Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité
Publicité

"Les jeunes qui s'installent dans notre projet intergénérationnel adhèrent à 100% au concept"

Il est encore unique en Belgique, mais il est appelé à se reproduire: le projet Bella Vita à Waterloo a pour ambition de faire cohabiter jeunes et moins jeunes et compte sur la solidarité entre les générations pour faciliter la vie des habitants. D’autres promotions misent aussi sur cette tendance, mais de manière moins affirmée.
©Georges De Kinder

"Un projet où cohabiteront les familles avec enfants, les jeunes et les seniors dans le respect des valeurs de solidarité": tel est le mot d’accueil que l’on peut lire sur le site internet de Bella Vita, le quartier intergénérationnel qui est en train de voir le jour à Waterloo sous l’impulsion conjointe des promoteurs JCX et Immobel. Plantés sur un parc de 15 hectares, près de 70% des logements ont déjà été vendus. Deux pionniers, qui doivent toutefois encore se sentir un peu seuls, ont déjà pris possession de leurs murs, indique-t-on chez Immo Dussart, qui commercialise la partie résidentielle du projet. La maison de repos, gérée par Orpea, est déjà en activité. Bientôt, la résidence-service sera opérationnelle, comme le centre médical géré par les Cliniques de l’Europe et la crèche communale qui accueillera dix-huit bambins. Un restaurant Mamy Louise, une supérette, une piscine, un gymnase, un potager partagé et des aires de jeu viendront compléter cet ensemble résolument novateur. Les promoteurs n’excluent pas de reproduire le projet, qui répond d’une certaine manière à la problématique du vieillissement en pariant sur la solidarité entre les personnes. "Nous regardons deux autres projets actuellement. Cela pourrait aussi être en milieu urbain", confie Gaël Cruysmans, initiateur du projet chez JCX. "Nous serions idiots de ne pas le faire. Nous commençons même à être contactés de l’étranger".

Pyramide des âges

La spécificité des lieux, c’est leur caractère intergénérationnel qui est "bétonné" par l’existence d’une ASBL – le Club Bella Vita — mise en place pour assurer le respect de la diversité des générations, renforcer les liens entre elles et veiller à la pérennité du projet. "L’idée est de retrouver l’esprit village. Le Club se chargera de proposer des activités mais aussi d’organiser des services entre les personnes. Par exemple, tel retraité pourrait s’occuper de jeunes enfants après l’école, tel autre pourrait organiser une école des devoirs", explique Laurent de Rosée, responsable de l’ASBL, qui assure que les jeunes ménages qui s’installent adhèrent totalement au projet communautaire.

Concernant l’équilibre entre les générations (34% des habitants doivent idéalement avoir moins de 55 ans), il est induit en bonne partie par le type de biens développés sur le site, à savoir 87 maisons (davantage destinées aux jeunes familles) et 182 appartements. Pour le reste, les transactions sont relativement contraignantes. En effet, le propriétaire qui veut vendre ou mettre en location doit d’abord s’adresser à l’ASBL qui tentera de lui trouver pendant deux mois un acheteur ou un locataire en fonction de l’état de la pyramide des âges à ce moment-là. S’il n’a pas trouvé, les conditions sont ensuite levées.

Tout au long de l’été, nous faisons le point sur neuf tendances observées dans l’immobilier résidentiel.

04/07 · Des habitats plus petits

11/07 · Les quartiers intergénérationnels

18/07 · Agrandir en creusant

25/07 · Les chambres d’hôtes

01/08 · La colocation

08/08 · Le home staging

14/08 · Le standing des kots

22/08 · Les nouvelles pièces incontournables

29/08 · L’habitat kangourou

En termes de charges, l’agence immobilière annonce un prix moyen de 1,7 euro par mois par m2 pour les appartements, soit 240 euros mensuels pour un appartement de 140m2. Le prix de la verdure bien entretenue, notamment… Ceci ne comprend pas l’adhésion au Club, qui revient à 500 euros par an. Elle permet de profiter des infrastructures comme la piscine, le gymnase ou la salle polyvalente ainsi que de tous les services offerts par l’ASBL.

D’autres atouts

À quelques kilomètres de là, à Rixensart, la phase 1 des Papeteries de Genval – soit 128 appartements -est sortie de terre. Seules trois unités sont encore à vendre. Les premiers habitants de ce quartier, qui se dit intergénérationnel, ont reçu leurs clés au mois de juin. Plus de la moitié des propriétaires sont des investisseurs. "Mais la tendance va s’inverser, car de nombreux propriétaires louent maintenant mais comptent y habiter dans quelques années. Trois quarts des habitants seront alors des propriétaires occupants", explique Christophe Hendrix, dont l’agence immobilière commercialise le projet en partenariat avec Trevi Venturi. On peut imaginer qu’il s’agira plutôt de seniors, qui quitteront à terme leur grande villa pour cet habitat plus pratique.

Dans cette promotion du groupe Equilis, aucune ASBL n’a été mise sur pieds pour créer le lien entre les générations. D’ailleurs, aucune pyramide des âges n’a été prévue. Mais les locations attirent davantage les jeunes, ce qui assure un certain équilibre. D’ailleurs, ce n’est pas sur "l’intergénérationnel" que communiquent les commerciaux. Leur dernier communiqué résume les atouts des Papeteries en quatre points: la mobilité (à 400 mètres de la gare, à proximité de l’E411), l’environnement "exceptionnel" (verdure, activités, promenades), un lieu de rencontre et de commerces (supermarché) et la qualité de la construction (isolation, finitions, etc).

Quant aux seniors, ils peuvent acheter un appartement dans la "résidence pour seniors actifs" qui a été construite sur le site. Pas une maison de repos (l’opérateur est parti, emmenant avec lui son agrément pour les lits), pas une résidence-service (trop d’appartements selon la législation wallonne) mais une résidence d’un peu plus de cent appartements "pour seniors actifs, avec des services". Les "60 +" s’organiseront en copropriété et une ASBL gérera l’organisation des services. "Tout propriétaire devra s’acquitter d’une contribution mensuelle de 650 euros pour les frais fixes des services et de l’ASBL, en plus des frais de copropriété", explique Philippe Mestach, responsable des résidences-services chez Latour et Petit. En outre, "les appartements coûtent 15% de plus qu’en face, dans les immeubles classiques, parce qu’il y a plus de communs", poursuit-il. Environ 30% de ces flats ont été vendus. "C’est un peu plus lent, avec des personnes plus âgées qui doivent décider de déménager.Et c’est aussi un peu le serpent qui se mord la queue. Les investisseurs attendent les locataires avant d’acheter, et les locataires attendent qu’il y ait des appartements à louer avant de s’installer", conclut-il.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés