de plaisir, je compare les prix avant d’acheter.

En 5 chiffres
  • 1982: "L’année où j’ai été diplômé de l’IAD et l’année de mon mariage avec Véronique. Un très beau millésime à Bordeaux, aussi."
  • 1984: "La naissance de Delphine qui a également suivi les cours de l’IAD. Elle est comédienne."
  • 1987: "La naissance de Benoît qui deviendra ingénieur du son après des études… À l’IAD. Des souvenirs professionnels: le Camel Trophy, la Revue du Barrault, des tournées avec Philippe Lafontaine qui était alors jeune chanteur."
  • 1991: "La naissance de notre fils Laurent qui a suivi une formation de photographe.Pour Arto, la gestion des premiers gros événements. Je commence également à travailler avec Toots Thielemans. Une histoire professionnelle et d’amitié qui dura plus de 20 ans."
  • 1993: "La société grandit et déménage à Wavre. C’est aussi le début de grosses productions comme les principaux festivals de musique du pays."

Des comportements liés à l’argent qui vous insupportent?

La suffisance. Et les personnes qui n’achètent que des produits chers, estimant que seuls ceux-là ont de la valeur.

Comment analysez-vous l’évolution des contrats avec les artistes?

Les prix de leurs prestations se sont accélérés dès 2006, la vente des CD s’étant effondrée. Les chanteurs et les groupes veulent toujours gagner la même chose au bilan de leur année. Les organisateurs de festivals se plaignent de ces contrats qui ont très fortement augmenté cette dernière décennie.

Des tarifs que vous jugez exagérés?

Les charges sociales. C’est une honte. Mais également un frein au développement. Quand je compare avec des collègues luxembourgeois, ils peuvent engager trois personnes. Pour le même prix en taxes, nous ne pouvons en engager que deux.

Pour les vacances, quelles sont vos destinations favorites?

J’aime la Normandie où je possède une maison près d’Etretat. La mer, les falaises… J’aime également le sud de la France et l’Espagne. Notre fille habite Ibiza et nous y allons pour de courts séjours.

Durant vos vacances, êtes-vous du genre dépensier?

Pas vraiment. Mais si j’ai envie d’un homard, je n’hésite pas à en acheter.

Et pour vos déplacements, c’est la voiture ou un vol low cost?

Pour la Normandie, c’est évidemment la voiture. Pour des déplacements plus lointains, comme l’Espagne, oui, c’est une compagnie low cost bien connue… Pour des destinations plus lointaines, je préfère quand même voyager avec une compagnie traditionnelle…

Dans son portefeuille: "À côté des incontournables carte d’identité, cartes de crédit et permis de conduire, j’ai glissé ma carte de membre du Standard de Liège et la carte de fidélité de mon poissonnier en Normandie, à Fécamp. J’ai également un gri-gri: une pièce de monnaie commémorative à l’effigie de Toots Thielemans qui fut l’une des grandes rencontres de ma vie. Il était humble mais exigeait la qualité." ©Kristof Vadino

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